Île-de-France

À 20 000 Lieues De La Mer

12 décembre 2009

Abscence

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Je suis au canada depuis un mois et pour un mois encore. Si ça vous intéresse, je tiens un blog pendant le temps de ce séjour : Montréal.


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18 octobre 2009

3D brain


















14 octobre 2009

Visite à la Journée de la Sécurité Intérieure.

Bonjour,

Nous avons l'honneur de vous annoncer que nous nous sommes rendus aux Journées de la Sécurité Intérieure (JSI 2009) qui se sont tenus le 11 octobre 2009, à Paris, sur l'esplanade des invalides.

Cette année, le thème de la journée c'est : " la police veut tendre la main aux jeunes des cités". C'est le fil rouge de Brice Hortefeux, qui dit, dans le dossier de presse, avancer " avec une conviction simple : on ne respecte que ce que l'on comprend".

On arrive là-bas mollement, vers 14 h. Au loin, des tentes pointues, genre mariage ou micro-fête de la bière ( quand même 1 800 m2 de tente pointues ). Mon collègue et moi commençons la visite n'importe comment et pas du tout dans l'ordre et on se retrouve nez-à-nez avec un enfant en train de faire le parcours du combattant. Il rampe sur une sorte de matelas de gymnastique posé sur la pelouse des invalides — un boulevard pour une future psychanalyse. Au centre de l'avenue, il y a trois grandes échelles de pompiers avec un type suspendu à l'une d'elle qui descend de tout là-haut pour sauver un mannequin habillé en civil. Quelques bruits de sirènes. Ensuite, on passe devant une simulation de crash-test complètement nulle, où la voiture fait genre du 10 km/h pendant deux mètres et s'arrête net devant une bâche minable qui figure un mur en brique style pizzeria de la Garenne-Colombes.

On se dit : " Y a pas grand monde ".

Tout à coup, un speaker annonce que dans 25 min., il y aura une Prise d'Otage sur un Bateau Mouche. On continue un peu à regarder des enfants faire le parcours du combattant et puis on part fumer une clope devant l'Atelier Prévention Feux de Friteuse qui dégagera un brouillard de machine à fumée pendant toute la journée.

Puis on entend : " Allez, T moins 7 minutes"

Et : " Recherche, Assistance, Intervention et Dissuasion".

On se dit : " Merde, ils avaient dit 25 minutes" et on court se mettre sur le pont Alexandre III.

Et le speaker dit : " Les places deviennent chères sur le pont Alexandre III "

Et : " Rejoignez-nous ! "

Et : " L'assaut sera donné avec deux hélicoptères "

Et : " Les équipes d'élite sont prêtes "

Et : " La négociation est en cours, mais d'ores et déjà, l'intervention du RAID à été décidée et c'est ce que vous allez voir dans T moins 6 min. ".

On se trouve une place près d'un lampadaire en bronze. On voit la Seine et il ne se passe rien.

" Allez plus que 5 min ! "

" Un passager a été blessé gravement "

" Dernière annonce ! Venez nous rejoindre sur le pont Alexandre III ! "

" On est à T moins 4 min avant l'intervention du RAID et du GIPN "

" Le dénouement est imminent ! "

" Les équipes du Raid sont concentrées et prêtes à intervenir "

Il ne se passe rien.

Silence.

" Allez, T moins deux minutes pour les interventions du RAID , les négociations ont échouées ! ".

Mon collègue, qui est très fort en calcul mental, dit :

" Tout ce bordel nous coûte 1,125 million d'euros, soit 234 ans de RSA à 400 euros par mois. "

On entend un bruit.

" Allez, c'est parti ! "

Deux hélicoptères surgissent au-dessus de l'Assemblée Nationale. Quelqu'un dit : " Il est où le bateau mouche ? " et le bateau mouche arrive sous le pont Alexandre III.

Un hélicoptères tire une grenade dans l'eau. Le bruit de l'explosion nous fait sursauter. Deux Zodiac Noirs Super Rapides s'approchent du bateau mouche et toute une équipe de gens armés montent à bord en trébuchant plus ou moins.

Le speaker passe son micro à un commandant qui commence à décrire ce qui passe, mais il y a un problème technique, un faux-contact.

" ... oilà...orces spécia..."

Les deux hélicoptères font du surplace au-dessus du bateau mouche qui s'est arrêté bien gentiment après un tir de grenade dans l'eau. Une sorte de long et noir cordon ombilical vient se déposer sur le toit du bateau mouche.

" mode d'inter..otages...ait..rect... le GIGN est ...rrivé "

Des hommes descend le long de la corde noire.

" ...ut évacuer le blé... rapid...vers l'hôpi...le plu...roch "

Un civil est attaché à la corde noire avec un truc orange sous les bras.

" ... mènent vers le... "

L"hélicoptère 1 décolle et la " victime " part en tournant sur elle-même. Un treuil vert la remonte vers la cabine de l'hélico.

" ...ssion...compli..."

" ...endez-vous dans une demi-heu...our la ... rochaine interv... du RAI... "


On repart vers le champs de mars en se disant qu'on ne saura jamais ce qu'il est arrivé aux méchants terroristes.

On rentre dans le stand Scène du Crime.

Dans un coin, il y a une sorte d'exposition avec des photos de pervers plus ou moins célèbres + les toutes premières photos de Scène du Crime + des pièces à conviction du 19ème siècle + une mèche de cheveux prélevé sur la tête de Bonnot. Une télévision diffuse à plein tube un reportage d'Envoyé Spécial. L'émission de télé retrace une enquête apparemment célèbre — en tout cas, c'est ce que nous dit le médiateur culturel de l'exposition : " il y a deux ans, un chinois à poignarder une femme pour trois sous, ils ont suivit toute l'enquête".

( Le fait divers fait diversion).

La voix-off de l'Envoyé Spécial dit : " Pas facile de retrouver un personnage aussi banal en plein quartier chinois " et on entend une espèce de musique asiatique stridente.

On va s'asseoir sur des gradins.

Il y a des projecteurs de théâtre qui éclairent un bureau, une plante verte, un mannequin ensanglanté allongé sur un canapé, une table basse et un fauteuil bleu. Un scotch noir et jaune " Police Technique et scientifique " délimite l'espace de jeu. On passe une demi-heure à voir des mecs habillié en combinaison de peintre en bâtiment faire semblant de manipuler des trucs avec des gants bleus. On dirait de la danse contemporaine.

La situation c'est : " un monsieur est retrouvé mort — avec un orifice d'entrée par balle — par son épouse dans son salon ".

Ils utilisent un laser pour faire une photo de la Scène du Crime. On voit à la télé — ils ont arrêté Envoyé Spécial — des images 3D de la scène du crime. Pour ne perdre aucune des preuves, ils ramassent avec du scotch spécial des miettes de trucs ( morceaux de verre, cheveux, etc.) sur le tee-shirt du mannequin mort.

Nous sommes très déçu de ce bricolage. Nous sortons et nous allons manger une crêpe.

" C'est de la propagande du gouvernement à fond la caisse"

" Ouais, chui déçu, je croyais voir les nouveaux trucs "

" L'autre avec son bout de gaffer pour les empreintes "

" Ouais... Y a pas grand monde en fait "

" À part la meuf qui vient inscrire son gosse au stand de délinquance juvénile "

" Faut aller voir les boîtes privées pour les nouveaux trucs"

" C'est assez minable"

" Ouais "

" C'est bizarre, les gens... y a pas beaucoup de monde "

" Non, on dirait pas "

" Y a plein de gens qu'ont l'air débile ici "

" Ouais... y a des tronches "

" Mais c'est pas vraiment des proles, moi je dirait"

" Ouais, non, proloïdes, genre "

" Tiens regarde, ça c'est une femme de droite "

" Les talons aiguilles... "

" La jupe ... "

" Le tailleur ... "

" La manucure française..."

En finissant notre crêpe, on se retrouve devant un hélicoptère jaune et rouge.

" C'est quand même magnifique "

" Ouais, bof, non, ça fait peur "

" Nan, mais je veux dire, cui-là, il est quand même beau"

On avance vers les autres hélicoptères.

" Tiens, celui-là, il est plus rustique "

" C'est un gros militaire "

On arrive devant le stand du GIGN et il y a des enfants qui mettent leur tête dans une photo de C.R.S spécialement découpée pour ça ; comme pour les trucs de tarte à la crème.

On continue.

" C'est la brigade des Rollers-ça"

" Alors eux, c'est vraiment des cons."

On arrive devant le stand Police de l'Agglomération et on voit une vitrine de Taser et de Flashball.

" Putain, mais on va faire des cauchemars-là"

Autour de nous, on voit plein d'estropié et de débiles ( débile dans le sens de faible, de chétif,de malingre, de fragile, de souffreteux, d'idiot, de cacochyme, d'affaibli, d'anémié, de chancelant ).

" Mais pourquoi ils viennent là, eux ? c'est chelou, non ? "

" Ouais, chai pas, chelou. "

(à vrai dire on aurait plutôt dit un genre de rats de cinémathèque, de Rmistes héraldistes , de cacochymes collectionneurs de timbres, toujours avec le même sac plastique, le même manteau en tweed gris, les mêmes pantalons trop courts et dont les lunettes trop grandes posées sur des yeux endormis hantaient le champ de mars comme une armée de tortues indestructibles. Une sorte de complot ? Un groupe subversif en repérage ? Impossible de savoir.)

Il y a un bruit d'hélicoptères, un bruit de sirène et un bruit de coup de feu. On croise un couple fétichiste des uniformes, 501 moulant houpette et Doc Marteens, des familles de cathos en chemise rayé et gabardine de cheval et un homme arrive en vélo avec son chat accroché sur son dos. Il grimpe à la plus grande échelle des pompiers, tout le monde le regarde l'air de dire : " mais c'est qui ce mec ?" , les pompiers lui demande de descendre en hurlant mais ils ne peuvent rien faire, il grimpe tout en haut avec son chat gris hérisé qui s'accroche à son dos en miaulant, il admire un peu la vue et il redescend tranquillement, remonte sur son vélo et s'en va.

D'un coup, il y a plein de monde autour de nous. La prise d'otage sur le bateau mouche est terminée et tout le monde revient du pont Alexandre III.

" En fait, il y a quand même du monde "

" Plus que dans une manif' à Montreuil "

" Ouais, mais moins qu'à la fête de l'Huma "

En même temps arrive Brice Hortefeux qui file tout de suite sur le Stand Prévention Jeunesse.

" On se casse ? "

" Attend "

Une sorte de géant aux oreilles décollé passe devant nous avec un tee-shirt " Gendarmerie, une force humaine ". Il commence à pleuvoir un peu. On se rapproche d'Hortefeux. Il a l'air malade, fatigué. Il a les cheveux sales et filasses, les yeux rougis, la bouche fermé. Il a mis une chemise bleue avec une veste marron. Il a l'air furieux de quelqu'un qui voudrait se donner l'air sérieux. Il fait plus grand qu'à la télé. Autour de lui, du monde mais pas tout le monde, de la presse des vigiles et quelque badauds. À un moment, alors qu'il fait des messes basses avec l'un de ses sbires, il dégage d'une gifle le micro d'un perchiste. On le suit.

" On dirait vraiment un afrikaner "

" Comment ça s'appelle déjà, la maladie des lapins ? La my... ?"

" euh.. la myxom..."

" Ouais, la myxomatose, c'est ça, on dirait qu'il a la myxomatose le gars "

" Ouais, il a le crâne tout rouge "

Il fait maintenant semblant d'écouter une présentation du Dispositif de Gestion de Crise En Cas d'Inondation. On est sur le stand Les Sauveteurs en Action. Il touche son menton. La couleur de sa cravate est un rappel de la couleur de ses cheveux.

"Pff... L'ambiance est super tendue, ici. "

" Ouais, t'as vu la gueule des portes-flingues ?"

" Têtes de mort "

" Tout le monde a le visage fermé "

" L'angoisse, je t'explique pas "

On arrive sur le Stand Crime Expo. Un adolescent boutonneux me jette un regard torve. On avance avec tout le groupe, aréopage de gardes du corps, de journalistes et de lèche bottes. Il y a un type avec un micro qui parle à Brice. Brice ne parle jamais dans le micro. Deux types portent les enceintes comme les mecs qui faisaient du vent aux égyptiens. Bizarrement, tout le monde ignore notre groupe— aucun effet star. Des larbins autour d'un crâne rougi et zébré de cheveux filasses. Beaucoup ont des moustaches, genre brigades du tigre. On voit des blonds, des vraiment blonds aux yeux bleus avec des moustaches type Nicolas le Jardinier.

" On va pas se retaper la visite, non ?"

"Non"

À côté de nous, des enfants jouent avec des pipettes sur le stand Prise d'ADN et des gens jouent à prendre leurs empreintes.

" Ils sont vraiment flippant les gardes du corps "

" À mon avis ces mecs -là, y doivent finir tout seul, moi je pense, ces mecs-là, seuls et fous "

" Ouais, pas sûr, faut pas croire "

" Tout le monde est tendu à mort "

" Ouais "

Brice se dirige vers le Stand Réagir en Cas d'Incendie.

" On se casse ?"

" Ouais, vas-y, on s'arrache, 'comprends rien à ce truc"



P.S : Brice ressemble à un jambon beurre avec ses cheveux blond et sa face de mortadelle et aucuns "jeunes de cité" n'est jamais venu à sa journée pourrie — à part ceux qui veulent devenir flic ( et il y en a ( c'est plutôt bien payé et, parmi tout les types de sécurité , il y a aussi la mythique sécurité de l'emploi) ou qui le sont déjà (et il y en a aussi). En dehors du fait que l'année dernière à la Villette (Paris 19e), ça s'est plutôt mal passé et qu'ils ont décidé cette année de faire la JSI dans le 7ème arrondissement parisien, sur le champ de mars, en plein fief UMP, à une heure et quart de Pierrefitte, en dehors de ce fait là, une autre explication se trouve dans ce morceau :




"They Don't Know Who We Be"

[DMX]
Uhh, yeah
Another one of those - this is for my nigga Q - down to earth joints
Rest in peace baby, you're not for me dawg

[Chorus]
They don't knooow, who we beee
They don't knooow, who we beee

[DMX over Chorus]
That's how many that don't know, they knew I could do it!
This goes out to my nigga Q - rest in peace baby
They still ain't ready...

[DMX]
What they don't know is!
The bullshit, the drama (uhh), the guns, the armour (what?)
The city, the farmer, the babies, the mama (what?!)
The projects, the drugs (uhh!), the children, the thugs
(uhh!) The tears, the hugs, the love, the slugs (c'mon!)
The funerals, the wakes, the churches, the coffins (uhh!)
The heartbroken mothers, it happens, too often (why?!)
The problems, the things, we use, to solve 'em (what?!)
Yonkers, the Bronx (uhh!), Brooklyn, Harlem (c'mon!)
The hurt, the pain, the dirt, the rain (uhh!)
The jerk, the fame, the work, the game (uhh!)
The friends, the foes, the Benz, the hoes (what?!)
The studios, the shows, comes, and it goes (c'mon!)
The jealousy, the envy, the phony, the friendly (uh-huh!)
The one that gave 'em the slugs, the one that put 'em in me
(whoo!) The snakes, the grass, too long, to see (uhh, uhh!)
The lawnmower, sittin, right next, to the tree (c'mon!)

[Chorus 2X]

[DMX]
What we seeing is!
The streets, the cops, the system, harrassment (uh-huh)
The options, get shot, go to jail, or getcha ass kicked
(aight) The lawyers, the part, they are, of the puzzle (uh-huh)
The release, the warning, "Try not, to get in trouble" (damn!)
The snitches, the odds (uhh), probation, parole (what?!)
The new charge, the bail, the warrant, the hole (damn!)
The cell, the bus, the ride, up North (uh-huh)
The greens, the boots, the yard, these hearts (uhh!)
The fightin, the stabbin, the pullin, the grabbin (what?!)
The riot squad with the captain, nobody knows what happened
(what?!) The two years in a box, revenge, the plots (uhh!)
The twenty-three hours that's locked, the one hour that's not
(uhh!) The silence, the dark, the mind, so fragile (aight!)
The wish, that the streets, would have took you, when they had you
(damn) The days, the months, the years, dispair
One night on my knees, here it comes, the prayer

[Chorus 2X]

[DMX]
This here is all about!
My wife, my kids (uh-huh), the life that I live (uh-huh)
Through the night, I was his (uh-huh), it was right, but I did
(uh-huh) My ups, and downs (uhh), my slips, my falls (uhh)
My trials and tribulations (uhh), my heart, my balls (uhh)
My mother, my father, I love 'em, I hate 'em (uhh!)
Wish God, I didn't have 'em, but I'm glad that he made 'em
(uhh!) The roaches, the rats, the strays, the cats (what, what?!)
The guns, knives and bats, everytime we scrap
The hustlin, the dealin, the robbin, the stealin (uhh!)
The shit, hit the ceilin, little boy, with no feelin's
(damn) The frustration, rage, trapped inside a cage
Got beatin's 'til the age, I carried a twelve gauge
(aight!) Somebody stop me (please!), somebody come and get me
(what?!) Little did I know, that the Lord was ridin with me
The dark, the light (uhh), my heart (uhh), the fight (uhh)
The wrong (uhh!), the right (uhh!), it's gone (uhh!), aight?

[Chorus 4X]

[DMX over Chorus]
Man listen
These motherfuckers don't know, who we are!
They don't know
They couldn't possibly fuckin know dawg
That's from the heart


Ceci fait partie du projet Das Dingbât.

> CIP ( du dehors pour l'amicale)

10 octobre 2009

Des serpents dans l'avion

Des serpents dans l'avion. Des grenouilles dans la voiture. Des chiens dans la cave. Des mouches dans le tiroir. Des ours dans le garage. Des lamas dans la cuisine. Des souris dans le métro. Des pandas sur le balcon. Des gorilles dans la rue. Des lézards dans le bureau. Des chauve-souris dans le frigo. Des oiseaux dans la douche. Des poissons dans le placard. Des rats dans le jardin. Des cochons dans la caravane. Des araignées dans le faux-plafond. Des panthères dans le tramway. Des cafards dans l'enceinte. Des tortues dans le camion. Des pingouins dans le parking. Des girafes dans le Franprix. Des chats dans le local. Des chenilles dans le bus. Des vautours dans l'hémicycle. Des pigeons dans l'ascenseur. Des moustiques sur le quai. Des reptiles dans la casserole. Des méduses dans la piscine. Des mollusques dans la chaussette. Des mille-pattes dans la lampe. Des lapins dans l'égout. Des chevaux dans le hall. Des dauphins dans la carafe. Des poules dans la salle de bains. Des crocodiles dans le tunnel. Des bisons dans le salon. Des vers dans l'assiette. Des papillons dans la cuvette. Des sauterelles dans le photomaton. Des lions dans la décharge. Des éléphants dans l'entrepôt. Des chameaux dans le couloir. Des gerboises dans l'anus. Des fourmis dans l'ampoule. Des souris dans les rayons. Des canaris dans la bouteille. Des dictyoptères dans l'ordinateur. Des termites dans les pantoufles. Des guêpes dans les gants. Des renards dans le réveil. Des scolopendres dans le congélateur. Des babouins dans la vitrine. Des limaces dans la cuillère. Des pirhanas la poche. Des mouettes dans la vitre. Des crabes dans le carrelage. Des canards dans la boue. Des coyotes dans le bateau. Des narvals sur l'autoroute. Des putois dans la commode. Des visons dans la bouche. Des inséparable masqués dans le rond-point. Des chèvres dans la bouche. Des cobayes dans le conduit. Des pintades dans la capitale. Des chrysalides dans l'évier. Des crapauds dans la cheminée.

9 octobre 2009

Z


ZICO : Zone d'intêret communautaire pour les oiseaux

8 octobre 2009

Squelette

Tu veux savoir ce que c'est que ta ville ? La ville où tu habite et où tu fait tes courses au kilo ? Hein ? Tu veux savoir comment ça se passe ? C'est qui qui fait quoi ? Hein ? Qui parle à qui ? Ça te branche ? Ça t'excite de voir le squelette de l'administration ? Tu veux comprendre la théorie des tunnels que tu prends pour rentrer chez toi ?

Tu veux comprendre ce qui se passe ?


Eh bien poto, commence par apprendre par cœur le glossaire du
SDRIF , le schéma directeur d'Île-de-France ( datant de 1994 et qui fait débat actuellement avec la nouvelle direction du " grand paris" ), enjoy :

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A : Zone agricole du plan local d'urbanisme. ABF: Architectes des bâtiments de France. ACTEP: Association des collectivités territoriales de l'est parisien. ADCF : Assemblée des communautés de France. ADP : Aéroports de Paris. ADSL: Asymmetric Digital Subscriber Line. AEV : Agence des espaces verts. AFTRP : Agence foncière et technique de la région parisienne. AFU : Association foncière urbaine. AGREP : Association pour l'amélioration de la gestion des ressources publiques. AMIF : Association des maires d’Île-de-France. ANPE : Agence nationale pour l'emploi. ANRU : Agence nationale pour le renouvellement urbain. AOT : Autorité organisatrice de transports. AP-HP : Assistance publique - Hôpitaux de Paris. APL : Aide personnalisée au logement. ARD : Agence régionale pour le développement. ARENE : Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies. ARH : Agence régionale d'hospitalisation. AU : Zone à urbaniser du plan local d'urbanisme. AUMA : Agence d'urbanisme du Mantois. AUTIF : Association des usagers des transports d'île-de-France. BTP : Bâtiment et travaux publics. CAUE : Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environement. CC : Carte communale. CCH : Code de la construction et de l'habitation. CCI : Chambre de commerce et d'industrie. CDEC : Commission départementale d'équipement commercial. CDG - Express : Charles de Gaulle - Express. CEDH : Cour européenne des droits de l'homme. CES : Coefficient d'emprise au sol. CESR : Conseil économique et social régional. CET : Centre d'enfouissement technique. CFDT : Confédération française du travail. CFE - CGC : Confédération française de l'encadrement. CGT : Confédération générale du travail. CHU : Centre hospitalier universitaire. CIADT : Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire. CMU : Couverture maladie universelle. CNEC : Commission nationale d'équipement commerciale. CNRS : Centre nationale de la recherche scientifique. CORERPA : Conférence régionales des traités et des personnes agées. COS : Coefficient d'occupation du sol. COTOREP : Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel. CPER : Contrat de plan État-Région ou contrat de projets État-Région (à partir de 2007). CRCI : Chambre régionale de commerce et d'industrie. CREDOC : Centre de recherche pour l'étude et l'observation des condition de vie. CRH :Comité régional de l'habitat. CRPS : Commission régionale du patrimoine et des sites. CSMH : Commission supérieure des monuments historiques. CSP : Catégorie socio-professionnelle. CU : Certificat d'urbanisme. DAF : Délégation à l’action foncière. DAT : Déclaration d'achévement des travaux. DATAR : Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale. DCE : Dossier de consultation des entreprises. DDAF : Direction départementale de l'agriculture et de la forêt. DDE : Direction départementale de l'équipement. DGE : Dotation générale d'équipement. DGEMP : Direction générale de l’énergie et des matières premières. DGF : Dotation générale de fonctionnement. DGI : Direction générale des impôts. DGUHC : Direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction. DIA : Déclaration d'intention d'aliéner. DIM : Domaine d’intérêt majeur (dans des programmes de recherche thématique). DPMVP : Directive de protection et de mise en valeur des paysages. DPU : Droit de préemption urbain. DRE : Direction régionale de l'équipement. DREIF : Direction régionale de l'équipement de l’Île-de-France. DSU : Dotation de solidarité urbaine. DTA : Directive territoriale d'aménagement. DUP : Déclaration d'utilité publique. EDF : Électricité de France. EGT : Enquête globale de transport. ENS : Ecole normale supérieure. ENS : Espace naturel sensible. EPA : Établissement public d'aménagement. EPAD : Établissement public d'aménagement de la Défense. EPAMSA : Établissement public d'aménagement du Mantois Seine Aval. EPCI : Établissement public de coopération intercommunale. ER : Emplacement réservé par le plan local des sols ou le plan local d'urbanisme. ERMTS : European rail traffic management system. ERP : Établissement recevant du public. FARIF : Fonds pour l'aménagement de l'île-de-France. FNAFU : Fonds national d'aménagement foncier et d'urbanisme. FSRIF : Fonds de solidarité de la région Île-de-France. GES : Gaz à effet de serre. GR : Grande randonnée. HLM : Habitation à loyer modéré. HQE : Haute qualité environementale. IAURIF ou IAU île-de-France : Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Île-de-France. IGH : Immeuble de grande hauteur. INRAP : Institut national de recherches archéologiques préventives. INRETS : Institut national de recherche sur les transports et la sécurité. INSEE : Institut national des statistiques et des études économiques. ISO : Organisation internationale de normalisation. IUT : Institut universitaire de technologie. LGV : Ligne à grande vitesse. LMD : Licence, master, doctorat. LOF : Loi d'orientation foncière. LOV : Loi d'orientation pour la ville. LRNVS : Liaison rapide Normandie/vallée de la Seine. LUV : Loi urbanisme et habitat. MIN : Marché d'intérêt national. MOS : Mode d'occupation des sols. N : Zone naturelle du plan d'occupation des sols ou du plan local d'urbanisme. NATURA 2000 : Réseau écologique européen de sites naturels. NTIC : Nouvelles technologies de l'information et de la communication. OCDE : Organisation de coopération pour le développement économique. OCEAN : Observation de la consommation des espaces agricoles et naturels. OECIF : Observatoire de l'équipement commercial d'Île-de-France. OGM : Organisme génétiquement modifié. OIN : Opération d'intérêt national. ONF : Office national des fôrets. ONU : Organisation des Nations unies. OPA : Offre publique d'achat. ORAC : Opération de restructuration du commerce et de l'artisanat. PACT ARIM : Conseil technique et financier pour l'habitat. PADD : Projet d'aménagement et de développement durable. PAE : Programme d'aménagement d'ensemble. PAP : Port autonome de Paris. PAZ : Plan d'aménagement de zone. PC : Permis de construire. PCRD : Programme cadre pour la recherche et le développement. PDD : Plan de développement durable. PDU : Plan de déplacements urbains. PDUIF : Plan de déplacements urbains d'Île-de-France. PEB : Plan d'exposition au bruit. PHEC : Plus hautes eaux connues. PIB : Produit intérieur brut. PIG : Produit d'intérêt général. PLAI : Prêt locatif aidé intermédiaire. PLATS : Prêts locatif aidé trés social. PLD : Plan local de déplacements. PLH : Programme local de l'habitat. PLU : Plan local d'urbanisme. PLUS : Prêts locatif à usage social. PME :Petite et moyenne entreprise. PMI :Petite et moyenne industrie. PNR :Parc naturel régional. POLT : Projet prévoyant d'améliorer l'offre ferroviaire sur l'axe Paris Orléans Limoges Toulouse. POPB : Palais omnisports de Paris Bercy. POS : Plan d'occupation des sols. PPA : Plan de protection de l'atmosphère. PPP : Partenariat public privé. PPR : Plan de prévention des risques naturels prévisibles. PPRI : Plan de prévention des risques inondation. PPRT : Plan de prévention des risques technologiques. PREDD : Plan régional d'élimination des déchets dangereux. PREDMA : Plan régional d'élimination des déchets ménagers et assimilés. PRES : Pôle de recherche et d'enseignement supérieur. PRIF : Périmètre régional d'intervention foncière. PRQA : Plan régional pour la qualité de l'air. PSMV : Plan de sauvegarde et de mise en valeur. PVR : Participation pour voirie et réseaux. R&D : Recherche et développement. RATP : Régie autonome des transports parisiens. RCB : Redevance pour création de bureaux. RER : Réseau express régional. REVER : Réseau vert européen. RFF : Réseau ferré de France. RMI : Revenu minimum d'insertion. RNU : Règlement national d'urbanisme. RTRA : Réseau thématique de recherche avancée. RTRS : Réseau thématique de recherche et de soins. RU : Renouvellement urbain. SAFER : Société d'aménagement foncier et d'établissement rural. SAGE : Schéma d'aménagement et de gestion des eaux. SAR : Schéma d'aménagement régional. SCI : Société civile immobilière. SCOT : Schéma de cohérence territoriale. SD : Schéma directeur. SDAGE : Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux. SDAP : Service départemental de l'architecture et du patrimoine. SDAURP : Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne (1965). SDC : Schéma départemental des carrières. SDRIF : Le Schéma directeur de la région Ile-de-France est un document qui définit, pour une durée d’environ vingt cinq ans, l’avenir possible et souhaitable de la région d’Ile-de-France, à la fois en termes d’aménagement de l’espace et en termes d’évolutions sociales, économiques et environnementales du territoire régional et de ses différentes parties. Il définit à ce titre un ensemble d’ambitions et de moyens pour développer une région plus dynamique et plus solidaire, dans toutes ses dimensions : habitat, transports, développement économique, préservation de l’environnement, implantation des grandes infrastructures et des équipements d’importance régionale. Il constitue également un projet d’ensemble pour les différents acteurs franciliens. En effet, le Conseil régional d’Ile-de-France a choisi de faire de la révision du Schéma directeur de 1994 une démarche inédite de concertation, permettant de produire une réflexion collective sur ce que doit être la métropole régionale et de mieux intégrer les enjeux du quotidien des Franciliens. SEML : Société d'économie mixte locale. SHOB : Surface hors oeuvre brute. SHON : Surface hors oeuvre nette. SIEL : Syndicat intercommunal d'énergies du département de la loire. SIEP : Syndicat intercommunal d'étude et de programmation. SMVM : Schéma de mise en valeur de la mer. SNCF : Société national des chemins de fer. SNESUP. FSU : Syndicat national de l'enseignement supérieur - Fédération syndicale unitaire. SRDE : Schéma régional de développement économique. SREC : Schéma régional d’équipement commercial. SREO : Système régional des espaces ouverts. SRIT : Schéma régional des infrastructures de transports. SROS : Schéma régional d'organisation sanitaire. SROS : Schéma régional de l'organisation sanitaire. SRTL : Schéma régional du tourisme et des loisirs. SRU : Solidarité et renouvellement urbain. SSC : Schéma de services collectifs. STIF : Syndicat des transports d'Île-de-France. SUP : Servitude d'utilité publique. SYCTOM : Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l’agglomération parisienne. TCSP : Transport en commun en site propre. TEP : Tonne équivalent pétrole. TER : Train express régional. TGV : Train à grande vitesse. TLE : Taxe locale d'équipement. TPU : Taxe professionnelle unique. U : Zone urbaine du plan d'occupation des sols ou du plan local d'urbanisme. UNESCO : United nations educational, scientific and cultural organization. URIOPSS : Union régional interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux. UTN : Unité touristique nouvelle. VNF : Voies navigables de France. VRD : Voirie et réseaux divers. ZAC : Zone d'aménagement concerté. ZAD : Zone d'aménagement différé. ZAP : Zone agricole protégée. ZEP : Zone d'éducation prioritaire. ZICO : Zone d'intêret communautaire pour les oiseaux. ZNIEFF : Zone naturelle d'intérêt écologique floristique et faunistique. ZPPAUP : Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. ZUS : Zone urbaine sensible.

7 octobre 2009

I. La Salle de Bain

Bonjour,

En faisant le grand ménage chez nous, nous sommes tombés sur ces tuyaux ... On dirait qu'il y a un cadavre dans les tuyaux ou dans le siphon. On a mis un bol de bicarbonate pour absorber l'odeur pour voir si ça partait mais rien n'y fait. Ca a été progressif, on soupçonne de l'humidité. Nous avons essayé de voir d'où cela pouvait venir mais n'y connaissant pas grand chose... On a mis du sopalin dans la cuvette puis on a tiré la chasse. Le problème c'est que tout communique. Nous avons effectué un nettoyage complet avec démontage et nous pensions que cela devait venir du gros tuyau d'évacuation des toilettes...mais bon on a tenté de tirer la chasse plein de fois rien a faire. Ça commence a nous taper sur les nerfs.

Nous avons d'abord pensé à la canalisation bouchée et à une remontée de l'eau de pluie, mais les canalisations sont sèches. On ne comprend pas d'où cela peut venir. On commence à avoir des engorgements d'eau et on a peur que ça empire. Serait il possible que le vide sanitaire soit plein d'eau et que l'eau remonte par capillarité du sol? Nous n'avons pas accès au vide sanitaire. Y avait il un vice de forme ? Rien n'a été prévu dans cette maison pour l'arrivée d'air frais. Pour la salle de bain nous ne pouvions pas mettre de fenêtres alors notre architecte nous a fait mettre un tunnel de lumière. On voulait prendre des ampoules à économie d'énergie au culot GU10 mais on n'a trouvé que des 2700 kelvin (une lumière ressemblant à de l'incandescance soit un peu jaune). Tout les jours on a peur d'éclabousser l'ampoule. Quand on tire la chasse, on a un beau geyser dans l'évier et la douche. Quand on fait couler l'évier ou la douche, ça remonte dans les toilettes. On se prend le jus quand on prend une douche. De temps en temps on nettoie le compartiment à eau avec une éponge et un peu de produit, que l'on rince ensuite au-dessus de l'évier, en évitant de mouiller le système électrique. C'est bizarre car on a rien changé dans nos habitudes. On se demandait s' il ne fallait pas plutôt boire de l'eau de Lidl à 0.17c les deux litres car nous buvons de l'eau du robinet dont le tuyau d'alimentation du réservoir plonge dans un petit boîtier situé en-dessous de la poulie d'entraînement de la double courroie de notre chaudière au fioul qui dégage une fumée blanche et qui sent comme si on avait un moteur de diesel. Une forte condensation se crée à l'extérieur de la machine, induisant plein de buée sur les vitres, aucun voyant ne s'allume pour indiquer une panne . L'évacuation douche lavabo est en PVC de 40, et dans la cave le tuyau d'évacuation est en tuyau de 100 en fonte avec au bout un Y qui fait 75 intérieur. Le tuyau en fonte est horizontal. Nous avons quand même nettoyé le filtre devant en bas, mais non, elle continue, il nous semble qu'elle est trop récente pour que les tuyaux soient poreux et depuis pas mal de temps déjà, elle fait un boucan d'enfer, elle vibre et se déplace, et dès que nous lavons des vêtements, ils ressortent avec l'odeur d'essence. On ne voit pas de bouton ou de prise sur le ballon. Un petit goute-à-goutte se fait dans le syphon du système de sécurité. Ce n'est pas régulier. Par moment, il goutte beaucoup, et par moment, il ne goutte pas du tout et lorsque les pales doivent remplir leur fonction, le moteur ronronne et aucun lavage ne se fait et les pales ne tournent pas. Elle vibre comme c'est pas possible, nous ne pouvons pas marcher sans que les meubles vibrent... De plus en dessous donc au RDC il y a notre locataire. Il nous faut donc une solution pour isoler et faire en sorte que ça ne vibre plus (ou beaucoup moins). On nous a parlé d'acide chloridrique mais ça nous fait un peu peur... Nous sommes fatiguées et nous avons les nerfs à vif avec plein de conséquences négatives sur le reste de notre vie. Nous pensons avoir un problème de débit . Nous n'avons pas envie de mettre beaucoup d'agent pour ça. Plusieurs fois par heure voire plusieurs fois par 10 minutes, il y a un bruit de moteur suivi par un claquement sec . Il y a une valve ou quelque chose dans ce genre. En hauteur, il y a une bouche d'aération qui aspire l'air. A l'entrée de cette bouche, il y a un espèce de cylindre en mousse (qui doit certainement servir de filtre), tout poussiéreux, et qui peut s'enlever pour nettoyage. Nous pensons que c'est l'ancienne fosse septique. L 'ancienne propriétaire ne savait pas où était la fosse septique et ne savait pas quand elle avait été vidangée pour la dernière fois (elle n 'a vécu qu'un an dans cette maison). Lorsque nous sommes arrivés dans la maison les toilettes n'étaient pas fixées. Le cumulus s'était littéralement décroché et avait amorti sa chute sur la céramique des toilettes réduisant le carrelage en miettes, enfonçant la cloison frontale. Maintenant, notre homme casse le carrelage autour mais nous avons la sensation que c'est une salle de bain qui "pue" vraiment la mort, on se demande si nous allons y arriver juste comme ça avec un burin et un marteau...

Nous avons besoin de vous pour nous aider, la situation est désespérée.

Merci d'avance


Montage de textes issus de la collection Das Dingbât. de messages de forums de discussions sur le bricolage.

II. Le Jardin

Bonsoir tout le monde ,

Hier soir, il y a eu un gros et fort orage, on regarde par la fenêtre et là on voit une grosse pelle dans notre jardin. La terre s'est effondrée, il y a un gros trou. La porte qui donne sur le jardin est tombée, les gonds se sont arrachés. L'eau est claire en surface et se trouble au 3/4. Il fait chaleur a crever. On ne peut plus manger dehors sur la terrasse extérieure , qui est protégée par un mur de 2.50m environ , parce que de petits acrobates parviennent à passer par-dessus. Ils attirent des quantités de mouches sur leur dos, leur peau est grasse, au départ ils étaient 2, maintenant ils sont 7. Pourquoi ? Parce qu'ils passent aussi sous notre portail et vont folâtrer dans les herbes. Nous avons tenté de les bloquer en fixant des planches. Elles sont tombées en quelques semaines. Nous allons donc faire une marche en béton. Problème : passage de voitures quotidien. Il faut donc que l'on fasse une marche arrondie. Mais, là, le pompon : on découvre qu'ils ont mis un tuyau dans le mur pour que la piscine se vide chez nous. On devient folles. Ils ont détruit notre jardin, parce qu'ils voulaient que l'on se gare en dehors de notre terrain pour qu'ils puissent passer sans problème. On a de la gadoue de partout et en plus on a peur que bientôt on s'embourbe avec la voiture. Au rez-de-chaussée, quelqu'un de mal inspiré a dégagé le tout-venant qui assurait la stabilité de la voûte en brique. Nous avons pensé à faire une pétition et aussi appeler l'entrepreneur ... Bref on en a plein les bottes !

Il s'agit maintenant de savoir avec quoi on peut reboucher le trou... Notre voisine a commencé à creuser un peu partout. On devient folles avec cette vieille, on supporte déjà de la voir passer sa tondeuse a 65 ans seins nu en culotte mais là on pète un câble. Dans l'urgence on aimerait savoir les solutions techniques que l'on pourrait entreprendre déjà nous-mêmes, actuellement il y a des dalles posées sur du sable, un gros tas de tontes de pelouse, des camions de sable sur notre route qui a craqué sous le poids des camions, des lignes électriques aériennes, des tabourets de bar en fer forgé rouillés et notre piscine ( 3m50 / 1m20). Ce que nous cherchons ce serait des résines ou colles "professionnelles" ou "industrielles" pouvant s'acheter aisément et surtout pouvant résister à des conditions "extrêmes" : Acidité. Humidité. Tension. Il y a aussi un mur en façade monté en brique, on voudrait l'acheter pour surveiller notre domicile, nous pensons, par exemple, à des miroirs disposés sur la façade sud et dirigeant les rayons du soleil vers la cour. On pense aussi à fabriquer un sèche serviette à l'aide d'une corde et de manches à balais coupés, afin que ça ressemble à une échelle à la fin. A votre connaissance y aurait-il une solution pour rendre glissant le mur qui entoure la terrasse ? Une peinture transparente au teflon ? C'est un mur en copropriété, on ne peut pas faire ce qu'on veut avec les couleurs. Nous avons en notre possession un pistolet basse pression (le premier modèle , avec la centrale ronde, maintenant la centrale est ovale).

Avez vous des résultats concluant avec ce système ?

Merci de vos réponses.

Montage de textes issus de la collection Das Dingbât. de messages de forums de discussions sur le bricolage.

III. La cave.

Bonjour a tous,

Nos voisins ont emprunté notre cave, l'ont remplie et ont construit un bassin genre aquarium décoré par une grotte tout avec des pierres dans le coin droit , le côté droit qui donne directement sur la terre. Un peu comme dans cette nouvelle tendance qui consiste à aménager sa cave en pièce habitable, à transformer votre sous-sol en une pièce qui sort de l'ordinaire ( hammam, mini discothèque, jardin...) ou tout en salle de jeu, home cinéma, cuisine... Ils ont aussi enterré un regard 60 cm X 60 cm au point le plus bas, et ils ont ajouté une pompe flottante qui se déclenche seule dés que le niveau monte dans leur regard. Il s'agit d’une vieille cave, enfin plutôt une chapelle souterraine en pierre, voûtée, enterrée (1 mètre du sol), et inutilisée depuis une dizaine d'années. Cette pièce est assez humide de par son côté droit, vous pouvez remarquer l'humidité sur les zones très près du sol . Elles sont à peine plus grosses qu'un centimètre carré. Elle sont immobiles et solides de manière à ce que même si on les accroche, elles ne cèdent pas . Nous avons l'impression que le mur absorbe trop, donc après avoir regardé une video avec le test de la goutte nous ne savons toujours pas... Quand il pleut, il y a des infiltrations (humidité, salpêtre, une rivière passe dans le jardin à 15m). Cette humidité grimpe sur les murs . Un champignon d'aspect velouté s'est développé sur le sol. Nous avons aussi des souris ou rats, on ne sait pas trop, à l'intérieur. Nous avons acheté un produit pour rats et souris à base de pâte bleu, mais rien n'y fait. Nous précisons que la cave se situe dans le vide sanitaire et donc qu'elle fait toute la surface de la maison. Et nous avons tout un tas de pierres, béton, qui se promènent dans le sol.

Dans notre cave , à l'intérieur de leur grotte, nos voisins ont installé des petites lampes et ils ont construit un mur d'eau en faux rochers où l'eau circule à l'aide d'une pompe électrique étanche. En fait , ils ont recouvert toutes les parois d'une barrière étanche. Le problème est quand même que la maçonnerie pourra se dégrader derrière à cause des infiltrations. On a peur que notre mur ne respire plus comme avant. On a pensé à mettre un feu électronique à pétrole déshumidificateur mais nous éliminons cette option car nous pensons que ce sera trop nocif. On a mis un message sur la porte d'entrée pour prendre contact avec eux et régler le problème. Les voisins se sont soi-disant trompés de cave. Mais cela fait maintenant plus d'un mois que le contentieux n'arrive pas a les joindre pour qu'ils vident la cave. Nous en avons capturé un pour voir à quoi ils ressemblaient, et ils émettent un petit bruit strident quand on leur fait peur... Ils font 2/3 cm pour les plus grands. Ils ont enfermé la source sonore dans une boite, les vibrations sont en partie absorbées par les dalles de granuflex et les ondes aériennes par la laine de roche du plancher et des parois. Fini pour nous les silent block, les bandes résilientes en vente chez casto et les tapis de gym dont on a parlé sur certains topics de construction. On en a marre, on adore notre maison, on a fait un tas de travaux, une station d'épuration est en construction juste en face de chez nous mais là, on ne sait plus ! Par 3 fois nous avons dû appeler la société de nettoyage.

Comment faire pour combattre cet ennemi ? Le mieux je pense, (peut-être pourriez vous me le confirmer ?), serait d'utiliser une machine qui envoie de l'eau sur le sol, qui brosse le sol pour décoller la crasse, et surtout qui évacue le tout par un tuyau (pour envoyer l'eau sale dans un caniveau par ex). Peut-être qu'il faut aérer la cave directement avec des tuyaux et des grilles d'aération en perçant les murs (3 ou 4 aérations) et trouver un procédé d' injection d 'une matière qui se crystalise avec l'eau comme cela se fait dans le métro parisien. Éventuellement, faire l'achat d'un vide-cave, avec poire, à mettre dans le point bas. Quitte à creuser un petit trou dans la cave de la grosseur du vide-cave. Sinon, récupérer un bidon plastique si possible de 50 litres, découper la partie haute où se trouve en principe le bouchon de façon à obtenir un récipient profond. Avec la perceuse, faire de nombreux petits trous 3 mm de diamètre maxi, sur toute la surface. Placer ce récipient dans le trou qui doit être un peu plus grand, et tout autour mettre du gravier pas très gros, ou du sable grossier. Et finalement placer au fond du récipient le vide-cave. Il faut empêcher que ça se transforme en remonté capillaire par effet ascensionnel, la brique étant un bon vecteur dans ce cas pour prolonger ce désordre aux niveaux supérieurs.

Ils se baladent uniquement à la cave (pour l'instant, près des fenêtres, ou au plafond, donc pas vraiment dans la pénombre.) Nous avons essayé de voir si la lumière leur faisait peur, mais ce n'est pas vraiment le cas.

Est-ce faisable?

Car de toute façon on ne pourra rien faire du dehors, la cave est quand même sous la maison. Cela ne doit pas se faire à la légère... Il semble que leur pompe se met en marche fréquemment et qu'ils ont le pouvoir de gonfler en milieu humide.

S'il vous plaît aidez-nous,

merci d'avance.


Montage de textes issus de la collection Das Dingbât. de messages de forums de discussions sur le bricolage.

6 octobre 2009

Mississipi

Je suis dans la rumeur. Sous-terre, bien sûr. J'appartiens aux gens des ponts et des tunnels, banlieusards, zonards, excentrés. Les moments qui me révèlent le plus clairement cette appartenance sont ceux où j'accumule les infrastructures prévues à mon intention. J'avance dans ce tunnel orange, de zones sur-exposées en zones sous-exposées; comme un moustique ou un enfant , je suis les lumières et des couleurs m'indiquent la direction. Des groupes disséminés, bandes ethniques, se posent là, comme si on avait peur de sortir : dehors c'est pas fait pour nous, chez nous c'est le tunnel orange. L'air sous ma jupe débride mes oreilles. J'entend le sac de chips vide qui s'accroche à mon pied, et j'entend la bulle d'air percée de la semelle de mon voisin, j'entend aussi le cliquetis de ses clefs comme j'entend l'ongle de cette femme glisser contre la rampe d'escalier. Je suis percuté de rires éparses et de grognements et de crissements, et les rails de l'étage libre, la surface, vibrent en sourdine au travers de ce faux-plafond, caisse de résonance maladroite des trains en partance. Je sens chaque son trop proche, trop net, comme derrière moi, comme suivi par deux taquin, deux gnomes sur mes épaules qui me murmurent, me bruitent, chacun sur son épaule respective, me soufflent un potin, un glissement de ticket dans la fente-machine, un cliquetis de caténaires, au fond de mon oreille, fléchissant les minuscules poils de mon conduit auditif comme le vent plie l'herbe haute, par rafales sèches, et mon pied de ne plus savoir comment s'aplatir sur le sol, les mains crispées, les doigts vers le sol, je me retiens à l'air chaud et fétide, puis tout disparaît, se débrouille, et je retrouve la mixture ronflante du tunnel sur un quai peint en orange terreux, plein comme la poche du short d’un enfant obèse. Décor premier, façon scénographie du musée du quai de Branly. Ils ont voulut un décor oxymorique, les halogènes surpuissants au plafond comme un soleil noir, la puissance de l’éclairage marque l’ombre des visages, scialytiques de chambre opératoire encastrés dans le faux-plafond, rayonnements qui nous tombent dessus , nous, leurs sculptures vivantes. Surchargé, blindé de monde, sur le quai de Branlant, on attend les sièges, ils arrivent dans dix minutes en direction de Villiers le Bel. C’est long et désagréable. Puis, blanc et rouge sur deux étages arrive et une moquette de motifs déshonorants se colle aux sièges, des petits serpents serpentent sur un uniforme fond gris, les petits serpents sont de toutes les couleurs et on s'assoit dessus : en un mot, je prend le train à la gare du nord.

Treize courtes minutes plus tard, je descends du train, escaliers puis tunnel et la sortie sur ma gauche, qui m'envoie vers Villeneuve-la-Garenne et L’île Saint-Denis. Pas foule dans cette sortie secondaire. On a casser les barrières en verre il y a un mois, et depuis, on sort gratuitement et c’est la nuit, l’hiver, six heures du soir, peau morte. Avant-hier, j’ai acheté un manteau stupide avec une immense capuche qui me dirige le regard comme les chevaux leurs œillères. Je ne vois que devant moi, quand je tourne la tête sur le côté droit ou sur le côté gauche, mon visage rencontre l’intérieur de la capuche en soie synthétique Wilberton Unexampled Brilliance. Je regarde devant moi et c’est comme ça, je trace. La sortie de la gare sert aussi d’endroit pour pisser sur le terrain vague de la Gauche. Au loin, un lampadaire blanc donne une lumière crue sur un crâne noir et vert, le crâne d'un Hulk avec une pompe dans le bras, un îlot d’herbe plantée d’un saule pleureur. L'îlot divise le chemin en deux chemins qui le contournent pour ensuite se retrouver, comme les deux veines dégueulasses d 'un surhomme blême que l'on préférerait ne pas rencontrer ce soir sur son chemin. L'éclairage y est typique d'une jungle mis en lumière par des miradors longiligne.

Je suis sorti et derrière moi, il y a deux noirs dont l’un des deux porte un carton, un volume moyen. L'autre a un manteau en tweed gris pointillé de blanc, ils avancent derrière moi et celui avec le manteau gris chante. Un chant d’Afrique, un beau chant doux. Je ne sais pas exactement quand nous nous sommes retrouvés comme ça, à la fin de l’entonnoir, moi qui marche la capuche sur la tête, le regard dirigé par elle, et eux derrière moi, la chanson et le carton. J’avance, passe devant le lampadaire qui éclaire aussi la grille écroulée dans le terrain vague où tout le monde pisse, et l’homme noir chante son beau chant doux pour accompagner son pote et leur retour. On doit passer sous un immeuble — les architectes nous ont ménagé un tunnel dans leur immeuble— le tunnel est noir, sans éclairage : quinze mètre de long, la largeur de l'immeuble que l'on traverse pour arriver dans la rue derrière l’immeuble.Tout en pépites, mon cerveau se disperse, les gouttes pique mes yeux, tout se dit entre le décor et le chant. Je suis là, comme une incrustée, j’assiste au machin par hasard, une chance, je me dis : faut me retourner, faut que je leur dise, c’est beau ton truc, tu viens de m’envoyer sur la lune avec ton machin, j’ai jamais vu ça, une magie de vagabond. J’écoute et je regarde bien tout autour de moi le gris, le froid béton du couloir, l’herbe folle, les papiers jetés, les racines du saule qui pousse le bitume en veines craquantes de toxico, j’écoute, c’est doux et granuleux, faut que je me tourne, que je sorte ma tête de la capuche. Et je me suis retournée rapide et j’ai rien dit. Il a arrêté de chanter. Je ne sais pas. J’ai foiré la rencontre, j’ai rien dit et ils sont rentrés chez le coiffeur à côté des sandwichs au poulet et moi j'ai continué vers mon île.

L'île Saint-Denis se décomposait en trois parties : à la pointe nord, en face d'Épinay, une sorte de petite réserve naturelle où les oiseaux migraient et où les êtres humains étaient interdits — un stockage de matériaux de mobilier urbain et d'aménagement du territoire servait de barrage aux possibles mangeurs d'oeufs de cigogne — ensuite un immense parc classé Natura 2000, une cité en brique rouge Maurice Thorez, dont on disait que la cour repoussait les flics, et le centre ville, en face de Saint-denis, avec son tabac, ses deux boulangeries, sa tour, ses taudis, ses pavillons, ses péniches, son franprix, son pont début XXe siècle, ses rodéos, ses platanes aux feuilles géantes, ses éclats de rire, ses après-midi plein d'enfants sur le terrain de basket, ses chats errants et sa cité en béton brut triangulaire. Après cette séquence active, suivait une vaste zone de dépôts et de terrains vagues : un ancien entrepôt des galeries Lafayette qui n'abritait plus qu'un malinois — chien de garde solitaire qui n'aboie jamais mais arrive derrière vous à tâtons et vous déchiquète dans le noir — un marchand de béton, un marchand de bois de charpente, une immense décharge de gravats reconstituant une manière de paysage lunaire et montagneux chevauché par le dragon de l'A86 et des lignes à haute tension, un ancien entrepôt désarticulé par des revendeurs de métaux, et un magasin discount de jeans, chaussures et sacs à main autrefois appelé Moins X%. À l'extrême sud de l'île, il y avait ce qu'on pourrait appeler le bout du monde : quelque tours, une supérette abandonnée, le troisième et dernier pont qui nous reliait à Saint-Ouen et une grande nef ronde en béton pour diverses activités sportives. Comme il ne se passait finalement pas grand-chose dans le quartier et que la tranquillité peut en exciter certains, des gens velléitaires se posaient des questions :

Habitant : Le quartier devient de plus en plus dur. La gardienne de l’école vient d’appeler les flics pour les pétards. C’est interdit d’en utiliser mais c’est pas interdit à la vente !

Habitant : On appelle les flics pour les pétards mais on n’appelle pas les flics pour leur putain de moto !

Habitant : On devrait mettre une pancarte sur laquelle serait écrit : « interdiction de faire péter des pétards » !

Habitant : Ah bah non. Si on fait ça, ça va être pire. Plus on leur interdit et plus ils vont le faire.

Élu PM : Les plots sont cassés sur la Place du Marché

Habitant : Il faudrait mettre des ornements piquants tels que des arbustes ou de l’électricité autour des poteaux.

Élu PM : Non mais vous voulez électrocuter des gamins ??!!!!!

Habitant : Et pourquoi ne pas mettre des vidéos surveillances ?

Habitant : Et les hangars des Galeries Lafayette qui ferment en juillet, ça va être gardienné ? Parce que sinon ça va être pire, ça va être un immense terrain de jeux !

Élue EMB : C’est prévu, avec les problématiques de squat qu’on a connu, on va être vigilant.

Habitant : Autre chose, où on en est au sujet de l’ancienne usine radioactive ?

Élue : (après un rappel historique de l’histoire de l’usine) le Maire a vu M. le Préfet à ce sujet il n’y a pas longtemps. La question, c’est : où met on les gravats radioactifs ? Dans un premier temps, il parlait de les enfouir sur place.

Habitant : Autant les laisser où ils sont en l’état !

Élue : C’est sûr ! Aux dernières nouvelles, ils auraient trouvé un lieu ! Donc ça devrait bouger prochainement !

Habitant : Au niveau des travaux à Fumouze, il y a un endroit qui s’est transformé en pissotière !

Habitant : Il y a un pitbull sans muselière qui se promène dans la cité. Il a déjà attaqué un autre chien.

Habitant : J'aimerais savoir ce qu’il y a au nord de l’Ile ? La pointe sauvage ?

Habitant : Oui, on ne peut pas y aller ! Et c’est pollué !

Élue : Par contre il y a énormément d’oiseaux et de poissons, parce qu’il y a une machine pour oxygéner l’eau, ça les attire ! Ce qui est bien, c’est quand il y a des fêtes comme Seine Commune fin juin, début juillet, il y a des bateaux qui font le tour de l’Ile et on voit bien !

Habitant : Oui, mais je souhaiterais qu’il y ait un projet : le projet d’aller visiter la pointe de l’Ile !

Élue : C’est noté !

Habitant : La Clio grise et la voiture AX rouge immatriculée du 17 sont des voitures ventouses. Quand ils ont installé les potelets, l’AX était déjà là.

Habitant : Il y a une voiture désossée près de l’arrêt de bus Quai du Saule Fleuri

Élu : On va le signaler au garde de l’environnement H. Z.

Habitant : Je n’étais pas très contente des travaux de Noos, ils m’ont mis une armoire devant ma façade de maison sans prévenir ! J’ai signé le courrier de la dame qui habite Rue Berthelot ! Et d’ailleurs on n’a toujours pas accès au cable.

Habitant : autre chose ! Les sacs pour ramasser les crottes de chiens, il n’y en pas beaucoup !

Élue : Pour 2008, on va se poser la question d’en mettre ailleurs. C’est vrai qu’Avenue Jean Jaurès ça serait utile !

Habitant : Ben oui ! Déjà qu’on a pas d’illuminations de Noël dans notre rue.

Élue : Il faudrait faire le point sur les poubelles qui servent ou pas, pareil pour les distributeurs de sacs pour les crottes de chiens. Après, il faudrait voir où en ajouter.

Habitant : Oui, il faudrait en ajouter là où les jeunes squattent en buvant des bières, pour qu’ils puissent jeter leurs canettes dedans.

Habitant : Il y a un pitbull qui se promène sans muselière. Il paraît que c’est parce qu’il est en fin de vie.

Habitant : Qu’est-ce qui va être construit sur le Quai de la Marine, là où des pavillons ont été détruits ?

Élue : Ça va être une quarantaine de logements en accession à la propriété.

Habitant : Est-ce que ça va être le même prix que près des Galeries Lafayettes ?
Parce que ces logements étaient très chers ! Ce ne sont pas des Ilodyonisiens qui peuvent acheter à ces prix !

Élue : À côté des Galeries Lafayettes, ce n’est pas la Ville qui a construit, c’est Kaufman and Broad. Il y a quand même 5 familles ilodyonisiennes qui ont acheté sur 22 logements, ce n’est pas rien. Il va y avoir la construction de logements sociaux en accession à la propriété au quartier sud, sur la Friche Michel’s !

Élu : Ce qui nous fait peur à nous, c’est d’avoir un centre commercial à Gennevilliers. Dans quel sens vont entrer et sortir les voitures ?

Habitant : Nous, ça nous fait pas peur, demandez aux gens leur avis sur le centre commercial. Tous les habitants en veulent un, parce qu’ici, on a rien ! Personne n’a les moyens d’aller à
Quai des marques et eux par contre, ils nous gênent !

Habitant : y a pas de magasins pour s’acheter des fringues, rien ! Comme les Halles aux chaussures, Gémo… et pour l’alimentation, faut aller à Villetaneuse

Élu : Aussi, le concours pour le site du Printemps avance mais les promoteurs déposent des projets trop chers et d’autres proposent des projets un peu farfelus. Certains dépassent le budget de 14 millions d’euros. Il y aura un point dans le journal de juillet.

Habitant : Ça serait quoi ?

Élu : À la fois de l’activité et des logements.

Habitants : Des logements sociaux ?

Élu : Des logements à accession sociale. Le logement est réservé à un prix bloqué pour les gens de L’île Saint-Denis qui ont une capacité à être propriétaire. Cest entre 2 500 et 2 800 € le mètre carré.

À un quart d'heure en vélo de la Place Clichy, ici, on pouvait parfois avoir l'impression d'être nulle part, d'être dans la zone perdue de la capitale, à l'extrême rebord du monde. Sur l'autre berge, il y avait plusieurs camps de gitans, sous les ponts de l'autoroute A86, le long de la seine ou le long des voies ferrées... Quand on passait devant ces camps, on apercevait une misère sans âge, située exactement à 8.48 kilomètres de l'obélisque de la place de la Concorde , volé aux Égyptiens, les cousins d'Esméralda. On voyait des gens arriver en vélo dans la boue pour rapporter un bidon d'eau potable alors qu'un Eurostar passait dans une fureur jaune et noire, on voyait des gens construire leur maison avec des déchets au milieu de déchets, juste en face de l'ultramoderne usine de traitements de déchets SYCTOM, on voyait une fillette de 5 ans avoir comme terrain de jeux le morceau de bitume sous le feu rouge de la voie rapide et poussiéreuse du Quai de Seine.

Sur cette berge, côté Saint-Ouen, il y avait également de grands entrepôts délabrés dont les trottoirs semblaient vouloir fondre dans le sol pour disparaître. Devant les entrepôts, le dimanche, on voyait se former de longues files d'attente qui se donnaient un air de fête pour aller chanter la gloire d'un Dieu que l'on ne connaissait pas et dont les affiches placardé sous le tunnel de la gare nous faisait rire ( DÉNOMMÉE : ASSIEDS-TOI EN HAUTEUR !). Il tombait un petit crachin d'automne entre les rayons du soleil . Et on s'écriait : " Mais putain, c'est le mois de juillet oui ou non !? " Comme si mère Nature, ou les dieux, ou un quelconque responsable, devait nous rendre des comptes et que d'eux, on exigeait une certaine précision. N'empêche, la pluie en plein soleil c'était beau et les soudures, les raccords, les reprises entre deux pans de bitume, devenaient argentés, et les épaules des costumes sombres, ceux des fervents, se perlaient d'aiguilles scintillantes avant la messe, et on savait un arc-en-ciel possible à tout moment, notre visage gris d'épuisement et sale de la ville reprennais ses couleurs sous la rosée d'après-midi, et les flaques d'eau étaient triple chromées. On pensait, c'est ma fête et je pleure si j'en ai envie en traversant la place de la gare de Saint-Denis et il faisait tiède après l'orage et une verte bouteille éclatait et voilà l'attroupement avec autour un déluge de transports : ROUES-AVANTS EN FORCE, REPR2SENTE A86, le championnat du monde de la moto sur une roue , véritable art de la rue pour mangeurs de pneu de quad, et la voiture louée qui passait et repassait, chacun-son-tour-tu-me-prête-un-tour , et tout le monde courait bras tendus, rôdait pouces relevés, flânait pieds déliés, filait épaules fléchies, avançait savates ciselées, balayait doigts tournés, roulait jambes raidies, progressait coudes pointus, arquait mollets courbés, clopinait talon haut et glissait pied à terre. Quoiqu'il en soit, les mentons étaient levé bien haut dans toutes les dégaines et les filles magnifiques se marraient dès les premières claques, les chevaliers rossaient exubérant, criant oh ou ho, èh ou hé, et la capuche orange se prenait trois coup de pied dans la tête, les seize autres dans les bras : couraveur quotidien que l'on retrouvait chinant les plus beau pétards, quinze minutes après la baston. Mais le sourire charmant du bel homme ne faisait pas oublier l'envie compulsive de consommer, et elle était déjà rester deux ou trois jours sur le parking, en oubliant de rentrer chez elle, attendant le cailloux de crack qui remplissait maintenant les maisons organisées en distributeur d'un "phénomène appelé à durer "; phénomène expulsé des métros La Chapelle, Château-Rouge ou Stalingrad et qui atterrit ici même, tout autour de la gare et qui permit l'explosion fulgurante de locations d'Audi A4, 2.0 litres au cent, TDie 136 chevaux ( T pour turbo, D pour diesel, i pour injection et e pour efficiency) dans l'agence de location du 206 Boulevard Anatole France, quartier Pleyel où l'on était passé avant de partir se mettre au vert sur la Costa Del Sol. On avait aussi rempli le frigo et garnies les étagères de nouvelles Nike et de toute les variétés possibles de 501, payé le téléphone, le loyer, le gaz et l'électricité. Et puis on laissait sa mère choisir la couleur du canapé en cuir à mettre dans le salon où les souris mangeaient des grains de riz coupé en deux.

Le samedi matin, on recevait des dépêches que l'on faisait tourner sur Facebook en rigolant :

un distributeur automatique de billets est devenu le temps d'un après-midi l'endroit-porte-bonheur de la ville de Stains, dans le nord du 93, département de Seine Saint-Denis, en donnant le double de la somme demandée. Des centaines de personnes se sont pressées pour utiliser le distributeur automatique situé devant un supermarché de la ville. Les plus chanceux ont pu demander 400 euros, le retrait maximum, et recevoir 800 euros, le reçu indiquant 400 euros. Ce n'est qu'au bout de plusieurs heures de "surchauffe" que le distributeur, à court de billets, s'est arrêté. La société qui gère le distributeur, Payzone, a admis qu'il pouvait s'agir d'un dysfonctionnement. La police a fait savoir que les bénéficiaires de la "panne" ne seraient inquiétés qu'en cas de plainte de l'opérateur.

Et à midi, dans un jogging immaculé, les tresses couchées sur la tête, on testait le distributeur automatique de la poste de L'île. D'aucuns disait : " ça fait au moins une semaine que t'es là ", et on se retournait rapide et on retournait rapide à ses essais. On insérait cette fois une carte magnétique blanche, on appuyait sur quelques boutons, et on énonçait à voix basse l'intitulé : reprenez votre carte, puis on appuyait sur de nouveaux boutons et on se grattait un peu la tête. On essayait encore trois autres cartes, puis on partait sans avoir obtenu le moindre billet, laissant un distributeur momentanément indisponible pour les autres trou du cul. Le même d'aucun disait alors: " sale petit voleur, t'as cassé le distributeur, t'es un voleur, t'avais au moins cinquante cartes dans ta poche" et il semblait qu'il prenne son téléphone pour appeler la police. Mais le jogging et les tresses couchées était déjà sur le pont, se retournant furtivement et disparaissant dans le galbe de pierre et d'asphalte du début XXéme siècle en-dessous duquel passait une immense péniche de tourisme fluvial, avec pont central recouvert de moquette verte, une piscine, deux cents chaises longue en plastique rose et un terrain de badminton.

La croisière repartait vers la Hollande et sur son chemin, on pouvait apercevoir le centre commercial Epi-Centre, le centre commercial abandonné d'Epinay, où l'on arrivait par tapis roulant, une pente en caoutchouc noir qui rebondissait sous les pieds, je crois, je me souvient plus. C'était peut-être un escalator. Quoiqu'il en soit, de pente ou d'escalator, la montée était doucement glissé pour arriver là-haut et tomber le nez sur un coiffeur tout en miroir et en néon, devanture grande ouverte, trois mémés aux cheveux violet : le premier et le seul magasin de l'étage. Tout les autres commerces étaient définitivement fermés et il ne restait que quelque morceaux, socles vide de présentation, rideau de fer cassés, boites à chaussures éventrés, chaises sans table et tables par terre, ouvertures dans le plafond et découverte des entrailles du bâtiment, un mur peint et un long poème, pas de graffiti ou très peu, pas de casse ou très peu, juste des choses abîmées, vielles, des placos qui tombent et de la poussière recouvrant des mannequins en plastique. Autour, au-dessus et en dessous, des millions de tonnes. Autour, au-dessus et en dessous, des centaines de millions de tonnes de gravats potentiels, de quoi remplir un lac, de quoi refaire une montagne, le centre-ville d'Épinay comme une banane géante en béton au milieu de la ville, avec des habitations et un Leclerc pour ses habitants et des commerces cassés, à l'abandon.

Autour, au-dessus, en dessous et en face, des millions de tonnes de matériaux lourds, sables, graviers et ciments, de matériaux de construction finis (charpentes métallique), d'emballages (papier, palettes), ou de certains composés chimiques dangereux. Le port de Gennevilliers, le premier port fluvial français, pour le trafic de marchandises semi-finies non périssables. Et en face du port : Argenteuil et son ancien foyer Sonacotra, littéralement construit sous l’autoroute, qui devait servir de centre d’entraînement aux pompiers et aux forces de l’ordre en attendant sa démolition, et qui, aux dernières nouvelles, était occupé par deux cents Roms. Un Sonacotra sous l'autoroute A13, avec la vue sur le port de Genevilliers et ses montagnes de charbon. Les jours de pluie, une cascade mêlée de canettes, de mégots, de petit cailloux, s'écroulait d'une dizaine de mètre, directement des ponts de la pénétrante sur le toit du bâtiment. Le regard de la voie rapide débordait sur la barre marron, mais à peine étions nous aperçu, avec notre peau blanche de visiteur craint, que l'on refermait instantanément les volets. En été, on arrangeait les pieds des pilles en béton pour pic-niquer mais, en hiver, on s'en servait comme d'un tremplin pour jeter ce que nous avons vu au travers de l'eau : un tambour de machine à laver, une mobylette, l'arrière d'une voiture et son pot d'échapement. Une petite barre à flan de coteau, une existence inavouable, une barre tapie sous une autoroute et remplie de vies cachées, de commerces ensevelis, d'échanges et de trajets jugés comme légitimes ou illégitimes par l'autoroute et sa guirlande de passants, qui surplombait et dominait tout ça sans même le savoir.

L'ambiance était à l'ignorance pluvieuse. L'ambiance était couverte de postillons de béton, l'ambiance était celle d'une cuve à laitance, l'ambiance était pétrifiée, et les flaques d'eau avaient un fond blanc et leurs abords était glissants et escarpés. Des petites strates grises s'amoncelaient les unes les autres pour venir recouvrir les tuyaux, les pieds de métal, le sol et on finissait par penser que tout ça était impossible.

Généralement, on arrêtait la croisière ici, et on retournait vers Villeneuve-la-Garenne et son grand blanc, la Caravelle, immeuble de 385 mètres de long, sans balcons, 10 étages, 15 500 m2 au sol, 1630 logements, un peu moins de 6 000 habitants. Et de Villeneuve à Asnières en repassant par Gennevilliers, rien que des barres, des blocs, des tours, sur des dizaines de kilomètres. Et en haut des marches de l'escalier de service, au treizième étage d'une tour des Mourinoux (Asnières 92600), je lui touche pour la première fois les seins. Elle a déjà de vrais seins et moi, je n'étais jamais monté au treizième étage. Une grande gigue toute en nichons que j'ai perdue à jamais dans ces barres qui s'étirent des 4 routes au Luth jusqu'à la pointe sud de l'île Saint-Denis et de ses tours aux deux Marcel, Cachin et Paul. Et puis on retrouvait un pote :

- Je crois que j'ai fait une connerie
- Combien tu l'as payé ?
- Mille Quatre.
- Mais t'as de la thune en ce moment, tu bosses ?
- Ouais, ouais, les missions de Latrime, mais bon, c' que j'aime pas c'est d'être immatriculé, ce truc là, administratif, j'ai pas l'habitude, j'aime pas ça.
- Mais c'est quoi ? c'est un 50 ?
- Ouais mais avec une carrosserie de 125, je monte a 60, j'ai l'impression d'avoir fait un bond technologique de quarante ans, t'entend pas le bruit du moteur, ça n'a plus rien à voir avec ma vieille (...)

-T'es sûr que c'est par là ?

On les voyait s'engager dans ce couloir buissoné, une route extraordinairement étroite comparée à l' immensité vers laquelle ils étaient guidés, conduits, envoyés, perdus. Je peux voir les détails du bord de la route, je peux voir la commissure caillouteuse entre la rambarde de béton et la route, les pousses jaunes sur la bande d'arrêt d'urgence, je vois que les traits blancs sont amoindris, presque effacés, je n'ai jamais vu ça aussi doucement, je n'ai jamais vu ça d'aussi près. Ils sortirent de l'étroit chemin buissoné et le conducteur roulait à l'extrême droite, avec une prudence absurde, une prudence de hérisson.

- Qu'est ce qu'on fait ?
- Je sais pas, on n'est pas du tout à la bonne échelle.
- Ça craint là, on va se retrouver sur ...
- Avance, bordel

La route est rainurée, le soleil partout, les pare-brises et les rétroviseurs comme des multiples du soleil, du jour partout, fusées de phares multiples, soleil partout ; le ressac, une houle, de grosse vagues scintillantes et puissantes, des scintillements partout, comme des petits soleils de lundi partout, les vagues nous dépassent trop vite, les reflets partout, la grosse vague derrière, elle arrive de loin, c'est une grosse vague berline brillante, j'ai jamais vu ça d'aussi près.

- Ils nous font des appels de phares.
- Qui ?
- Ceux-là ... celui-là qui vient de passé, ils nous a fait des appels de phares.

Ils arrivèrent sur une route plus large, avec possible échappatoire ou possible arrestation, un pont leur faisait face, une route montante, un long et rond virage à droite, un grande voie droite en face d'eux, un plus court canal vers la gauche, un pont piéton qui double le premier pont ; et les deux grandes autofilantes sur la gauche, derrière les rambardes elle est juste là, à côté de nous, je peut la voir comme si j'étais debout sur la rive, je vois défiler toits et galeries, j'entend les sifflements, on lui tourne autour tourne autour tourne autourne tour.

- Gêne moi pas avec ton bras.
- C'est bon, on n'est pas encore dessus.
- Gêne moi pas faut que je vois dans le rétro
- Mais je fais rien là . Va à gauche, à gauche, là
- Ton bras, faut que je me concentre, ça craint là, faut pas qu'on prenne...
- À gauche, là-bas, c'est les panneaux verts, faut suivre les panneaux verts, les bleus c'est...
- Faut pas déconner là, faut que je me concentre.

Les autres passaient. Accélération et oeillade. Passaient. Accélération et oeillade.

- C'est vraiment un sacré putain de merdier, je sais pas comment on sort de cette saloperie.
- Enlève ton bras.
- C'est bon on est pas encore dessus, t'inquiète.
- Mais faut pas déconner là, comment on sort de ce machin ?
- Le truc c'est qu'on est embarqué là, je sais pas comment on va retrouver l'autre côté. Il fait encore plus chaud, ici, c'est comme le bord d'un fleuve, la végétation, mais encore plus chaud, le bord chaud d'un fleuve dangereux. C'est ce que je te disait : c'est notre Mississippi, ça.
- Attend, faut que je me concentre, là, faut pas déconner, ça craint putain, c'est hyper dangereux.

Il avait une façon de dire dangereux en détachant chaque syllabe - dan-jeu-reux - et l'autre parlait plus fort et plus rapidement, mais tous les deux avait l'impression de s'entretenir avec des mots ralentis, dilatés. Une conversation normale dans un milieu rapide devient une conversation lente, une messe basse, un culte crapuleux. Le scooter n'avait pas la puissance pour tirer deux personnes, le scooter était à la moitié de sa puissance. Le scooter n'a rien à foutre sur le fleuve.

Ils étaient saisis par les multiples directions qu'offre la banlieue nord. Impossible de retrouver leur chemin au milieu d'une fluidité qui exige un apprentissage, une initiation ; ils était partis en promenade dans ces endroits où personne ne se promène, où tout le monde connaît le chemin.

- Putain mais c'est infernal, ce nœud, c'est impossible de savoir où on est, putain c'est l'autoroute là, on va sur l'autoroute.
- Mais non, c'est après les panneaux verts, prend la gauche là, prend la gauche je te dit.
-Ton bras ! faut que je voit dans le rétro, quelle putain de merde.
- Un camion derrière, je le sens dans mon dos, le camion derrière mon dos.
- Oh putain c'est trop flippant
- L'enculé de camion, quoi, l'enculé de son klaxonne, celui-là, y voit pas qu'on est perdu ?
- Arrête, faut que 'me concentre
- L'enculé t'as senti le souffle, c'est comme si ...
- Je fais quoi , là ?
- Je sais pas moi.
- Centre ville ?
- Non, c'est centre ville par l'autoroute, y a le dessin de...
- Alors je fais quoi, là ?!
- C'est centre commercial, c'est ça, prend centre commercial.
- Là, t'es sûr ?
- Vas-y centre commercial. Prend le tunnel centre commercial
- Baisse toi.

Ils coupèrent la bande blanche, à l'endroit du grand virage qui emmène vers la mer, la route était devenue vide et ils coupèrent la bande blanche continue pour s'échapper par l'entrée du parking du centre commercial.


Bonjour,

Bonjour,

Je m'appelle Gwyneth Bison et je vais me faire un sphérique une baudruche un ballon à l'hélium à l'air chaud au gaz une enveloppe honteuse noire et informe une boule de pus flottante un glaviot des corons en suspension je faire me faire un Z que je pourrait balader au bout de mon bras le futur l'exposition universelle de mon garage la monumentale au coin de ma rue je vais décentralisé Orly fini la promenade c'est l'heure de la météo et ils annoncent la tempête en plein jardin flottant pas haut la taille d'un cabanon cinq mètres grand max piqué dans le sol solidement lié aux battons qui tuent les vampires.

Les aéroports vont chier dans leur froc.

Je relance la nouvelle mode de seconde main gravitation et pesanteur explication pour les familles j'ouvre dès demain la section parisienne des amis du ballon libre mon zélé servira d'exemple de point de départ pour la défense du beaucoup plus léger que l'air je prédit 933 000 ascensions plus qu'il n'y jamais eu de 1er mai récupérer du caoutchouc de la toile de spy du tissu étanche je le peint à la bombe noir mat hot rod des nichons et des paillettes une flopée d'assistantes cette grosse oie d'ébène en plein ciel par dessus les chaumières d'amiante un truc bouffi pas croyable une enflure les côtes qui pendent les poignées d'amour poussent au crime il flottera le vent pour lui seul la vue pareil il se plaindra qu'on le trouve moche gluant mou mais je lui dirait t'inquiète t'es le plus beau t'es unique ya que toi qui vaille je t'aime ma balle mon ballon ma bodomie mon bombé ma bille noire mon bistre mon binaire mon bisou ma borde ma balluche mon basilic ma basterne mon boche ma broigne mon bougre ma boulla mon bourdon ma bielle ma bigue mon bleu ma bulle mon biffe mon beurre mon billon mon bicho toi et moi c'est pour la vie fouetté à coup de pelle les doigts dans les yeux toi et moi c'est dans l'au-delà je vais te faire une petite caisse pour te ranger au chaud bien lisse bien douce on verrat pas les vis ma boule en l'air mon poumon ma promenade je déploie ma tache je fais la pieuvre l'octopus je trou le trou perfore la voie lactée j'ai le droit je fais flotter je touche à rien j'abîme pas les jardins je me prend un bout du vent rien de rond mon ballon plutôt flasque et saucisse d'inspiration pâte à pizza un vrai raviolle chinois l'effet de sphère c'est pas le but je suis pas publicitaire l'enseigne c'est pour les sages les boules à mites le projectile l'aérostat le ballonnet le ballon sonde en pleine basilique j'entrave pas tes codes tes codes flou de la réglementation des choses qui flottent l' administratif fumant moi mes oiseaux mes commères mes ragots c'est que du sifflé du gazouillant pas de racine carré pas de racine du tout du pur jus XIXéme siècle je tords la technique j'ai le droit je fais flotter je touche à rien j'abîme pas tes jardins je me prend un bout du zéphyr je suis un obstacle mobile et ma hauteur est incalculable je suis légal je suis officiel. Allons enfant de la patrie le jour de gloire n'arrivera pas,

au revoir

Je m'appelle Melissa confuse

Je m'appelle Melissa Confuse et je vient de regarder passer le journal de 13h. Maintenant, c'est l'heure de la météo et le présentateur ressemble à une sorte de ministre de l'intérieur sous DMT qui semble être l'exact mélange entre un scolastique mordu par un renard héraldiste, un étudiant ingénieur réseaux spécialiste conformité, un négociateur de valeurs engagés par une banque quelconque et un C.R.S millénariste :

" (...) et maintenant, tour d'horizon des températures qui arrivent :

Au nord du pays, je vis : À de gueules à la Grosse Cloche d'argent maçonnée de sable, surmontée d'un léopard d'or et posée sur des ondes d'azur mouvant de la pointe et chargées d'un croissant d'argent ( Il pointe Bordeaux) les températures réduiront leur recommandation de "surperformance" à "sous-performance" avec un objectif réduit à 1,70 degré contre 39 degré précédemment. Vent de force 41 à 47, grêlons partout sur la CUB, les dépressions continues ou circonstancielles se déplacent, le Mal des Ardents est sur Nous. À 15h03 : AUGMENTATION DE CAPACITÉ DU PARIS-BORDEAUX : afin de finir l'augmentation de capacité sur la boucle sud, nous allons procéder à des coupures tronçons par tronçons (Paris, Orleans, Tours, Poitiers, Bordeaux) pour permettre l'activation de longueurs d'onde à 10G. Aucune pertubation ne devrait être percue.

Et je vis : À de gueules au lion rampant armé, lampassé d'argent au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or ( Il pointe Lyon dans un grand geste compliqué) les températures s'adjugent 2,44 degré après deux séances consécutives de repli. L'air chaud se dilate et le Vent de noroît force 64 s'élève. Terre défaite semble stagner dans les montagnes Ventripotentes et l'année prochaine s'annonce difficile par gros temps. Le programme des grandes réalisations n'est pas remis en cause. De 13h33 à 14h01: En raison d'une panne électrique, le site de Décines sera isolé durant environ une demi-heure, notre hébergeur investiguera afin de déterminer la cause de cette panne. Pour une raison encore indéterminée le service non dégroupé sera fortement perturbé. Nos équipes seront en relation avec le support de l'opérateur historique pour rétablir au plus vite les problèmes d'authenfication.

Et ils pleureront : À Parti au premier d'azur à trois fleurs de lys d'or, qui est de France, au deuxième d'hermine plain, qui est de Bretagne ( Il pointe Brest et marque une pause en nous regardant dans les yeux ) les températures relèveront leur recommandation de "sous-performance" à "achat" avec un objectif de cours relevé de 9 à 15 degrés. Vent de force 7 à 8, terre miroir. Soyez très attentif à ce qui vous guette. Vous risquez de subir un phénomène de pénurie, c'est pourquoi nous vous conseillons de continuer à lancer des programmes en blanc. De 00h00 à 06h00 : dans le cadre d'une réparation des fourreaux de fibres endommagés dans les égoûts de Brest, une opération de maintenance aura lieue cette nuit. Ceci occasionnera des perturbations dans le réseau ainsi que des coupures pour certains sites en dégroupés du nord de Brest.

Réjouis-toi : À d’azur semé de fleurs de lys d'or, à une tour d’argent sommée d'une autre tour du même brochant sur le tout, maçonnée et ajourée de sable, posée sur une rivière aussi d’argent mouvant de la pointe ( Il pointe Niort et déclame ses blasonements) les températures font un bond de 10 degré, avancent de 1,54 à 46,81 degré. L'avis est partagé par les politiques, les techniciens et les chefs d'entreprises : le territoire résiste plutôt mieux que d'autres . Tourbillon et éclairs. Terre en feu de forêts. À 23 h : Le service en dégroupage sera perturbé sur une partie des sites de Sainte-Pezenne et Trévins en raison d'un problème électrique de résolution.

Au nord-est du pays, je vis : Les températures ont relevé leur recommandation de neutre à surperformance avec un objectif de cours relevé de 40,40 à 54,20 degré pour ( il pointe Toulouse avec son index comme s'il nous montrait l'invisible) de gueules à la croix cléchée, vidée, pommetée d'or de douze pièces, sur une vergette du même, accompagnée en pointe d'un agneau passant d'argent, la tête nimbée, contournée, brochant sur la vergette, la croix accostée à dextre d'un château d'argent, et à sénestre d'une basilique du même, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or et pour ( Il pointe Angers. Il porte un collant vert et une chemise blanche à jabot) de gueules à la clef en pal d'argent, au chef d'azur chargé de deux fleurs de lys d'or. Vent de force 9 à 17. De là à penser que les gouttes enflammées épargneront notre secteur par miracle, personne ne s'y risque. À 15h11: COUPURE ENTRE TOULOUSE ET SAINT SULPICE : en raison d'un incident survenu aux alentours de St Sulpice, la majeure partie des sites du Tarn seront isolés. La société en charge de la maintenance du réseau identifiera le point de coupure et resouderas certaines fibres afin de rétablir le service. Le nombre de fibres impactées par la coupure étant important, aucun délai de rétablissement n'a pu encore nous être communiqué.

Et j'entendis : De gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l'antique d'or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d'or S et M; au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or ( il pointe Limoges en se donnant l'air important de quelqu'un qui pense fabriquer l'Opinion) se repli de 58 degré Celsius le matin et à 21 l'après-midi. Terre calme, la morosité ne s'étale pas sur la place publique. Nuit du 3 au 4 aout : MIGRATION ÉLECTRIQUE À LIMOGES : une modification électrique est planifiée sur le routeur. Pendant l'opération, les abonnés de Limoges et sa région seront isolés.

Et je vis : À De gueules au chef parti, au premier d'azur semé de fleurs de lys d'or, à la bordure componnée d'argent et de gueules, au deuxième bandé d'or et d'azur, à la bordure de gueules, la croix de la Légion d'honneur appendue au chef, (il pointe Dijon en faisant un entrechat.)
Et à De gueules au palmier terrassé de sinople, au fût duquel est attaché par une chaîne d’or en bande un crocodile passant contourné aussi de sinople, colleté d’or, surmonté des inscriptions COL à dextre et NEM à senestre du même, les branches du palmier soutenant au quartier dextre une couronne de lauriers liée d’or (il pointe Nîmes) une variable de 32,4 degré le matin et 51,8 degré l'après-midi produit un bond de 19,4 degré sur des rumeurs de prise de participation par un investisseur. Vent de force 12 à 15. Tremblement de terre. Nuage de sauterelle, de quoi nourrir pessimisme et fortes inquiétudes sur l'avenir. À 3h00 : dans le cadre d'une augmentation de capacité future, une mise à jour matérielle aura lieu sur le point d'accès. Tous les services dépendants risquent d'être perturbé pendant environ 1h durant cette période.

Et je vis : À ( Il prend une position radicale, jambes écartées et bras en croix et il enfile une capuche noire et un masque de ski ) Paris et sa région ( il semble qu'il arrête avec les blasonnements) , les températures réduisent leur position de neutre à vente avec un objectif de cours ramené de 17 à 14,8 degré . Terre plate et sécheresse sur une note négative. Soleil brûlant sur les 133 000 m2 d'implantations d'entreprises dans nos huit villes. Tendance nerveuse. À 15h00 : COUPURE DU LIEN PARIS-WASHINGTON : Notre fournisseur sur ce tracé sera en train de reparer. Pendant la coupure, le trafic sera basculé sur des liens de secours. À 06h00 : OPÉRATIONS SUR SARTROUVILLE : impact Val d'Oise + Yvelines. Des fibres doivent être déplacées dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, ceci provoquera 1h30 d'interruption de service sur Maison Lafitte et Chanteloup les Vignes avec pour impact la coupure du service, ainsi que les liaisons Paris-Rouen, l'ensemble du trafic de l'ouest de la France sera donc re-routé par Nantes-Bordeaux, aucun impact à prévoir hormis la latence dans la plage horaire indiquée. Bondy éclatera en morceaux, tandis que la Caravelle de Villeneuve la Garenne et les 4000 de la Courneuve décolleront enfin pour le sagittaire, laissant ses mille et mille habitants catapulter des voitures brûlantes sur plus de mille stades à la ronde. À 11h00 : INCIDENT MAJEUR : en raison d'une defaillance electrique les services seront fortement perturbés. Une intervention d'urgence sera en cours pour resoudre cet incident au plus vite. Les fureurs du nord, poussées par les vents contraires, descendent sur le week-end du vingt-six. À 16h30 INCIDENT SERVICE DANS LE 93 : Un problème sur le réseau optique dans une partie du 93 affectera le service des sites de Bobigny, Bondy, Daumesnil, Montreuil, Rosny et Villette. La société de maintenance en charge du réseau du 93 nous indiquera que des travaux à proximité de nos fibres ont eu lieu et impacterons celles-ci, une intervention d'urgence sera en cours pour resoudre cet incident au plus vite. À 06h00 : des travaux de genie civil nous obligeront a devier nos fibres. Le service non dégroupé sera fortement perturbé, nos équipes en relation avec le support de l'opérateur historique rétabliront un service normal après analyse du problème. Victoire, Guerre, Famine, Mort, Épée, Faim, Peste, Fauves, Tremblements de terre, Éclipses, Étoiles filantes, Tempête, Grêle, Feu, Sang, Masse embrasée, Globe de feu, Vents de sable, Astre, Sauterelles, Scorpions, Chevaux de guerre. À 06h30 : INTERRUPTION DU SERVICE POUR MAINTENANCE : Durée prévue: environ 30minutes. À 18h20 : INCIDENT SERVICE DÉGROUPÉ SU CRÉTEIL : En raison d'un incident sur le réseau optique dans le site Créteil dont les reponsabilités ne sont pas encore déterminés, le service dégroupé sur Créteil sera coupé. Une équipe se déplacera pour résoudre le problème et investiguera sur les causes de cet incident. Entre 15 et 18 h : une défaillance sur un equipement causera des perturbations (pertes de paquets, augmentation de la latence) sur les services degroupé. Feu, Fumée et Soufre vomis par la bouche des chevaux. À 20h : UN PROBLÈME DE CLIMATISATION SUR LE SITE TECHNIQUE. À 13h55 : FIN DE L'INCIDENT SUR COLOMBES : la coupure fibre sera identifiée par l'équipe de maintenance de notre fournisseur, la continuité optique rétablie, tous nos services seront de nouveau opérationnels sur Colombes. Entre 6h et 9h : une defaillance electrique sur l'un de nos sites de collecte non degroupé causera des perturbations de connexion durant cette periode. Le service sera rétabli a 9h. À 4h00 : PROBLÈME DANS LE 77 : un problème de fibre entre notre site de Lognes et le coeur du réseau parisien causera des soucis pour les 50 heures et accès gratuit. Le service sera rétabli.

Au Sud du pays, j'entendis : À De gueules à la fleur de lys florencée d'argent ( il pointe Lille et semble reprendre ses blasonnements pour de bon) des températures en forte hausse après leurs point d'activité, entre 34,67 et 42,56 degré. Rebond le matin mais la situation s'avère fragile : inondations, rupture de canalisation, vent de force 18 et terre agité voire défaite. Clameurs, Tonnerres et de nouveau Tremblement de terre. À 17h INCIDENT À DUNKERQUE : Une coupure de cable entre Gravelines et Bergues impactera de nombreux opérateurs. Dunkerque sera isolé, et les abonnés de ce site n'auront plus de service. La réparation est prévue dans la nuit. on ne peut dire aujourd'hui quels seront ses effets maximum, ni déterminer sa durée.

Et je vis : À de gueules au château donjonné de trois tourelles d'argent, celle du milieu plus haute et couverte, ouvert, ajouré et maçonné de sable, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or ( il pointe Castelnaudary et essuie son front) ; les températures stagneront aux alentours des 23,45 degré., vent de force infinie, en dépit de toutes ces calamités, les hommes, certes non, ne s’étaient pas repentis de leur idolâtrie coupable. À 3h00 : nous procéderons à une maintenance sur notre lien de transmission Bayonne-Pau. Les abonnés degroupés de Pau seront isolés pendant l'opération, un gros volume de stockage sera paralysé.

Et je vis : À parti d'argent et de sable ( Il pointe Metz), les températures s'acheminent vers une hausse timide entre 26,7 et 26,9 degré. Le Dragon transmet son pouvoir à la Bête. Vous rejoindrez, pendant un instant, ceux qui partagent un optimisme prudent sur ce territoire passionnant, dont les capacités de développement sont incontestables. À 5 h : En raison d'une défaillance d'un équipement de notre fournisseur de transit sur la ville, la ville sera isolée durant cette période. Entre 08h00 et 10h00 : dans le cadre d'une maintenance préventive, nos équipes interviendront sur les troncs de collecte. Cette maintenance provoquera des déconnexions pendant cette période sur les sites de Woippy et Saint-julien-lès-Metz.

Et je vis : À d'argent à la croix d'azur ( il pointe Marseille et se courbe) ; les températures pèsent lourdement sur le secteur 8,8 degré le matin et 47,5 l'après-midi. ++apocl??+++++À 4h : TRAFIC PERTURBÉ : en raison de probleme de transmission chez l'un de nos fournisseur les connexions sont fortement perturbées sur les villes d'Orange, Mandelieu la Napoule, et Toulon. Une équipe intervient acutellement pour résoudre ce problème au plus vite. ( il bondit et hurle) À 16 h : PERTURBATION DE TRAFIC : les nouveaux équipements assurent les montées en charge du réseau, les problèmes de trafic seront donc en voie de résolution. Nos équipes resteront vigilantes et continueront de procéder à des tests (certaines maintenances pourront éventuellement provoquer des déconnexions si nécessaire).

Au sud-ouest du pays, je vis : De gueules à la salamandre d'argent couronnée d'or sur un brasier du même, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or, au franc-canton cousu de sable chargé d'un lion d'or armé et lampassé de gueules, ( il pointe Le Havre en tordant son index comme un crochet de boucher ) surperforme son secteur : 18, 44 le matin et 49,36 l'après-midi, vent de force 39, 16h14 : COUPURE ÉLECTRIQUE, LE HAVRE : Suite à une coupure électrique les services pour les dégroupés seront interrompus. Nous préconisons une approche prudente sur les actifs risqués. On est entré dans une phase, qui va durer entre deux et quatre trimestres, où la divergence des vues et des avis va être très forte. Donc il va falloir choisir son camp. La volatilité risque d'être très forte.

Et je vis : À d'or aux trois roses de gueules ( Il pointe Grenoble), une baisse des capacités de 5 degré et du trafic de 6,4 degré ainsi qu'un coefficient d'occupation de 80,3 degré. Terre agitée toute la journée avec tsunami et prévisions tranchées. 13h00 INCIDENT SUR SEYSSINS : Un incident se produira suite à des travaux aux alentours de Seyssins, isolant ainsi ce site. L'équipe de maintenance du réseau du Conseil Général sera sur place à 13h45 afin de procéder à une réparation dans les plus brefs délais. Fin de l'incident prévu à 16h35. Les fibres dans le fourreau arraché seront ressoudées. On observera des comportements agressifs chez certains utilisateurs qui exerceront une forte pression, S'en suivra un mouvement de dépréciation, puis, une phase de stabilisation s'organisera en bon ordre autour de la moyenne mobile à 100 jours (tracée en orange). Ce niveau, qui a déjà fait ses preuves fin mars, devrait être assez puissant pour susciter une réaction au moins d'ordre technique dans un premier temps.

Et je vis : À d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à la croix de gueules brochante sur le tout ( il pointe Reims avec ses deux mains jointe) il faut travailler avec des scénarios qui dépendent de l'horizon de prévision : les temprératures seront de 25,12 degré le matin et 59,34 degrés l'après-midi. Vent de force 29. 15h45 : INCIDENTS ÉLECTRIQUES SUR LE SITE DE NOGENT-L'ABESSE : en raison d'un problème électrique sur le site de Nogent-l'Abesse, tous les sites dépendant seront isolés. Un ticket sera ouvert auprès de notre hébergeur afin que le rétablissement soit le plus rapide possible. 19h00 : Le service sera rétablie de manière provisoire après identification du problème électrique, nous mettrons en place un groupe électrogène afin de pallier la défaillance électrique liée à un problème "administratif". 22h00 : le site sera rétabli dans sa configuration normale.

Et je vis : À de gueules au saule d'or étêté, ayant six branches sans feuilles, trois à dextre, trois à senestre ; au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or (Il pointe Montauban) de 26 à 49 degrés, terre agité à très agité, tremblement de terre suivit de famine.

Et maintenant, le ciel de demain et dans les siècles des siècles :

Éclairs et nuage de fer sur la majeure partie du pays, rencontre des neiges immédiates en pleine prairie. Les stations balnéaires d'Aix, d'Amélie les bains, du Boulou, de Balaruc, en passant par Etuz et Plombière, disparaîtrons. Celles de Néris, Oriol, Pougues, Saint-Pol-de Léon, Saint-Lunaire, Veulettes et Vittel, bouillonneront les estivants en bain d'huile de saison. Les sept trompettes et l'imminence du châtiment fatal seront partout sur le Languedoc. Les côtes flottantes subiront le temps du chardon austère, les Achillées pousseront dans chaque jardin invisible, feu et fumée nébulé sur le tout, le soleil ne se couchera plus. Prudence sur les routes car Bison Futé organise le terrible combat de l'Ange Déchu, voyant se réunir entre Blois et Orléans, les Barbares Récitateurs qui bouchonnent la brusque montée des eaux. Faîtes vos listes d'antipape, Il arrive pour remplir la terre de crime et d'impiétés. Demain, nous serons le 26 décembre.

Le proverbe du jour : Fille fenêtrière, rarement ménagère.

Nous vous souhaitons, contre l'En-Dessous Triomphant, une très bonne soirée en compagnie du commissaire. "

Là, commence un générique défilant, qui disparaît dans l'espace et les étoiles, tel Le Chemin. Une musique proche de la fanfare des chasseurs de sangliers du château de Saint-Fargeau explose bruyamment dans la salle télé, qui est aussi la salle fumeurs et qui est pleine d'une seule table, de quelque chaises, de trois fumeurs et d'une télévision noire. Il y a une grand baie vitrée qui donne vue sur le jardin en travaux. Une mini pelleteuse excavatrices 4 cylindres, avec Hard-top et cabine chauffage, est posée sur une montagne de terre retournée orange et jaune, et la terre est presque collée contre la vitre de la taille d'un mur qui reflète aussi le fameux générique de fin de notre météo apocalyptique :

" Nous avons , pour la fête du 14 juillet à venir, réuni les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, le préfet de police de Paris, les préfets des zones de défense de Lille, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes ou encore Metz pour anticiper des phénomènes. Nous avons ainsi demandé à ce que le dispositif de sécurité soit renforcé sur l'ensemble du territoire. Dès la nuit dernière, 36 unités de forces mobiles ont été mobilisées et 34 000 policiers et gendarmes ont été déployés. Mardi, les effectifs monteront en puissance pour atteindre 75 Compagnies républicaines de sécurité et escadrons. Au total, pas moins de 40 000 hommes seront sur le ­terrain sur l'ensemble du territoire. Les transports en commun d'Ile-de-France seront particulièrement surveillés. Par ailleurs, nous avons demandé aux préfets de travailler avec les élus locaux afin que ces derniers mobilisent leur police municipale, prennent toutes les mesures préventives utiles et veillent aux conditions de sécurité dans l'utilisation des feux d'artifice. À ce titre, nous avons interdit la vente de certaines catégories de mortiers. Enfin, un poste de commandement opérationnel spécifique est actionné pendant 24 heures au sein du ministère de l'Intérieur."

On se regarde un instant, en levant les sourcils pour manifester une certaine perplexité, l'air de dire : " on vit vraiment une époque troublée" et puis on change de chaîne pour regarder un jeu. Je tripote mon ballon avec mon pouce, préalablement humidifié. Je lui imprime de régulières pressions sur l'embouchure, en étant persuadé de créer un effet ventouse inversé, comme dans une sorte de bouche à bouche du pouce et je pense qu'ici même, sur cette terre, il doit bien être possible qu'un jour, à un moment donné, une succion deviennent une expiration, et que, dans une inversion diabolique, on puisse faire que notre ballon respire.

Cette semaine,

Cette semaine, ils célèbrent une sorte de code, un nombre à plusieurs centaines de chiffres. C'est un code inviolable qu'ils ont commandé spécialement pour le Conseil et qu'ils viennent de recevoir. Ils ont acheté ce nombre à un cryptographe pour une montagne de fric et la clef publique du code c'est le mot : Discret. Le nombre défile en continu dans la salle du conseil sur un panneau vertical qui rappelle un totem électronique de foire agricole et nous le voyons aussi passer sur la bande d'habillage noire au bas de notre écran de télé :

Douze mille trois cent quarante-quatre sesquinquagintillions cinq cent soixante-six mille sept cent soixante-dix-huit quinquaquinquagintillions neuf cent six mille quatre cent quarante-trois quattuorquinquagintillions trois cent quarante-cinq mille trois cent quarante-six tresquinquagintillions cinq cent cinquante-six mille cinq cent quarante-six duoquinquagintillions sept cent soixante-dix-sept mille sept cent soixante-dix-sept unquinquagintillions sept cent soixante-six mille six cent cinquante-cinq quinquagintillions quatre cent trente et un mille cent vingt novenquadragintillions huit mille huit cent quatre-vingts octoquadragintillions sept cent soixante-quatre mille quatre cent trente-trois septenquadragintillions deux cent trente-quatre mille quatre cent cinquante-quatre sesquadragintillions six cent soixante-sept mille six cent quarante-sept quinquaquadragintillions six cent soixante-dix-huit mille sept cent quatre-vingt-sept quattuorquadragintillions quatre cent trente-trois mille quatre cent onze tresquadragintillions deux cent trente-trois mille quatre cent cinquante-six duoquadragintillions six cent soixante-dix mille huit cent neuf unquadragintillions soixante mille cinq cent quarante-trois quadragintillions deux cent douze mille cent quarante-quatre noventrigintillions cinq cent soixante-sept mille sept cent quatre-vingts octotrigintillions neuf cent huit mille soixante septentrigintillions cinq cent quatre mille trente sestrigintillions deux cent un mille vingt quinquatrigintillions trois cent quatre mille cinquante quattuortrigintillions six cent cinquante mille six cent sept trestrigintillions quatre-vingt mille trois cent quarante-quatre duotrigintillions cinq cent cinquante mille deux untrigintillions vingt mille deux cent deux trigintillions quarante-cinq mille cinq cent soixante-six novemvigintillions sept cent soixante-dix-huit mille huit cent soixante-quatre octovigintillions trente mille quatre cent cinq septemvigintillions soixante mille trois cent deux sesvigintillions trois cent cinq mille neuf cent soixante et un quinquavigintillions deux cent trente-quatre mille quatre cent cinquante-cinq quattuorvigintillions six cent soixante-sept mille huit cent soixante-dix-huit tresvigintillions neuf cent quatre-vingt-sept mille six cent soixante-seize duovigintillions six cent soixante-dix-sept mille six cent cinquante-six unvigintillions cinq cent soixante-cinq mille cinq cent soixante-quatre vigintillions quatre cent cinquante-cinq mille six cent soixante-six novendécillions cinq cent quarante-trois mille trois cent vingt-deux octodécillions trois cent quarante-quatre mille cinq cent soixante-sept septendécillions huit cent quatre-vingt-neuf mille quatre-vingt-dix-huit sedécillions sept cent soixante-cinq mille six cent soixante-dix-sept quinquadécillions huit cent quatre-vingt-neuf mille neuf quattuordécillions huit cent quatre-vingt mille tredécillions quatre-vingt-dix-huit undécillions huit cent quatre-vingt-sept mille sept cent soixante-six décillions six cent cinquante-quatre mille quatre cent trente-trois nonillions deux cent vingt et un mille cent onze octillions cent onze mille cent onze septillions cent mille sextillions neuf cent quatre-vingt-huit mille sept cent soixante-seize quatrillions six cent cinquante-cinq mille quatre cent trente-trois trillions trois cent vingt-deux mille deux cent trente-quatre billions quatre cent cinquante-cinq mille six cent soixante-seize millions sept cent quatre-vingt-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix.

Évidemment, personne ne posera jamais de question au Conseil sur ce numéro codé. On laissera tourner la télé en parlant d'autre chose. On remarquera quand même qu'au bout d'une semaine à célébrer leur nombre, les membres du Conseil deviendront très sales. Ils auront les ongles noirs et leur maquillage anti-reflet tombera en plaque sur le sol. On entendra aussi des gémissements de femme. Mais nous, on ne pourras jamais sortir de notre chambre après 22h. Un couvre-feu qui voudra solennellement déclarer l'importance du Conseil — et c'est tout, car jamais personne ne sort après 22h.

Fume ta clope











Fume ta clope
Fume ton volant
Fume ton marteau
Fume tes bagues
Fume tes ongles

Fume ta bouche
Fume ta vitre
Fume ton pull
Fume tes pieds

Fume ton grec
Fume tes pieds

Fume ton frère
Fume ton trajet
Fume ton voisin
Fume tes yeux

Fume ton taxi
Fume ta facture
Fume ton chaos
Fume ton proprio

Fume ton interminable discussion
Fume tes mots

Fume ton trottoir dans la joue
Fume ta manche

Fume toi
Fume

C'est un monstre

C'est un monstre, c'est grand, ça force, ça use, c'est toujours avec toi, c'est gris, ça met un certain temps pour agir, ça peut fêler son homme, c'est un espace qui se déplace, c'est là-bas que ça se passe, ça laisse des traces, c'est lourd, c'est enivrant, ça excite, c'est trouble, c'est du va-et-vient dans les yeux, c'est une impression de rotation, c'est troublant, c'est un transport, c'est rotatoire permanent , c'est périphérique ou central, c'est éblouissant, c'est accompagné de nausées, c'est une instabilité posturale, c'est un signal d'alerte, c’est la pièce qui tourne, c'est latéral, c'est de haut en bas, c'est de bas en haut, c'est d’avant en arrière, c'est d’arrière en avant, c'est la station debout instable, c'est du mouvement involontaire, c'est une sensation de corps instable, c'est accompagné de brouillard visuel, ça siffle dans ton oreille, c'est bref ou durable, c'est unique ou récurrent, c'est récurrent et spontané, c'est violent, c'est accompagné de vomissements et d'angoisse, c'est ta tête qui tourne, c'est paralysant, c'est une intoxication, c'est une sorte de folie furieuse, ça affecte tes organes de l'équilibre, c'est inquiétant et capricieux, c'est un tournoiement incessant, c'est une marche en rond, c'est vide et très attirant, ça laisse l’impression d’avoir été véritablement mort quelques instants, c'est sourd comme un coup de barre, c'est une émotion intense, c'est une aspiration à quelque chose, c'est très impressionnant, c'est rapide, c'est aux normes, c'est une situation banale, c'est un mouvement des corps, c'est armé, c'est peint, c'est construit, c'est cloué, c'est solide, c'est recouvert, c'est résistant, c'est les meubles qui tournent, c'est perpétuel, c'est arrangé, c'est disposé, c'est distribué, c'est assemblé, c'est structuré, c'est organisé, c'est installé, c'est une combinaison, c'est une superposition, c'est un plan, c'est un organisme, c'est multiple, c'est une foule, c'est un amas, c'est une pluie, c'est comme une jungle et parfois, je me demande comment je fais pour ne pas tomber.

1 octobre 2009

I. Le jour où on a eu un kangourou (1969 )


Jean-Marc. Voilà un fils de marchand de vin qui n'a jamais demandé de loyer en échange de notre présence et qui a toujours soutenu le caractère de déménageur de ma mère :

"Je suis arrivée un lundi, dans une maison où tous les meubles étaient recouverts de papier journal et de cuvettes d’huile de moteur. J’ai entrepris le grand changement. Je l’ai viré de sa chambre pour y installer Aurélie et toi. Sa table de salle à manger, trop grande et trop haute est devenue ton lit. Il manquait des fauteuils : j’ai pris des fauteuils de voiture, dans la casse dehors. J’ai séparé en deux son vaisselier pour faire un buffet bas et le haut me servait à ranger ma lingerie dans ma chambre. Le piano – qui ne marchait pas – a servi à fabriquer le « couloir » entre ta chambre et la mienne. J’ai installé ma chambre dans l’entrée de la maison. Après on entrait par la porte de la cuisine. Pendant ce temps là, Jean-Marc allait boire des coups, parce que cela lui faisait trop de changements. Mais il ne picolait pas trop, c’était drôle de voir sa tête quand il rentrait, parce que sa maison se transformait de plus en plus en « maison de fille ». Il arrêtait pas de dire : " alors, ça marche comme ça les femmes ? ça fait son nid ? »… Il comprenait pas que je vire les pièces de moteur qui trônaient dans le salon parce qu’il pensait que c’était de la déco et que ça apportait une touche « moderne »… Genre y a bien des sculptures comme ça ! Ensuite, on s’est mis, avec A., à coudre des coussins et des abats-jours en liberty (tissu à fleurs anglais) rose. On a fait des coussins pour le canapé, des housses pour les fauteuils. Pendant ce temps-là, Jean-Marc commençait à lire. On avait installé une bibliothèque à la place du piano dans le salon. Il a découvert Steinbeck, Les raisins de la colère, il faisait toujours le lapsus « les raisons de la colère ». "

Je pense que ma mère payait là, dans cet investissement décoratif et intérieur, une sorte de loyer à l'idée que Jean-Marc se faisait d'une maison. Un endroit où une biologiste travaillant chez Disney pouvait se saouler en discutant phase, neutre, terre et détrompeur avec la pire des races d'électriciens du monde. Un endroit où une scénariste de films d'horreurs pouvait négocier son scooter avec les patrons de la plus grosse casse du 78. Un endroit où une cinéphile pointue pouvait apprendre à changer un radiateur de R5. Un endroit où l'on pouvait entendre dire fils de pute et tressautement, en un mot : la communauté des n’importe qui.

Voici donc l'histoire du jour où on a eu un kangourou.

Les kangourous sont des êtres violents et stupides capables de faire douze mètres d'un seul bond . Ils ne pètent pas comme tout le monde. Ils ont une bactérie spéciale dans le ventre qui produit des pets à l'acétate au lieu de pets au méthane. Ils passionnent les grands écologiste radicaux qui font , dès qu'il le peuvent , la morale à tous les gens normaux qui pètent du méthane à effet de serre. Les kangourous ont tous mauvaise haleine, ils manquent absolument de psychologie. Ils sont ignorants et méchants. Ils mesurent un mètre quatre vingt et soixante dix kilos de viande entourent leur cerveau stérile. Ils ont une queue longue de un mètre, une queue qui pourrait mettre K.O un catcheur et qui leur sert de siège comme un tabouret de bar soutien un vilain poivrot. Bref, les kangourous sont des fils de pute tressautant.

Tout de suite, Falk et moi on a eu peur du kangourou. Avec son œil éteint et sa manière de vous sonder, la paupière mi-close , l'air de dire toi mon coco, fais pas le malin parce que je suis plus fort que toi en force , nous avons immédiatement reconnu en lui un démon abruti. Il était arrivé la semaine précédente, à l'arrière du camion du zoo qui se débarrassait de tous ses animaux. Ils assuraient même la livraison gratuite avec chauffeur :

- " Mais il est roux ? " demanda Jean-Marc
- " Bah oui, c'est un kangourou roux" répondit le livreur de kangourou
- " Ah ouais, j'ai toujours cru que les kangourou étaient jaunes, comme des labradors " dit Jean-Marc
- " Y en a , mais celui-là, c'est un roux " dit le livreur de kangourou.
- " Bon, ben, vous avez qu'a le sortir complétement qu'on le voit à la lumière " dit Jean-Marc.
- " Où on va le mettre ? " dit ma mère.
- " On n'as qu'a le laisser dans le jardin, comme le chien " dit Jean-Marc .

A l'époque, je mesurais, 1, 50 mètres. Je portais de grands shorts aux motifs fluorescents, ou alors des jeans-neige, avec des lapins dessinés dessus. En hiver, je mettais des moonboots, et le soir je partais souvent pisser dans le trou plein de ronces sur la gauche de la maison. Quand j'ai vu débarquer le morceau d'Australie, je me suis dit : " ça fait comme un poney mais un poney debout ". Falk le chien se mit en position soumise, queue entre les jambes, oreilles couchées, sûrement impatient de goûter le caca de notre nouvel ami rouquemoute qui ne pétait pas comme tout le monde. Ma mère se demanda où elle allait pouvoir ranger cette bestiole, et précisa que jamais ce grand machin ne serait autorisé à entrer dans la maison. Jean-Marc attrapa le bestiau et le mit provisoirement dans l'ancienne pseudo-bergerie, qui servait pour l'instant à stocker des cartons de plaquettes de freins. Au bout de deux jours, il était libre comme le chien, avec sa gamelle dehors et une couverture pour dormir.

Cette liberté causa deux grands problèmes :

Premièrement, je ne pouvais plus jouer normalement dans le jardin. Une nouvelle zone était apparue. Dès que je m'approchais du côté droit du jardin, l'endroit où venait finir la butte du chemin de fer, le kangourou, en deux bonds menaçant, venait me chasser de ce qu'il avait déterminé comme sa zone personnelle. Pas ouvertement bien sûr, les adultes, ceux qui le nourrissaient, pouvaient aller où ils voulaient. De toute façon personne n'allait dans le côté droit du jardin, il fallait passer entre une 205 sur ses jantes et une BX pourrie et ça n'avait aucun interêt, sauf pour moi qui voulait grimper la butte, et accéder à toutes les malveillances offertes par les infrastructures de la SNCF.

Deuxièmement, le kangourou déguerpissait régulièrement. Par exemple, il fallait aller le récupérer dans le jardin de nos voisins, affolés de le voir taper des bonds de douze mètres entre leurs pommiers. Ou alors sur le chemin de halage qui était un endroit de promenade populaire dans le quartier. Des familles venaient y pousser la poussette, des gosses rouler la pédale, Pépère planter l'hameçon, bref, dans son genre, l'ancien chemin de halage était une vraie promenade niçoise, or, un géant d'Australie qui s'incruste en bondissant par dessus tout ce joli monde, c'est plutôt du genre vilain-mal-vu-des-voisins. Un peu comme quand on a eu des oies et qu'elles sont parties chier partout dans les alentours, et qu'on a dû se taper d'aller nettoyer leur merde pendant trois samedi de suite, ou alors quand notre nouvelle chèvre s'est mis en tête de bouffer de la ferraille, et qu'elle a englouti le grillage qui nous séparait de nos deux pauvres voisins retraités, qui subissaient aussi ( les voisins retraités) l'allumage intempestif de tous les moteurs de toutes les voitures du jardin lorsque Jean-Marc décidait, en général seulement vêtu d'un Marcel, d'un slip, de deux chaussettes et de ses chaussures en cuir noir préférées, que nous habitions La Campagne et qu'il avait bien le droit d'allumer tous les moteurs de toutes les bagnoles du jardin.

Il avait une chanson :

Beaucoup de lumière haute ici
Aujourd'hui , il y a beaucoup de lumière haute par ici
Quel est cette route, Où suis-je venu ?
Je suis un homme riche,
Je suis un homme vraiment très riche.
Je porte un bon pantalon piqué et surpiqué.
Je suis en piqué.
Je ri dans votre visage
J'ai écrit des livres pour vous .
Je me suis retenu pour vous
Où est ma langue ?

Je ne suis non, plus un cheval de travail.
Je ne suis non, plus un cheval de travail
Je ne suis non, plus un cheval de travail
Je ne suis non, plus un cheval de travail

Je suis un cheval de prairie
Je suis un cheval de prairie
Je suis votre préféré cheval de prairie.

J'ai été en-bas au coin de la rue ,
j'ai été tombé sur mes genoux ,
J'ai été en bas au carrefour,
Je suis tombé sur mes genoux Maman,
J'ai été a la croisé des chemins
Je me suis tombé sur les genoux par-terre.
J'ai regardé a l'est et j'ai regardé a l'ouest, bébé,
J'ai été au carrefour, bébé,
J'ai regardé a l'est et j'ai regardé a l'ouest,
J'ai été au carrefour bébé.
Je me suis noyé au coin de la rue,
Je coulais en bas et mon ami disait :
tu peux courir, tu peux courir, tu peux courir, tu peux courir, tu peux courir, tu peux courir,
mais tu ne peux te cacher.
Et j'ai dit :
Je suis un homme riche,
je suis un homme vraiment très riche,
J'ai un pantalon piqué et surpiqué,
Je suis en piqué
Et je me moque de vos visages

Je ne suis non, plus un cheval de travail,
Je ne suis non, plus un cheval de travail,
Je ne suis non, plus un cheval de travail,
Je ne suis non, plus un cheval de travail ,

Je suis un cheval de prairie
Je suis un cheval de prairie
Je suis votre préféré cheval de prairie.

On peut pas dire que j'étais une flèche à l'école, mais l'arrivée du kangourou n'a rien arrangé. Ma longue décadence scolaire , entamée en Ce1, ( j'ai fait un bon CP) pouvait maintenant commencer. Mes petits copains ont commencé a sous-entendre que le kangourou abusait de moi tous les soirs et que mes cernes sous les yeux étaient le résultat de ces outrages. Je me réfugiais dans les accumulations. Les accumulations consistaient à garder le maximum de salive dans sa bouche pour en sortir le plus gros crachat possible. Trois heures sans avaler sa salive, ça donne environ 20 cm2 de bave sur le bitume. Ou alors trois fois 6, 6 cm2. ça dépend de l'effet voulu. Une sorte de mime , intuitif et visionnaire, d'éjaculation. J'ai eu , cette semaine-là, les pires notes de tous les Cm1 d'île-de-France.

Les adultes ont alors décidé de me donner une leçon que je n'oublierais jamais, et, en rentrant du chemin de halage où Jean-Marc et moi avions été récupéré le K., au moment où l'on m'annonçais que Jean-Marc allait m'emmener dans l'une de ses virées d'alcoolo pour me montrer ce qu'il adviendrait de mes côtes si je travaillais mal à l'école, je jure que j'ai vu, à travers la fenêtre du salon, le kangourou faire un bond de 24 mètres sur toute la longueur du côté droit interdit pour atterrir devant la fenêtre du salon avec un grand sourire niais de kangourou vicieux : " Ben tiens, on va prendre le kangourou. Je vais le montrer aux copains " dit Jean-Marc en le voyant.

Première leçon de réalisme : il existe des animaux que le malheur des uns réjouit au point de doubler la longueur de leurs bonds.

Deuxième leçon de réalisme : j'étais petit et je n'ai pas fait le rapprochement entre le mal travailler à l'école et le vomi partout dans l'evier, la merde étalée autour des toilettes et cette fenêtre brûlée au 4e étage qui n'était pas seulement la trace d'un incendie mais aussi celle d'un suicide. Maintenant, quand je fais le rapprochement, le seul effet que ça me fait , c'est de la haine et un sentiment d'injustice très dur.

Il faisait nuit. ça sentait le choux cuit, ce soir-là c'était choucroute pour tout le monde ou en plat du jour ou au menu, dans un bar coincé entre quatre tours au milieu de nulle part, à Corbeil-Essone ou à Melun ou à Ris-Orangis. La Fille est avec nous et c'est très érotique entre nous deux. On rencontre les autres enfants et on joue dehors devant le bar en jetant des cacahuètes, offertes par le patron, sur le kangourou. Tout le monde est venu l'admirer deux minutes avant d'aller se la mettre, dans cette grande pièce rouge ou marron ou verte, éclairée en jaune, avec notre table dans le coin gauche tout au fond, que l'on quitte après manger pour aller jouer dans une manière de galerie marchande mal éclairée . Il y a des rideaux de fer et une vue sur la fenêtre brûlée qui nous raconte comment les pompiers et pourquoi. Plusieurs histoires rapides avec des coups dans la gueule et je crois bien qu'à ce moment là, passe une femme avec son cocard qui nous sourit, ou nous parle, et c'est pour ça qu'on nous raconte l'histoire de la fenêtre noircie du 4 étage avec la fille de la Famille je sais plus quoi qui s'est passée par la fenêtre pour je sais plus quoi.

Mes nouveaux amis , Les Autres Enfants, m'ont tout de suite plut. Ils m'ont accueilli franchement en partageant avec moi toutes les nouvelles histoires du quartier. Jean-Marc fît l'effort de ne rien boire, en tout cas, on est rentré normalement, en Quatre Quatre Courrèges Santana Bleu Turquoise Décapotable. Je crois bien qu'a un moment on fait du 100 et j'essaye , d'une petite claque sourde sur la portière, de marquer comment chaque mètre défile sous la voiture. Le kangourou semble absent, repu de cacahuète, il nous innonde de pets à l'acétate. Pendant toute la soirée je m'étais senti excité et inquiet. Après je n'ai plus pensé a cette histoire. De nouveau soucis sont apparus.

On avait un kangourou sur les bras, mes bulletins scolaires s'enfonçaient dans les grises profondeurs des éternels médiocres, les huissiers défilaient, on avait fondu tout le cuivre de toutes les bagnoles du jardin, les gitans qui nous ont volé notre magnétoscope s'enfilaient des kilomètres de bandes américaines sur notre dos, ma maîtresse de Cm1 s'inquiétait que je dormisse sur la table de la salle à manger, la dépanneuse de Jean-Marc semblait disparue à jamais, et le Grand Projet du Grand Garage se dirigeait à toute vitesse vers un sacrifice rituel en forme de banqueroute des plus grandiose.

Jean-Marc s'est remis a chanté :

Qui est-ce qui tape ? hein ? Qui qui serre ?
Qui est-ce qui tient, qui frappe, qui visse, qui gratte ,
Qui ouvre les fissures ?
Qui est-ce qui cogne, qui porte, qui dépose,
Qui jete, qui arrange,
Qui fixe, qui maintient, qui tombe,
Hein ?
Qui glisse , qui saigne,
Qui tour de rein, qui lumbago, qui scoliose, Qui mal aux mains,
qui mal aux mains le matin

Qui boit, qui picole, qui rigole, qui se tait,
Qui exécute, qui ferme sa gueule,
Qui prend le métro à l'aube ??

Qui prend le train pendant des heures.
Qui a les mains qui aggrippent le coton des bas,
Le coton des collants qui crissent sous les doigts,

Qui est abruti , qui est con, qui est brutal, qui est épuisé
Qui meurt à 50 ans ?
Qui est roide, qui est dur,
qui frime, qui est cruel,

Qui a les pieds dans la boue et qui tient la lance
Qui projette, qui enduit, qui coffre,
hein,
Qui qui qui , fait tout ça ?

Qui se bat bien, qui court vite,
Qui est fort,
Qui a des pectoraux
Et des avants-bras gros comme la tête d'un chat,
Et qui marche le menton vers le soleil ?

Qui comprend rien et qui se fait virer,
Mais qui tente le coup toute sa vie ?

Qui sait vivre avec 600 euros par mois,
Qui a trois enfants ,
Et qui n'a pas le choix.
Qui dit à combien tu la fait la journée Moi,
Je dis, la journée égale soixante Eu.
Qui peut porté pour cinq Eu
Ro de l'heure,
qui peut manier la pelle pour planter les ho
Rodateurs,
Qui peut creuser le tunnel sous les quatres chemins
Et qui enfonce les quatres stops avec ses deux mains ?

Qui mets des bonnets oranges ?
Qu a des grandes mains ?
Qui tape sur le sol, qui creuse des trou, qui passe des tuyaux
Qui a des dettes et qui fait passer l'eau chaude

Qui fait quoi ?
Mais qui parle à qui fait quoi ?
Où est le chef,
C'est qui l'ordinateur ?
Ou sont les plans ?
Et qui a un marteau dont le manche tape contre sa jambe toute la journée ?
Qui a un casque et qui respire des poussières innommables ?

Qui a gagné, puis a perdu
Puis a gagné, puis a perdu,
Puis a gagné, puis a perdu,
Puis a gagné, puis a perdu,

Qui peut tout fabriquer,
Mais surtout,
Qui peut tout casser ?

En se balançant sur le canapé on commençait tous à répéter en boucle, comme dans une réunion d'alcooliques anonymes , on répétait en boucle : " un jour à la fois, un jour à la fois, un jour à la fois ...". On répétait en boucle " un jour à la fois " quand on a décidé de faire une fête.

II. La fête ( 1977)


Disons plutôt qu'une fête s'est imposée à nous.

Un soir de lundi, saoul, en rentrant chez nous dans sa voiturette sans permis Bellier Opale 2 Diesel Grise Métal, Jean-Marc suicida dans une pulsion de mort, et la voiturette et le kangourou. Peu de temps avant, l'ami François Melun, celui qui nous avait trouvé le plan du kangourou gratos, nous avait également initié à l'art subtil du méchoui nord-africain. Ma mère Claire et Jean-Marc, séduit par l'idée de faire de subtils méchouis nord-africains, avait du découper un mouton entier à la main afin de pouvoir le rentrer en petits morceaux dans le congélateur. Le même congélateur où l'on congelait les tuyaux de la chaudière pour arnaquer les assurances ( " C’était l’explosion de la chaudière : guetter la météo pour savoir quand il gèlerait, mettre des tuyaux rempli d'eau qui se raccordent à la chaudière dans le congélateur, pour les faire exploser sous l’effet du gel, ensuite mettre les tuyaux explosés à la place des bons, faire venir l’expert de l'assurance et prendre le pognon" ). Bref, le lendemain de l'hécatombe, tout le monde était quand même un peu triste. On zonait sur le canapé en deuil. On faisait un peu le ménage. On se parlait très doucement et gentiment. A l'heure de l'apéro, on s'était mis a faire des projets d'architecture. On rêvait de la construction d'un jacuzzi en plexi, dans le sol du premier étage, comme ça la bulle du Jacuzzi dépassera du plafond du rez de chaussé et on pourra voir les fesses de tout le monde. Cet espèce de drame sans fin, qui venait de commencer avec la mort accidentel du Kangourou, nous donnait envie de nous unir et de faire des projets :

- Si vernaculaire ne te suffit plus, je propose idiomatique.
- Non.
- Disons une architecture post-faschistoïde, une architecture de chercheur d'or.
- Non.
- Une architecture mongoloïde, une architecture de danseuse du ventre.
- Non.
- Une architecture de gros, une architecture de gros ventre, une architecture glabre mais ventripotente.
- Non.
- Une architecture avec les doigts, une architecture de boucher, une architecture graisseuse et noire.
- Non.
- Bon...Une architecture-mobylette, une architecture 103sp évolutive, une bavochure d'architecture en mouvement.
- Non.
- Un amas exentrique, un tas de merde. Un style pastèque éclatée. Une architecture collante et poisseuse, une architecture faîte avec les genoux, pensé avec le cerveau d'un moine mongole, si t'es pas d'accord.
- Non.
- Peut-être qu' on pourrait imaginer tout construire avec des chaussures othopédique aux pieds ? Une architecture handicapée ?
- Non.
- En tout cas une architecture mal habillé, une architecture en short avec un bob jaune.
- Non.
- Une architecture d'arrière court, de garage abandonné.
- Non.
- Une architecture de chinois psychopathe, une architecture monstrueuse, une architecture de travesti mal vielli, des lèvres en saucisse solaire.
- Non.
- Une foirade d'architecture, un collage de crotte de nez ?
- Non, pas un collage de crotte de nez.
- Le docteur Luc Donche dis : " une architécure.". Une tuberculose d'architecture, tubar les ouvriers , hop ! tous en cure, sur la côte historique des congés payés, d'où ?
- Quoi d'où ?
- D'ici ! Une architecture de ramasseur du quartier, une architecture de boule de hiboux, une architecture digestive.
- Non. Là, non.
- Bon. Une auto-pustule ?
- Laisse tomber.
- Juste un dernier : un club mickey pour chômeur, un gonflable de RMIstes.
- Non.

C'est à ce moment là que Jean-Marc a proposé de faire un méchoui subtil et nord-africain du kangourou défunt.

Au début, on a pensait peindre le gazon en or, mais ça coûtait beaucoup trop cher alors on a simplement enrobé entièrement les troncs des trois arbres du jardin dans du papier aluminium. On voulait aussi fabriqué un petit torrent artificiel avec des rochers miniatures et faire une ambiance d'extrême d'orient, mais il aurait fallu deux mois de travail pour bien faire, alors on a construit une espèce de fontaine auto-éclairante avec des rideaux de douche phosphorecents et un dispositif d'arrosage automatique. On rêvait de faire une piste de danse rotative dont la vitesse de rotation serait calculé par rapport à la vitesse de rotation de la terre. La rotation de la piste irait dans le sens contraire de celui de la terre et ainsi, les danseurs resteraient toute la nuit dans l'axe de mercure, créant une délicate ambiance vif-argent, mais on habitait en banlieue, et d'ici, on ne voit aucune étoile, alors on a chopé 50m2 de lino imitation marbre et on a l'a foutu sur le sol, à même la terre, avec un peu de sciure dessus pour que ça glisse bien. On a suspendu une boule disco à une branche. On a mis des guirlandes dans les buissons. On voulait aussi faire un dessin du Kangourou et de la voiturette avec des ampoules de toutes les couleurs et un petit boîtier électronique qui nous permettrait d'animer ce dessin et de rejouer en quelque secondes la scène du drame, mais, encore une fois, trop cher. Alors on a fait un grand dessin sur un drap que l'on a étendu sur la pente du toit de la maison pour que tout le quartier soit au courant de la raison de cette célébration. La fresque était réalisé à la gouache dans un style cubo-psychédélique, avec des spirales carrées et des volutes rectangles, ce genre de trucs comme enluminure de la scène principale du Kangourou-Goliath terrassé par la Voiture-Bélier. Chez un professionnel de ce genre de statue, on a voulu louer deux guépards de pierre pour les mettre à l'entrée de la maison, mais il n'avait plus que des éléphants ou des vaches en polystyrène , alors on a pris deux éléphants d'aspect dorés de deux mètres de haut et on les mis, à cheval sur le trottoir et la route, de chaque côtés du portail. Il y avait des bougies et des bols remplit d'herbe posés sur les tables un peu partout dans le jardin. Je ne sais plus qui, mais quelqu'un a eu l'idée de faire un plafond en miroir au-dessus du jardin, alors on a démonté la glace de la salle de bain et on l'a suspendu au-dessus du buffet pour multiplier l'effet d'abondance. Pour ajouter une touche zen et minimale, on a mis des bambous nains et deux grosses peluches de panda autour du barbecue. La raison dramatique de cette fête impliquait une sorte d'austère retenue, une dignité noire : on a installé au fond du jardin un endroit de recueillement fait d'un petit bassin d'huile de vidange sur lequel flottait des boites à chaussures marouflées de photos de la voiturette et du kangourou.

Voilà pour le décor.

Pour le début de soirée (19h) , on avait organisé un hommage au Kangourou et à la voiturette avec la projection d'un film de voiture australien : Les voitures qui ont mangé paris, un film de Peter Weir, avec John Meillon, Terry Camilleri, Kevin Miles, Rick Scully et Max Gillies ( Venus à Paris d'une petite ville australienne pour trouver du travail, deux jeunes hommes sont victimes d'un accident. L'un d'eux meurt et l'autre, Arthur, est engagé comme gardien dans un parking. Dès lors, il s'attire les foudres des jeunes des environs qui refusent de payer pour garer leurs voitures ). On avait installé un écran dans une chambre et on avait tiré les rideaux. Quelques sièges, deux fauteuils, un dispositif d'amplification sonore de type chaîne Hi-Fi noire et un discours pour expliquer ce qui nous réunissais ce soir et pourquoi un film de voiture australien.

Après le film, il y avait collation. Des agapes Héllénico-Chaoui, on appelait ça, en frimant. Des trucs en feuilles de vigne et du humous. Des brochettes et des boulettes et du riz. On avait écrit sur un carton, posé devant le barbecue, "L'Étoile des Plaines Constantinoises " . Après avoir égorgé et dépecé le kangourou, on avait enlevés tous les organes de la cavité stomacale, à l'exception des rognons. Ensuite, on a recousu la cavité après l'avoir saupoudrée de ras el hanout. On a embroché le kangourou sur une branche d'arbre et on l'a cuit à côté d'un tas de braises. On tournait la broche lentement et régulièrement. On avait pas mis le kangourou directement au-dessus de la braise, car la graisse pourrait s'enflammer et carboniser la peau. La cuisson avait été démarrée tout doucement, de manière à ce que l'intérieur cuise presque en même temps que l'extérieur. Pendant la cuisson, on avait badigeonné la peau de beurre fondu, pour la rendre croustillante. Petit à petit, on rapprochait le kangourou de la braise chaude, pour que sa peau prenne une couleur ambrée.

Après qu'on ait manger le kangourou, vers 23 heures, on a fait un feux d'artifices. Chaque explosion était accompagnée d'un son pittoresque, sons tous relatif au thème " La ferme ". Une explosion en étoile verte donnait le grognement du cochon , une explosion en cascade rouge donnait le caquetage des poules, la vache était entendue grâce à une flambée orange de 2 minutes, le coq hurlait à la spirale jaune, le chien aboyait en gerbe violette, la jument piaffai dans la chandelle et le veau beuglait en gerbe d'or. Notre pyrotechnicien mettait tout en oeuvre pour nous faire vivre une journée à la ferme. Il avait commencé par le cri du coq en spirale qui réveillait les poules en cascade rouge, puis il glissait un râle de paysan en bombe sur les pis de la vache mugissante, et la jument de piaffer d'impatience en chandelle devant le chien furieux. C'était vraiment La Ferme en feu d'artifices.

Je ne parle pas grec et je ne suis pas fermier, mais j'ai dansé pendant cette soirée, pendant cette fête, j'ai dansé toute la mer méditerranée sur le parquet du salon, j'ai dansé tous les monts Olympes et n'importe quel Dieu, j'ai fêté n'importe quel dieu avec un éclair dans la main. Pour la première fois, j'avais neuf ans, j'ai dansé sérieusement.

On avait invité vingt-six DJ : DJ Augmentation / DJ Billevesée / DJ Casse moi pas les couilles / DJ Dérape / DJ Éteint / DJ Filature / DJ Gastrique / DJ Hardos / DJ Incapable / DJ Ignoble / DJ île flottante / DJ Jouissance/ DJ Kilimanjaro / DJ Laboratoire / DJ Mange Tes Dents /DJ Nié / DJ Malade Mental / DJ Obscur / DJ Pain de mie / DJ Question / DJ Rhume / Dj Sociologue / DJ Titien / DJ Ulla / DJ Viril / DJ Wisconsin / DJ Xylophage / DJ Yeux / Dj Zinc. C'était le jury pour la danse.

La danse, c'était la danse de la Tarentelle Poutrée. La Tarentelle Poutrée se pratique avec un danseur, en état d’érection, et avec une poutre de 4 mètres de long à l'extrémité de laquelle est accroché une clochette. Ma clochette s'appelle Tinta . Son nom de famille c'est Bronzebelle. C'est le beat. Tinta Bulla Bronzebelle cligne et picote. Elle accompagne ce grand défi. On la secoue de partout, on l’agite jusqu'à épuisement — taille variable de Tinta Bulla qui peut aller jusqu'à engloutir la tête du danseur : Tinta Bulla Bronzebelle est plasmatique, ni gazeuse, ni solide, ni liquide mais plasme sonnante et trébuchante:

Alors que je n'étais
Qu'un tout petit garçon
Ma grand-mère me donna pour jouer
Un très joli hameçon
Des cloches d'argent
Accrochée sur le fil
Elle me dit que c'était là
Mon Ding-a-ling-a-ling

Pour s'échauffer, se mettre en transe, on doit lécher des centaines de tickets de métro et se répandre sur le corps différents type de goudron, ensuite, le danseur commence par plonger la tête au fond de la cloche agrandie qui fait résonner un sourd bang jusqu’au fond de ses entrailles, déclenchant un chapelet de pets sonore, les Graves, qui amortissent de leurs vents le contre-balancé périlleux (fig. 8) et qui annonce le début de la danse. Le résultat acclamé se révèle splendide. Les fondements vibrent. La figure 8, dite de « tripes en contre-balancement » , la figure 8 d'introduction est rentrée et on peut commencé.

Bien sûr , en dedans, le jury reste sceptique ( surtout DJ sociologue). Sans pitié, ils établissent leurs système de notation en concertation. Les figures les mieux notés ne sont pas les plus acrobatiques ou les plus virtuoses. On recherche une grâce effondrée. On recherche, pour être précis , un ridicule, un grotesque, un empâtement, quelque chose d’un éboulement.

Ma danse est compacte et pleine de tiques, avec essoufflement perte et reprise de rythme, répétition timide mais acharnée d’une même série de geste (tourné de bras et poignet cassé, jambes croisées/décroisées et pieds en pointe et en glissade) absolument raide et crispé, comme dans un kata de trois gestes maximum, gestes répétés à l'infini en faisant varier les vitesses d'enchaînement. D'abord, un piétinement frénétique, puis un chassé croisé genoux mollets, coude et doigts et à nouveau le piétinement frénétique et les chassé-croisé articulatoire, etc. Comme la fin d'un briquet où le gaz n’est plus, mais l’étincelle frondeuse, elle, enfin, éclate en répétition : c’est son grand moment.

Le jury n’a vu que la silhouette du truc. J’étais tapi dans l’ombre. Le truc , ils l’ont senti mais ils l’ont vu dans l’ombre. Je me suis mit tout les nerfs en tension, j’ai fait la boule voutée à dos rond. J’ai le tétanos, là, quand la lune disparaît, avec mon poing aux jointures grises, plein de fourmi, crispé sur le quart de poutre que j’attrape. Je fais peu de gestes. Que des tremblements, spasmes, je suis debout raide vouté ramassé, le visage en grimace. L’ensemble est une grimace. Une danse pleine de nœuds, de nerfs, on danse les organes en désordre, on turlupine. J’ai mon chibre qui me fait mal de trop bander, sans relâche, il me tire tout le corps enflammé me brûle de chaque nerfs et la douleur échoue à la pointe de l’épine qui bat l’atmosphère comme un bâton de sourcier. Je fais mon tremblement frétillement ma brise. Je fait ma boule en tendu, je ramasse en interne mon mojo, dans une main la poutre qui siffle vibrante, je passe dans toute ses stries et elle aussi se syncope, elle, le bout de bois sans langue cherchant à avaler je ne sais quoi, un sandwich à l'écharde.

Quand la lune s’est planqué au creux d’un cumulus, j’ai fait danser la poutre, et ça, le stade apprécia. L’ectoplasme de cloche variait sa taille avec la vitesse d’un effet magique. De glas en tintement, c'était la foire aux sonnailles, une variation si rapide qu’il n’en restait qu’une vibration. Pour situer, Tinta la Bronze Belle, était accrochée au sommet de la poutre que je tenais debout droite, ambiance poteau avec cloche tout en haut, campanile d’auto-stoppeur. On devinait cette silhouette allongé grâce aux reflet des ph — une autoroute enjambais avec mépris la piste de danse — ares scintillants, éclairant par intermittence la scène où j’échouai au sortir du couloir moite. Au milieu du stade, moi et ma poutre de quatre mètres, on avait l’air tout petit, une tique sur un dos en gazon, un petit point vibrant dans le noir, éclairé par une palpitation routière. Et nos spasmes immobiles, sanglots rentré, petites, toute petites secousses, au milieu d’un cercle remplit et silencieux. Je l’ai déjà dit, avant mon entrée, ça résonnait de partout « material girl lives in material world » , mais maintenant dés-hystérique, c’était l’heure du jugement : Bon. Lucky me. Le bois sifflait ses visions sauvages. Saint-Vitus, apprécciait. J’étais bien dense debout, tout ramassé d’énergie, infradanse, tension souterrraine, et mon bois vibrait bien comme il faut. Le Jury muait. En silence, ormis les vibrations mécanique et les tintis de clochette, ils se faisaient un avis tout en secousse. Par grondement, il me jugeait, par vague, en onde, une masse dense de tête et d’épaule, vue d’ici, qui remuait en figures géométriques luisantes. Faut avouer que toute lumières éteintes, on y voyaient surtout comme à la mer, la nuit, avec cette chance, ( ils y ont pensé ! ) d’apercevoir les clignotements phosphorescents d’un plancton des tropiques, ici mimé par des rétroviseurs de mobylettes, piéges à rayons de lune, accroché partout sur les habits du Jury-DJ-Stade. Moi j’étais habillé normal. On ne m’a pas proposé aucun uniforme ou combinaison, tenue rituelle ou habit de sacrifice. Juste le tintement des clochettes et la vibration de la poutre, avec, pour toute réponse, l’évaluation du plancton-public-jury. Selon qu’il brille ou s’éteint je sais où j’en suis, combien ça vaut, mon affaire, mon vibrato, ma danse poutrée, ma tarentelle de nettoyage, le doux exorcisme, ma cure. Alors on avance par vagues plus ou moins scintillantes :

a/J’ai bien vibré mon geste : cliquetis lumineux en guise d' applaudissement.

b/Je faiblit : blabla, la clameur exagère, se boursouffle, noirci, et s'éteint. Dans un instant on rallume les enceintes et moi je meurt étouffé dans une gerbe de mousse.

Faut que je donne encore longtemps, dois passer la soirée. Ah... mon glas… fais tes carillons plus secs et bien aigües, tu les fais bien net , hein ? s'te plaît ? tu verre briser au loin, hein ? éclate toi, comme on-dit. Moi je me ramasse et j’attaque une nouvelle vague ; au placard le séditieux, tu repart pour un tour, une petite révolution, pis c’est tout. Pour calculer ma houle, mon nombre de rouleaux, je sais pas trop… Une vague de dix minutes toute les dix minutes ? Environ ? Faut-il une montée ? Un climax ? Un pic ? L’ennui hypnotique ? L’extrémité de la poutre devient le point P où toute la masse de la poutre descend vers le sol. Je danse seul, c’est une danse pour moi.

Vers 4 heures du matin, il ne restait plus grand monde et c'était le moment des discussions dérapantes. Les quatre ou cinq derniers palabraient tranquillement jusqu'à ce que deux d'entre eux ( en général des habitants de la maison) atteignent un sujet de discorde. L'alcool et la fatigue faisait pencher le dialogue vers des affirmations agaçantes, des regards méprisants et des malentendus interminables. Un verre de rosé parti en plein visage et fût suivit d'un silence gêné. Le baptisé violemment oint du cabernet médiocre partit se rincer le visage dans la salle de bain sans miroir, mais revînt plus déterminé que jamais à ne pas lâcher l'affaire. S'en suivit une discussion debout qui elle-même amena une violente poussé des deux bras du baptiseur sur le baptisé. Une légère entaille sur le crâne et de nombreux cris. La menace de claque dans la gueule si tu continue et des j'ai pas peur de toi, fusant jusqu'à ce que l'un des enfants de la maison interviennent pour demander une pause dans le combat, stupéfiant les deux belligérants dans la pose éternelle des deux bras le long du corps sans plus savoir où mettre ses mains. Un retourne te coucher répété trois fois, avec un goût métallique sur la langue, signa la fin de la fête et le début du déménagement.

29 septembre 2009

La table des noeuds

Quelques propositions d'échangeurs d'autoroutes, de rond-points et de carrefours :

Cette table à été dessiné par un mathématicien dont je ne retrouve plus la trace. Je suis absolument incapable de penser quelque chose d'aussi compliqué.
Pour des d'informations complémentaires, se reporter au dictionnaires des amas.

Le nouveau commissariat de la Plaine Saint-Denis


ressemble à un immeuble de bureau qui ressemble à un bunker qui ressemble à un centre commercial qui ressemble à une Cité des Arts Vivants qui ressemble à Space-Mountain-la-mission-2 d'Eurodisney qui ressemble au musée du sous-marin nucléaire qui ressemble aux toilettes de la Bibliothèque National de France qui ressemble à un vaisseau spatial qui ressemble à un déodorant mentholé qui ressemble à un bâtiment anti-suicide qui ressemble à une télécommande futuriste qui ressemble à une chaîne hi-fi pour enfants géants qui ressemble à un décodeur quelconque qui ressemble au siège d'Arcelor Mittal qui ressemble à un walkman qui ressemble à un cabinet d'avocats qui ressemble à la maison de la perle, le restaurant de la Plaine Saint-Denis qui vend douze euros cinquante son club sandwich de dinde fumée et qui ressemble à un Monoprix qui ressemble à Débitex qui ressemble à Inexia qui ressemble à Coteba qui ressemble à Noble International qui ressemble à une agence Randstat intérim spécial tertiaire qui ressemble à Legelec qui ressemble à Xerox qui ressemble à Kéolis qui ressemble à un Office Notarial qui ressemble au siège de la compagnie d’assurance Generali se prenant pour la République de Venise avec Paix sur toi Marc, évangélise moi ! inscrit en lettre d'argent sur le tympan de son église toute de verre et d’acier.

28 septembre 2009

Curriculum Vitae 1

Gwyneth Bison
60 rues
93450 L'île Saint-denis
0678990060
1 77 12 94 564 343 33
25/12 /1977
Français
1, 80 mètres
Yeux marrons
Cheveux parfois


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Mai/juin 2000 : dessinateur de file d'attente pour parc à thèmes

Août 2000 : sculpteur sur glace

Septembre/ décembre 2000 : carreleur de couette

Janvier 2000/ Octobre 2000 : dévelloppeur informatique

Novembre 2000 : randonneur de tapis roulant

Décembre 2000 : fraise et tourne tout ce qu'il touche, fait du droit du sport et du droit du droit.

Janvier/Février 2001 : hélicoptèriste, parfaite maîtrise du furet, coach pour plantes.

Avril 2001 : concepteur de piscine à vague

Juillet 2001/ Septembre 2001: génie du déplacement des masses

Octobre 2001 : stage d'hydrophonie (musique pour les poissons)

Novembre 2001 : échangeur d'otage

Janvier/ Février 2002 : Maître bandeur, percussionniste, alambiste, néoniste, concepteur d'escabeau

Mars 2002 : Philosophe international invité sur le bateau de croisière Malte/Porto Rico " The White Knight"

Juillet 2002 : Fabrique des tongues et des paréos

Août 2002 : Dynamite des ponts et remarche sur l'eau

Septembre 2002 : Rumine des herbes et des situations

Octobre 2002 : Devient un spécialiste des semelles techniques anti-acide

Novembre 2002 : Stage de mouleur de casque de chantier, de tricoteur de bonnet en laine, de tueur de moutons, de perdrix et de lions

Janvier 2003 : reforme les lunettes déformées

Février 2003 : crépite sur les murs, déplace des montagnes

Mars/Août 2003 : survit dans la brousse

Septembre 2003 : Devient mécaniste nucléaire, et ingénieur dentaire

Janvier/ Juillet 2004 : décolle des chewing-gum sur le sol du Parc d'attraction d'eurodisney ;

Septembre 2004 : Suit une formation de dessinateur de matraque

Novembre/ Décembre 2002 : construit des granges, devient chanteur de chapelle et organise le festival cow-boy de la poésie

Janvier 2005 : se nourrit de poussière , et, quand il pleut, de terre glaise.

Février 2005 : troue des grilles d'aération

Mars 2005 : souffle sur l'eau bouillante des pâtes

Avril 2005 : pose pour la Rome antique

Mai 2005 : récupère des ongles dans le métro

Juin 2005 : avale des couleuvres

Juillet 2005 : fait le ballon d'eau chaude, l'interrupteur, l'ampoule, le chien, la pomme de douche, le joint de dilatation et mickael jackson dans le club med de Tizi-Ouzou

Août/Septembre 2005 : manie le brûleur, soude puis décrète des décrets et fait des lois pour une communauté de chinchilla

2005 /2008 : disparaît trois ans

Janvier 2009 : réapparaît et devient tendeur de cordes pour raquettes au festival de tennis Roland Garros

Mars 2009 : loueur de culotte en coton

Mai 2009 : étalonneur de col de chemises

Juin 2009 : inventeur d'une méthode pour bâché un appartement.



J'ai enfin réussi à cuire un riz comme je l'aime.


J'ai enfin réussi à cuire un riz comme je l'aime. Bien sec et huileux. En ce moment, je fait une sorte de cure intensive de nourriture pimenté. Sur le trône , j'enflamme le rond moussu et je me surprend à faire de solitaires métaphores gastriques, décidant que le flux vaut mieux que l'embouteillage.

J'attends un virage, j'ai dit, au creux de son oreille, l'autre soir,
On va partir vivre dans une cabane au Portugal.

La table de hachage distribuée ( DHT)

Une table de hachage distribuée (ou DHT pour Distributed Hashed Table), est une technologie permettant l'identification et l'obtention, dans un système réparti, comme dans certains résaux H2H ( human to human) d'un corps humain.

L'ensemble de la table de hachage DMT est constituée virtuellement par tous les constituants répartis sur tous les éléments du réseau, qui en possèdent chacun une partie. Les tables de Hash réparties sont utilisées notamment dans les protocoles Chord, protocole P2P CAN, Tapestry, Kademlia , Ares Galaxy. Système aussi utilisé dans de nombreux clients récents pour le protocole BitTorrent comme Azureus, Bitcomet ou encore µTorrent (prononcer Micro Torrent). Le premier client BitTorrent à utiliser le DHT était Azureus, suivi du client officiel BitTorrent, c'était deux versions différentes. La version officielle fut alors appelée Mainline DHT. Dorénavant la plupart des clients supportent la version Mainline DHT.

Principe [modifier]

Supposons un grand nombre d'utilisateurs (5 millions) ayant lancé leur logiciel de H2H (human to human) sur leur ordinateur. Chacun partage quelques corps ( corps grand, corps poilu, corps musicaux, corps rablé, corps obèse, corps mince). Un utilisateur (Luc) possède par exemple le corps complet d'un athlète noir des années soixantes. Supposons qu'un autre utilisateur (Pierre) souhaite télécharger ce corps humain.

Comment son logiciel de H2H peut-il trouver l'ordinateur de Luc ?

Le logiciel de Pierre pourrait éventuellement demander aux 5 millions d'ordinateurs si par hasard ils possèdent ce corps. Le logiciel de Luc répondrait alors : «Je le possède et peux commencer à le transférer».

Il serait cependant bien lent de demander aux 5 millions d'ordinateurs s'ils ont ce corps, car il y aurait en permanence des millions de questions «Je cherche tel type de corps, l'as-tu ?», entraînant des millions de réponses : «Non, désolé !». Un grand annuaire archivant les corps partagés par tous les utilisateurs résoudrait la question : il suffirait de demander à ce «grand annuaire» ( la table de hachage) le corps d'un athlete noir des années soixante pour obtenir la réponse : « il est disponible sur l'ordinateur de Luc (et celui de Mathieu, de Paul, etc.)». C'est ainsi que fonctionnait la première génération de réseaux H2H. Il y avait un serveur central qui servait de "grand annuaire". Mais cette solution est de plus en plus abandonnée en raison de sa fragilité : que faire lorsque le serveur central tombe en panne ? Ou prend feu ? Ou est saisi par la police ? Le réseau ne fonctionne plus, on ne peut plus faire de recherche sur les corps partagés.

Les programmeurs de logiciels H2H ont alors eu une idée : il faudrait que le "grand annuaire" ne soit pas sur un seul ordinateur, mais sur des centaines. Et ils se sont dit, on a qu'a faire notre logiciel de tel façon que chaque utilisateur soit responsable d'un petit bout du grand annuaire. Chacun des 5 millions d'utilisateurs est responsable d'une petite partie. On appelle cela une Table de Hachage Distribuée.

Par exemple, l'utilisateur Jean-Claude va etre responsable de tous les corps qui commencent par A ( Américain qui fait du surf , Andalou poilu, Anglaises molles, Allemandes au yeux bleu des années 14-18), Toto va être responsable de tous les corps qui commencent par B ( Biélorusse glabre, Belge intelligent, Bellâtre des années 30) etc, etc. Lorsque un nouvel utilisateur se connecte au reseau, la première chose que le logiciel va faire, c'est de dire quels corps il peut partager. S'il possède un corps par exemple " bellâtre des années 30", il va dire a l'utilisateur Toto (qui est responsable des fichiers qui commencent par B): « j'ai un bellâtre des années 30. Si des gens le veulent, c'est chez moi. » Et donc les recherches deviennent très rapides. Si on cherche "bellâtre des années trente : on va directement demander à la personne responsable de la lettre "B". Mais il ne faut pas qu'une seule personne soit responsable des corps qui commencent par "B", car si elle éteint son ordinateur on perd une partie de l'annuaire. Il faut donc introduire de la redondance dans l'annuaire, et plusieurs ordinateurs sont simultanément responsables des mêmes corps. De plus, il y a des centaines de millions de corps partagés, donc le principe de division de l'annuaire n'est pas selon les corps partagés, mais selon une table de hachage des mots des titres des corps partagés. Enfin, chaque ordinateur n'a pas besoin de connaitre tous les ordinateurs qui archivent des corps humains. Il connaitra typiquement une centaine d'ordinateurs. Si l'utilisateur fait une recherche sur "Bouche d'un Biélorusse glabre" et ne connait pas l'ordinateur qui archive les morceaux de corps commençant par B, il demandera à l'ordinateur le plus proche (par exemple l'ordinateur qui archivent les corps commencant par C) : «Connais-tu l'ordinateur s'occupant des corps commençant par B ?" . L'autre répondra : «Parmi mes voisins, je connais les ordinateurs qui s'occupent des B, et même je connais des ordinateurs qui s'occupent des corps commencant par BA, BO, BU, donc tu ferais bien de demander à celui qui connaît les morceaux commençant par BO s'il a par hasard le morceau de corps que tu cherches». Après on interroge le responsable des «BO» et il dira «Oui, je connais les ordinateurs qui ont le morceau de corps que tu veux » ou alors, s'il ne les connaît pas, il répondra «Je ne connais pas ce morceau de corps, par contre je connais un ordinateur qui s'occupe des morceaux commençant par BOU, donc demande-lui ».

Plus d'infos et un questionnaire passionnant sur le site du STIF, le Syndicat des transport en Ile de France.

CAFARD ! J'AI ÉPOUSÉ UN CHARPENTIER DE MAISON.

Dehors il pleut, les doigts sont blancs et moi , dans mon salon, mon aspirateur à la main, j'ai le vertige. Le radiateur électrique sèche l'air. Mon balai est saturé, plein de boules de poussières. Les feuilles rentrent sous la porte, la serpillère est gelé, les chats se cachent, et dans la queue du distributeur automatique, on s'étripe, impatients. Le R.E.R n'arrive pas, les contrôleurs sont partout.

D'un côté, certains cachent leurs femmes sous des draps noirs, de l'autre c'est le canapé en cuir ou la vitre en plasma. Le réveil digital nous hurle, avec des moins-dix et des moins-le-quart. Le siège des toilettes est froid. C'est une mer de capuches, l'air en feutrine grise. Je voudrais savoir, messieurs les rois puants, vos SUV, ils ont froid dans leur bouche ou quoi ?

ILS INVESTISSENT DANS L’IMMOBILIER INVESTISSONS LEURS MAISONS

C’est la rentrée. Loyers trop chers, squats expulsés pendant l’été, fin de bail, appartements minuscules ou délabrés, nombreux sont ceux qui cherchent à se loger, sans en avoir les moyens ou les garanties exigés. Il y a quatre mois, suite à une décision d’expulsion, il nous a fallu quitter la maison que nous habitions sans droit ni titre. Depuis nous vivions à droite à gauche, comme tant d’autres, hébergés chez des amis qui voulaient bien nous faire un brin de place, nos affaires éparpillées un peu partout. Promenades-repérages, à pied en voiture, cercle de recherche de logements, échange de bons plans entre camarades, enquêtes au cadastre : nous cherchions une maison.

AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES CONTENTS DE VOUS ANNONCER QUE NOUS AVONS UNE NOUVELLE MAISON.

Une maison pour habiter à plusieurs, un espace assez grand pour inviter, un jardin à cultiver, un toit sous lequel dormir, manger, palabrer, conspirer, aimer, crier, projeter et tutti quanti, le plus longtemps possible. Une maison pour habiter le monde.

Nous avions repéré cette maison, vide depuis un certain temps déjà. Une maison fermée, murée, morte. Elle appartient à Quartz Properties, société immobilière qui possède l’entreprise voisine et des dizaines d’autres terrains à Montreuil, notamment le long des Murs-à-Pêches dont elle a contribué largement à la destruction. Quartz Properties appartient à Proudreed, fond d’investissement spécialisé dans l’immobilier d’entreprise. Proudreed possède des dizaines d’entreprises comme Quartz Properties, elle-mêmes propriétaires de centaines de terrains et bâtiments en France. Les dirigeants sont bien contents : « 2008 reste une année record pour Proudreed en terme de hausse des revenus locatifs, de valeur de patrimoine, de cashflow et de baisse du taux de vacance, et ce malgré un contexte mondial en crise », pérorent-ils en première page de leur site internet. Et encore: « La seule façon d’être suivi, c’est de courir plus vite que les autres. » Triomphalisme cynique et décomplexé de l’idéologie libérale.

MAIS L’INDIVIDUALISME NE RÈGNE PAS PARTOUT. Les pratiques d’entraides et de solidarité n’ont jamais cessé d’exister, d’autant moins alors qu’on organise la précarisation de tous en invoquant une crise historique.

L’entraide, c’est des grandes choses et des petites choses, un désir de commun qui habite le quotidien. C’est mon voisin qui me prête sa voiture et une île en grève qui trouve à se nourrir tout en bloquant les flux. C’est se regrouper pour veiller sur les enfants quand les crèches sont pleines et c’est abriter un homme sans papiers poursuivi par les flics. Ce sont des ouvriers qui arrêtent le travail pour soutenir leurs collègues licenciés et des habitants qui font du pain pour tout le quartier. C’est se défendre à nombreux contre les institutions de contrôle social ou faire une grande manifestation contre l’occupation policière de la rue.

Ouvrir une maison dont les propriétaires n’ont aucun usage est un acte simple, modeste. Mais ce que cela implique : l’organisation collective, la solidarité des voisins, le partage des savoirs manuels et juridiques, l’autodéfense face aux polices ; ce sont autant de gestes de solidarités qui font rupture avec les logiques de gestion qui isolent, enferment, écrasent. C’est une attention au commun parfois fatiguante mais toujours vitale. Alors on continue…

À bientôt, dans la rue, ici ou ailleurs.

La clinique

L'artiste

achète tout le stock de papiers toilettes ou tout le stock de papier d'aluminium ou tout les tubes de dentifrices ou toutes les agraffes ; ou il achète toutes les chaussettes et tous les ballons, ou alors il prend toutes les bougies d'anniversaires, toutes les grosses boîtes d'allumettes, toute la farine et tout les crayons quatre couleurs ; ou alors il va au supermarché de son quartier et il achète toutes les ventouses, ou toutes les pizzas, ou il remplit cinq caddies d'apéricubes, il vide le rayon des serpillières en une seule fois, il embarque deux cents ramettes de papier blanc, il prend une palette de chemises roses, ou trois cent kilos de paille pour chinchila, ou tous les seaux bleus, ou toute les poêles de plus de vingt centimètres, ou toute les balles rebondissantes, ou tous les manches à balais, ou tous les cendriers verts ou tout les boîtes de punaises ou tout les clous de 120 ou tout les paillassons reproduisant un motif fleuri. Généralement, le manager de la grande surface s'arrache les cheveux en se frottant les mains.

Hell on earth


Pour commencer : l'entrée en enfer c'est 5 euro 60. 
Dans un grand cratère in situ des fumerolles glissent de l'œuf mouillé dans les narines du public. Elles sortent d'une terre qui sonne creux, verdâtre, un lichen unique, et des pierres jaunes-souffre au contact du gaz.
 Odeur de début d'allumette. 
L'on peut faire un parallèle avec la cimenterie du port de Gennevilliers, ça on peut.
 Donc le public: c'est la vulgate aux Enfers. En doudoune et bonnets, tout le monde demande a tout le monde qui c'est qu'a pété ? In situ dans leurs Champs Phlégréens, le public de la roue de la fortune dans les vapeurs de souffre, se prend en photo et sort de là en sentant son pull, mais c'est toi qu'a pété ? Ma nooooooo !?? c'est toi qui pète depuis t'a’l'heure, je t'ai vu !
Le guardien s'appelle Lèlo. 
Tout le mode repart hystèrique en glossalie, ils parlent en langue, s'évanouissent de fatigue, on dit que cela commença à Aachen et fini en Strasbourg, mais moi je crois pas, non, la dance de Saint John, je l'ai vue, elle repart direct quand on respire le cratère, on hurle nos visions sauvages : Black death create mass hysteria, et on se secoue spasmophile sévère, amico ! On la mange notre langue, on l'avale en secouant les genoux, on a les coudes qui remontent le temps
 : alors comme ça, aujourd'hui on ne peut plus apeller sa fille Diktature, la surnommée Diktat, et lui donner Terreur pour second prénom, ah ouaiiiis ? Eh bah, bravo Dante, bravo Homère, ton trou qui pue , là, nous on sait bien qu'en dessous, y a rien, ni personne, c'est juste Giancarlo qui fait rien qu'à péter avec son cul.

Ci-dessous vous trouverez une liste de vocabulaire héraldique :




verbes, action, état, géométrie :


- accolé, coupé, tranché, taillé, écartelé, gironné, enfascé, en pal, en bande, en barre, en chevron, parti de l'un en l'autre, coupé de l'un en l'autre, tranché de l'un en l'autre, crénelé, denché, nuagé, taille chargé, nuagé de l'un en l'autre, écartelé de l'un en l'autre, en sautoir, enté, adextré, senéstré ( de l'italien destra/ sinistra, gauche / droite), mantelé, , chaussé, chapé chaussé, vestu, embrassé à dextre,chapé à senestre, abaissé, ondé, denché, en pointe, en barre, en bande, échiqueté, soutenu, surmonté, pallé, contre-pallé, burelé, fascé, nébulé, crénelé, chargé, bandé de 6, de 8 pièce, contre-bandé, cotticé, bretessé, allaisé, brochant, sur le tout, sur le tout du tout, patté, encré, bordé, cantonné, recerclé, cerclé, escotté, potencé, fiché, fleurdelisée, fourché, fourchetté, gringolée, dentelé, engoulé, bretessé, chevronné, ployé et accompagné, renversé, brisé ou éclater, renverser, entrelacé, parti, crénelé, fretté, losangé, fuselé, vol retourné, demi vol, engoulé, adossé, affronté, accompagné, enflammé, semé, au pied nourri (fleur de lis) en sautoir, naissant, vilené, diffamé, maçonné, tranché, léopardé, dragonné, couronné, maltaillé, (vache )clariné accornné, emmuselé


animaux :

lion, lionceaux, lion double queue, lion tête, lion teste humaine, teste couronné, testes de lion, pâtes de lion, léopard lionné, lion mariné, griffon, pâtes de griffon, daims, cornes de cerf, sanglier, hure, porc épic, taureau, vache, mouton, cheval, cheval gay, licorne, lévrier, braques, tête de levrette, tête de braque, chats, loup ravissant, louve passante, renard rampant, belettes, éléphant, proboscides (trompe d'éléphant, ours, teste d'ours emmuselé, teste de loup, écureuil, lapins, aigle, merlettes, grues, canettes, cygne, coqs, cigogne, autruche, phénix, pélican, perroquet, corbeaux, épervier, colombes, perdrix, bécasse, chouette, abeilles, doublets, sauterelles, grillon, papillon, dauphin, chabots, bars ou barbeaux, poissons, truite, brochet, rouget, sardine, goujon, sphinx, sirène, écrevisse, crabe ou scorpion, grenouille, limaçons, vanets, couleuvre, bisses, givre, lézard, hydres, dragons, dragon volant, fourmi, sangsue, rats, salamandre, chameau, harpie, oiseaux de paradis, chauve souris, pies, paon, ruche, butor, bouc, singe, hermine, tesson, onceau, tortue, asne

objets cosmiques et telluriques, flore :

sphères, soleil, ombre de soleil, croissants, étoiles, globes, lunes, comète, rayons, nuées, arc-en-ciel, feu et fumé, rayons ondé, flammes, rivière, mer, fontaines, montagnes, rocher en mer, olivier, chêne, pin, rameau d'olivier, épines (délit d'épines), bâton noueux, troncs, feuilles de houx, de lauriers, trèfles, quatre feuilles, tierce feuille, palmes, fleurs de lis, lys de jardin, lys, roses, feuillé, souci, oeillets, tulipe, ancolies, pensé, pommes, de pin, poires, fraises, coquerelles, noiselles, concombre, chou, fevre, champignon, cep de vigne, raisin, épis de blé, ananas, melons, fleurs, ruche, gerbe, grenades


matières, couleur :

or, argent, gueules (rouge, azur, sable, sinople (vert, pourpre, hermine, vair (gris,

outils, bâti, motifs, corps :

pointe, coulice, herse, losange, billettes, rustres, macles, besans, tourteaux, tourteaux besans, besans tourteaux, carreaux, teste de mort, os de jambes, coeurs, mains, jambes, enfants, homme, cavaliers, femme, teste de femme, teste de maures, teste d'argus, yeux, foi, armé, chapeaux, bonnets à l'antique, manches, chemises, châteaux, tour, pont, maison, chapelle, pyramide, portail, colonne, ville, muraille, pignon, calices, coupes, crosse, mitre, encensoir, chandelier, manipule, gonfanon, livre, chapelet, cloche, épée, badelaires, haches, dars, piques, lances, flesches, hallebardes, massue, cuirasse, arbalète, couple de chien, étriers, éperons, canon, fusil, fermaux, annelets, morailles, fers de cheval, chausses-trappes, chaînes, roues, heaume, mat, vaisseaux, ancre, violons, luth, harpes, cors de chasse, couronnes, d'épines, escarboucle, diamant, clou, tonnes, barillets, balance, faucilles, douloirs, compas, chaudière, poêles, marmite, pots à fleurs, corbeilles, râteaux, clef, maillet, marteau, marcs, miroir, dés, échec, pelles, peignes, couteaux, réseau, triangle, ange, chérubin, sauvage, échelle, tente, ballons, raquettes balles, larmes, cailloux, cornière, bourse


MANIFESTE POUR UNE DANSE HÉRALDIQUE :

(vingt-neuf propositions)

FAIRE :

  1. le lion barré,
  2. le concombre fourchetté,
  3. le cheval gai,
  4. le serpent grignoté en croix,
  5. le buste de viellard en vol retourné,
  6. le léopard lionné,
  7. le porc épic fourché,
  8. le melon enflammé,
  9. l'ange avec ombre de soleil,
  10. la bourse sur poupre avec contre-bandé,
  11. l'écureuil sur azur en sautoir,
  12. les os de jambes hermine ployé et accompagné ,
  13. la tête de levrette fleurdelisée,
  14. la chaudière sur or diffamé,
  15. la truite naissante,
  16. le couple de chien en barre,
  17. le baton noueux nuagé de l'un en l'autre,
  18. le papillon sur sable encré,
  19. les larmes sur argent tranché de l'un en l'autre,
  20. le dragon volant avec peigne couronné, feu et fumé nébulé sur le tout,
  21. les haches et chapeaux sur azur avec ananas semé,
  22. le sauvage et pelles sur argent bandé de 8 pièces,
  23. la chauve souris ondée,
  24. le cors de chasse surmonté de loup ravissant,
  25. la teste d'ours emmuselé sur vair,
  26. la muraille en demi vol,
  27. le pélican maltaillé,
  28. la tête de levrette ployée et accompagnée,
  29. le cheval dragonné

BRUIT BLANC




(ou la liste des effets que l'économie déploie pour nous )






  • effet d'annonce
  • effet d'apprentissage
  • effet d'échelle
  • effet d'écho
  • effet d'encaisse réelle
  • effet d'entraînement
  • effet d'éviction
  • effet d'hystèris
  • effet d'imitation
  • effet d'inertie
  • effet de ciseaux
  • effet de cliquet
  • effet de club, de réseaux
  • effet de démonstration
  • effet de flexion
  • effet de perroquet
  • effet de massue
  • effet de snobisme
  • effet de voisinage
  • effet Matthieu

24 septembre 2009

Brigitte, femme de flic

Dans le désordre, les flics de la BAC se prennent pour : des loups enragés, des tarentules vicieuses, de sombres scorpions, des tyranosaures compulsifs et difformes, des rhinocéros aigris, des dragons avec des flashballs, des mains qui tiennent des éclairs au-dessus de la ville, des crocodiles prêt à mordre, des cobras avec des matraques, des Lynx hystériques, des chauves-souris horribles, des éléphants coléreux, des abeilles tueuses, des loups-garou braillards et des espèces de poulets grisâtres suspendus entre deux tours.

















Plus d'infos sur le film que la police tourne en ce moment dans les rues d'île de France là-bas.

Collection trouvée via Brave-Patrie

Post-Scriptum : À ce qui paraît Hollywood est toujours en avance. La rnouche américaine semble avoir renoncé à son devenir-animal pour passer directement à son devenir-machine-qui-nous-parle.


teuhbé et super teuhbé






Intituler un blog "contres-espaces" en utilisant les services de Google blog

14 septembre 2009

IV. Naissance d'un apatride

Le jour suivant a commencé comme une lettre à la préfecture de Bobigny. Il y a 6 mois j'ai perdu mes papiers d'identité. Il y a deux mois j'ai remplit le dossier pour avoir une nouvelle carte d'identité. Hier, je reçoit un petit manuscrit volant de ma Mairie que je lit en diagonale. Lorsque j'arrive à la Mairie, je présente mon papier et je dis que je viens chercher ma carte. Là, rien du tout, pas de carte.
Sur le manuscrit volant, il est écrit que la Préfecture de Bobigny exige que je fournisse un certificat de nationalité française.

Je n'ai aucune idée de ce qu'est un certificat de nationalité française, à aucun moment il ne m'a été demander dans la constitution de mon dossier. Il semblerait que le fonctionnaire qui a pris cette décision se soit basé uniquement sur les consonances étrangères de mon nom de famille. En tout cas, tout porte à croire que cela a été l'indice de départ d'une enquête, car, s'il a pris le temps de vérifier le lieu de naissance de ma mère, ce monsieur ou cette madame, n'a même pas pris la peine de vérifier que ma mère a des papiers français depuis plus de trente ans et que lorsqu'elle a accouché de moi, elle était déjà française. Le lieu de naissance de ma mère semble être digne de suspicion puisque mis en patte de mouche de cette manière : mère née à l'étranger > demande de certificat de nationalité.

Je découvre ensuite que mon acte de naissance n'est pas suffisant : on peut naître sur le sol Français et ne pas être français. Par contre, l'obtention de la nationalité française semble être liée à une sorte de transmission sanguine et plasmatique, puisque me donner naissance en ayant déjà la nationalité française suffit à me la transmettre, telle je ne sais quelle maladie de territoire.

J'ai trente ans, et dans ma vie j'ai déjà du faire 4 ou 5 cartes d'identité. Je m'étonne que votre administrateur zélé n'en ai pas cherché les traces avant de me sommer de prouver l'identité de ma nationalité. Il faut croire que cette personne a juste lu un nom bizarre dans un dossier. Il doit certainement avoir des statistiques à ne pas dépasser quant à la proportion d'étranger sur votre territoire. Il doit certainement avoir des ordres. En plus, je suis né d'un père inconnu et je me prénomme Gwyneth comme beaucoup de garçons Roms qui dorment dans les hôtels 5 étoiles de votre préfecture, juste sous les ponts de l'A86. Ceci aussi doit être digne de suspicions.

Je suis vraiment désolé de réunir tout ces critères mal seyants quant à votre conception organique de la transfusion de notre grande et belle identité national, mais vous comprenez, je suis comme tout le monde, c'est à dire que je m'apprête à partir en vacances avec ma femme. Nous allons faire du camping-basket dans le parc au nord de L'île Saint-Denis qui ressemble, si l'on plisse les yeux, au sud de la Polynésie. Nous pensions aussi faire un stage de canoë-kayak sur le canal de Saint-Denis ( je me suis lancé un défi personnel : rejoindre le parc de la Villette en 6 mois, en utilisant une vielle tong pour pagaie — ce genre de défi entretient mes sentiments amoureux), et nous aimerions également participer à un stage d'escalade sur l'usine de traitement de déchet SYCTOM, à Saint-Ouen. Je dois aussi faire des photocopies de ma carte d'identité pour obtenir ma carte vital que j'attend depuis deux ans, afin de pouvoir aller : 1. chez le dentiste me faire enlever ce tartre et 2. faire mon examen de sang et d'urine annuel.

En somme, pour me soigner et faire toutes ces activités sportives et divertissantes il me faut mon passeport et /ou ma carte d'identité ( on vit dans un pays libre, la carte d'identité n'est pas obligatoire, mais elle est vivement conseillée en cas de contrôle d'identité par la police). Hélas, il faudrait, selon la secrétaire de la mairie de l'île Saint-Denis , plus de six mois ( elle n'a pas su me dire combien de temps exactement mais a dit : " c'est extrêmement long à obtenir") pour obtenir un Certificat de Nationalité Française.

Je me retrouve donc avec votre problème national d'identité sur le dos et j'hésite entre deux cas :

A. Soit je suis une personne devenue française par acquisition de plein droit durant sa minorité, en raison de l'acquisition de la nationalité française par l'un de ses parents et , dans ce cas je dois fournir : 1 copie intégrale de l'acte de naissance de mon père et/ou de ma mère. Ou l' ampliation du décret ou de l'exemplaire du Journal officiel où le décret a été publié ou de l'attestation délivrée par le ministère chargé des naturalisations concernant mon père et/ou ma mère. Ou alors, l'exemplaire original de la déclaration ou de l'attestation délivrée par l'autorité qui a procédé à mon enregistrement concernant mon père et/ou ma mère et éventuellement tous autres pièces utiles.

B. Soit je suis une personne devenue française par acquisition de plein droit à sa majorité, par naissance et résidence en France pendant 5 ans et dans ce cas-là je dois fournir tous documents indiquant que j'ai résidé en France pendant 5 ans de 11 et 18 ans ou de 13 à 18 ans ou de 16 à 21 ans (certificats de scolarité, contrats d'apprentissage, attestations de stage, certificats de travail...) et éventuellement tous autres pièces utiles.

Que je soit A ou B, je préfère vous le dire tout des suite : je refuse absolument de faire ce travail gratuitement . Je n'ai aucune passion d'archiviste d'état et, à moins que vous ne débloquiez un salaire conséquent ( environ un an de salaire à 2000 € par mois soit 24 000 € environ) à peu près équivalent au vôtre , je ne vois pas pourquoi je devrai, aujourd'hui, trente ans après ma naissance, fournir de pareils documents et/ou perdre mon temps à les chercher.

En vérité, j'en veux pas de votre carte d'identité, vous pouvez vous la garder, et j'invite la population du 93 ( où il faut quatre mois pour obtenir un passeport et cinq pour une carte d'identité) à faire la grève des papiers jusqu'à ce que votre paranoïa absurde et éléctorale se dégonfle,

Certainement pas,

Gwyneth Bison

P.S : Si vous n'êtes pas la personne compétente dans ce domaine, je vous prie de transmettre ce courrier aux autorités concernées.

P.P.S : je vous conseil de prendre cette lettre très au sérieux car je sens que j'enclenche, je sens monter dans mes poings la saine colère de l'homme blanc. L'homme blanc, c'est celui qui a déjà une vie misérable et ennuyeuse, celui qui est complètement seul avec son cul de poulet déplumé, celui qui ne connaît personne dans le quartier pour l'aider, celui qui n'a pas de voisins avec lesquels s'entendre, celui qui se demande pourquoi on vient encore lui chercher noise, celui qui ne supportera pas une charge administrative de plus. Dans mon corps d'ivoire délicat je sens venir le 6.35, le Glock 9mm parabellum, la Pompa du bout du bras, peut-être même que je viendrais vous chercher le tromblon à la main, un pistolet d'ordonnance à la ceinture, et que je vous descendrais de votre pyramide avec des coups de sabre dans ta bouche. Je trouverais alors ma barbarie parfaitement justifié, même, je me verrais ambassadeur de ceux qui ne peuvent que subir vos sentences —par exemple : mes voisins que je ne connais pas — et alors, en vous arrachant les yeux, j'aurai une jolie cachinnation pandémique sur mes lêvres et dans les nerfs de mes dents.

P.P.S : une dernière remarque, si vous refusez aux étrangers le droit de s'installer ici, le pays s'écroule et votre florissante économie avec.


28 août 2009

Mais je sais qu'on va bientôt nous donner un pécule


Mais je sais qu'on va bientôt nous donner un pécule et quelques pillules pour faire des grimaces géniales. Je sais que, demain, nous partons pour aller voir le défilé du 14 juillet. Je sais même comment ça va se passer :

Programme détaillé du défilé sur les Champs-Elysée du 14 juillet 2018



9h00 : Sortie du métro. La sortie sera encombrée. Tout le monde voudra prendre l'escalator.

9h01 : Il y aura beaucoup de lunettes solaires et de gel pour cheveux, quelques Polo Celio et le bruissement de 90 302 personnes.

9h05 : Personne ne défilera pour le moment. Nous arriverons face à une sorte de couloir humain qui nous offrira une perspective sur l'avenue des Champs-Élysée. Vous vous mettrez à la queue-leu-leu et un officier vous dirigera. Il voudras former deux lignes le long d'un chemin pour garantir une voie de sortie aux ambulances.

9h08 : Nous remarquerons certains habitués qui auront pris un escabeau en prévision de la très difficile visibilité du défilé ainsi qu'une rumeur de fanfare, le boum de grosses caisses et quelques clairons perdus.

9h05 : Nous nous appuierons sur un arbre, un châtaignier peut-être, et nous remarquerons que les arbres sentent mauvais.

9h24 : Au loin, un homme hurlera et une foule répondra en coeur. Ce sera peut-être un chant militaire.

9h29 : Il sera impossible d'accéder à la place de la Concorde qui sera réservé aux 15 000 invités du président. Nous apercevrons deux morceaux des toits de chaque tribunes d'invités.

9h31 : Un militaire passera parmi nous, dégoulinant de sueur. Il fera " de grande enjambées", comme tout ceux qui arpenteront le trottoir en quête d'un point de vue. Les "grande enjambées" soulèverons un nuage de poussière de plus en plus dense.

9h36 : Encore une foule qui criera en choeur pour répondre à un type seul qui lui-même hurlera quelque chose que l'on ne comprendra pas.

9h39 : Tout le monde se demandera comment passer derrière les barrières et se mettre au bord de l'avenue pour voir le défilé.

9h40 : L'uniforme sera : 1 short beige + 1 polo pastel ( rose, bleu, vert, etc.) + 2 socquettes + 1 paires de lunettes de soleil + 1 sac en bandouillière + 1 appareil photo + 1 option chapeau d'aventure ( une sorte de Stetson en coton) ou 1 bob kaki ou 1 casquette (verte, rouge, bleu, etc.).

9H42 : Un Lip Gloss rose luisant passera devant nous et l'on entendra :

- " Maman ! "
-" Il est où olivier ? "
- " Elles sont où les tribunes ? "
- " Ça me gave "
- Un cri de bébé
- " Là-bas, ça va être pareil".

9h44 : Une personne extérieur au groupe demandera à un officier de Police s'il peut monter sur un arbre pour regarder le défilé.

9h48 : Quelqu'un sera pris d'une quinte de toux féroce. Notre gorge nous piquera.

9h50 : Il y aura le bruit d'un hélicoptère.

9h51 : Nous entendrons :

- " Devant, t'as tout les gens et voilà ..."

- " Y voient rien les gens"

- " Bon, bon..."

9h53 : Le bruit d'hélicoptère se rapprochera.

9h55 : Un vieux monsieur passera avec sa poche urinaire comme une énorme bosse dans son pantalon.

9h56 : Beaucoup de gens remonteront et redescendront l'avenue. Nous entendrons :

- " Fais chier, on voit rien".

9h58 : Il sera presque 10 heures, le président devras être en train d'arriver.

10h00 : groupes giratoires , troupeaux tournoyants , grappes circulaires, coteries rotatives, clans-circuit, assemblages de mille tour/minute, bandes d'orbites, assemblés pivotantes, compagnies de piétinement, essaims de circonférence, familles de volte : il y aura des touristes Russe, Anglais, Portugais, Japonais.

10h00 : Toujours, les arbres dégageront une odeur forte et entêtante. Nous entendrons :

- " Les gens ont passé la nuit ici"

- " On va rien voir non plus".

10h00 : Un enfant imitera un chant militaire.

10h00 : L'hélicoptère sera encore au-dessus de nous.

10h02 : Le couloir humain se sera refermé. Il se terminera par un petit groupe qui ira grossissant , formant un impénétrable rectangle de shorts et de lunettes.

10h03 : L'hélicoptère nous passera vraiment au-dessus de la tête. Une famille Antillaise passera, un chapeau de paille avec un liseret tricolore sur la tête.

10h04 : Il y aura une animation musicale lointaine.

10h05 : Des gens se demanderont comment partir d'ici.

10h07 : Un grand-père aveugle, sans décoration et d'origine nord-africaine, passera, tenu par la main par son fils ou son petit fils qui le guidera doucement à travers la foule.

10h08 : Il y aura une sorte d'agacement général.

10h08 : Un maillot de l'équipe de France passera.

10h09 : Un véritable embouteillage de corps humains se produira à la sortie du métro.

10h10 : Nous entendrons :

" On va s'empiler".

10h11 : Il passera une famille indienne.

10h13 : Et deux québécois.

10h13 : Nous entendrons : " Faudrait qu'ils coupent tout les arbres en fait ".

10h14 : Et des japonais.

10h15 : Nous entendrons :

" Maintenant ça suffit, David, tu vas te perdre ici, y'a trop de foule, TU ME DONNE LA MAIN ! "

10h15 : Des allemands.

10h16 : Quelqu'un éternuera plusieurs fois de suite. Il y aura aussi quelques noirs en short beige.

10h17 : Il y aura un grand soleil et quatre américains.

10h17 : Un vieux monsieur sera assis sur un banc avec ses décorations militaires.

10h17 : Sur un kiosque , la couverture de Le Point dira :" La nouvelle vie des riches".

10h18: La fanfare arrivera. Nous entendrons :

"Ah ouais ça commence! "

Et quelqu'un tapera dans ses mains.

10h18 : Appareils photos et caméras sortiront de terre.

10H19 : La fanfare sera passée.

10H20 : Quelqu'un criera :

" PATRICK !!!!".

10H21 : Beaucoup piétineront dans un sens puis dans l'autre, entre le Grand Palais et le rond point des Champs-Élysée.

10H22 : Nous entendrons :

- " La foule s'est densifié ".

Car la police aura resserrer les rangs vers la deuxième rangée d'arbres du grand trottoir de terre.

10H23 : Un chien de traîneau passera.

10H25 : Il y aura deux militaires saouls, bouteille de Ricard à la main, tout deux en civil avec la même chemise rayé noire et blanche.

10H26 : Nous entendrons :

" Oh ! y'a un avion ici !?"

et

" Y en a un qu'est passé par là ? "

10H27 : Une fanfare arrivera par une rue parallèle.

10H27 : On devinera une série de képi blanc éclatants sous le soleil.

10H29 : Une autre fanfare arrivera, elle superposera l'autre. Il y aura cacophonie + cri d'enfants + commentaires en allemand.

10H31 : Il y aura des applaudissement à la fin de la première fanfare. La deuxième continuera.

10H32 : À côté de nous, il y aura une grande rousse américaine avec un lip gloss rose et des Ray Ban d'Aviateur.

10H33 : Une très vilaine odeur surgira. Nous soupçonnerons l'américaine.

10H35 : Un type possédera une sorte de cornet de frites géant, bleu et blanc. Ça lui servira de périscope pour regarder le défilé.

10h36 : On ne verra toujours rien. Juste le bruit lointain d'un fifre.

10H38 : Nous entendrons :

" Y a des tireurs d'élite ?"

10H39 : Une femme partira en toussant.

10H40 : Sous la tente de la croix-rouge, plusieurs personnes seront allongés.

10H40 : Il y aura un bruit assourdissant. Entre les feuilles des châtaigniers, on découvrira un jet de fumée tricolore sortant de l'arrière-train d'une meute d'avions. Ce sera le 1er passage + la fanfare se déchaînera + applaudissements + flûtiaux + trompettes + caisse claire. On ne saura pas d'où vient la musique et on soupçonnera une amplification généralisée.

10H42 : Deuxième passage, trois Mirages ou trois Mig.

10H44 : Troisième passage, à très basse altitude.

10H45 : Quatrième passage. Nous remarquerons un chinois en short beige, polo bleu marine, à col et à manches bleu turquoise, espadrilles bleu marine et Ray Ban de scénariste sur le nez.

10H47 : Cinquième, sixième et septième passage. Notre chinois se suspendra à un lampadaire en utilisant la technique des cueilleurs de noix de coco thaïlandais.

10H49 : La fanfare sera surexcité. Huitième, neuvième, dixième, onzième passage de groupes d'avions triangulaires.

10h50 : Nous entendrons :

" Regarde comme ils sont beaux".

Nous réussirons à apercevoir une grappe de képi blanc qui avanceront vers la place de la Concorde. Douzième et treizième passage.

10H52 : Nous entendrons :

- "C'est l'armée de l'air, ça, les avions de chasse, tu sais"

- " Y a quelque femmes pilotes de chasse"

- " Moi je voudrais défiler en chevalier "

- " Tu sais, il n'y a plus beaucoup de chevalier, maintenant, dans l'armée, dans l'armée c'est fini, il n'y a plus de chevaliers"

10H54 : Nous entendrons :

" Ouh ! Ça, c'est la gendarmerie ! "

10H55 : Puis :

" Ah ? les pompiers ?"

10H59 : Et enfin :

" Ça, c'est l'armée de terre ! "

Nous apercevront des képis rouge et noirs.

11H00 : Encore des casquettes blanches défileront.

11H01 : Nous entendrons :

" Police ?"

Et nous verrons beaucoup de chemises blanches éclatantes au soleil.

11H05 : Des casquettes d'or à plumeau rouge, des gants blancs et des épaulettes dorées passeront entre la tête et l'épaule d'un couple.

11H06 : Quelqu'un mangera un sandwich et les miettes tomberont sur notre épaule.

11H08 : Nous entendrons :

" Les allemands aussi ils défilent ? "

" Ah oui ! C'est très important ça".

On apercevra des bérets bleu marine et des costumes kaki.

11H09 : On apercevra des costumes blanc.

11H10 : Des képis noirs et rouges.

11H11 : Nous entendrons :

- " Wouah ! Ça, c'est des marins ! "

- " Tu vois la fille, elle, elle est de la marine, elle a une ancre sur l'épaule"

11H14 : " Ça, c'est les régiments d'élite, les commandos, les bérets rouges."

11H15 : " Moi, j'étais habillé comme ça quand j'ai fait mon armée".

11H17 : Un homme grimpera sur un arbre pour prendre un photo.

11H18 : Nous entendrons :

" AH ! les pompiers ! "

Il y aura un applaudissement général pour les pompiers.

11H19 : Notre chinois lâchera son lampadaire. Il aura l'air épuisé. Il le tiendra toujours d'une main et semblera reprendre son souffle la bouche ouverte avant d'essayer de se remettre dans sa position d'observation ( qui pourrait faire penser à une sorte de yogi assis en lotus autour d'un lampadaire) favorite.

11H21 : Hop, il remontera et reprendra sa pose la bouche fermé. Il aura l'air fier de lui.

11H22 : Une femme montera dans un arbre pour prendre une photo. Un policier dira : " ne montez pas dans les arbres".

11H23 : Encore des casquettes blanches défileront. L'excitation déclinera depuis la fin des avions. La musique militaire semblera un peu monotone, mécanique.

11H25 : Nous entendrons :

" DESCENDEZ DES ARBRES !"

11H28 : Un policier fera descendre de son arbre une petite fille en short beige et tee-shirt rose.

11H29 : La musique semblera pouvoir continuer éternellement sans produire aucune variation.

11H30 : Des applaudissements pour les pompiers de Paris et un homme prendra sa copine sur ses épaules.

11H32 : Une fille maintiendra et poussera , dans un même mouvement, les fesses de son copain qui sera lui-même accroché à une branche et essayera de prendre une photo.

11H34 : Les arbres auront toujours la même odeur. Une personne se sera fabriqué lui-même un autre périscope. Celui-ci sera en carton vert pistache et scotch marron.

11H35 : Beaucoup de camions de pompiers, gyrophare allumé, stagneront devant nous. Une femme passera, avec des chaussures argentées, un polo blanc sans manches, un jean bleu et des lunettes de soleil Police.

11H39 : Les camions de pompiers repartiront. De gros camions kaki arriveront. Il sembleront transporter des missiles et une sorte d'antenne géante qui ressemblera à une araignée morte.

11H41 : Nous aurons mal à la gorge et nous tousserons. Nous remarquerons deux allemandes qui font la courte échelle à une troisième pour grimper à un châtaignier qui sentira une odeur de merde. Tout le monde regardera parce que trois autres jeunes hommes encourageront en criant l'ascension de l'allemande.

11H42 : Nous auront les poumons qui nous brûlent à cause de la poussière. Devant nous, les missiles stagneront à leur tour.

11H43 : Nous entendrons :

" Ça sent le caca ".

11H48 : Un groupe de trois Roms grimpera sur le toit d'un kiosque en métal. La police les fera descendre.

11H49 : Une japonaise aura un cailloux dans sa ballerine.

11H50 : Les camions-missiles repartiront, on verra défiler des grues kaki et quelqu'un toussera.

11H52 : Le bruit des sabots des chevaux de la (peut-être) garde national ressemblera à des applaudissements.

11H 53 : Deux types seront monté sur le cadre de leur vélo et s'appuieront sur un arbre malodorant.

11H 54 : Un petit asiatique au téléphone dira : " Première rangé : des gens. Deuxième rangé : des gens ".

11H 55 : Le Métro Champs-Élysée Clemenceau sera fermé. Nous repartirons vers les Invalides.

11H 58 : Nous croiserons cinq tanks.

12H00 : Une femme se fera prendre en photo aux côtés d'un militaire vêtu d'un casque à plumeau.

12H02 : Dans le métro, quelques restes d'uniforme dispersés, jupe longue et épaulettes marcheront dans le tunnel.

12H03 : Nous resterons coincé entre le tourniquet et la porte du métro pendant 30 sec.

12H09 : Nous prendrons le métro et nous rentrerons à la Cité des Agissements.

18 août 2009

Le sixième jour, on a fait baignade.


Le sixième jour, on a fait baignade.

Ils ont reconstitué pour nous une île paradisiaque thaïlandaise dans un grand stade de la banlieue nord. Ballon et moi sommes fixes, on attend en maillot de bain que les portes s'ouvrent. À travers un hublot, on voit poindre le nouvel environnement, contexte, décidé par le Conseil de la Cité des agissements.


C'est bleu, plutôt turquoise, ça sent le corail en polyuréthane. Les premières feuilles de cocotiers sont un trompe l'œil imparfait, en vérité bien plates et grossièrement dessinées, une atmosphère de kermesse-spectacle-scolaire si l'on y regarde de près . Les cocotiers abritent des caméra de surveillance, des haut-parleurs, et ils servent aussi de borne pour vérifier s'il on a bien payé le ticket d'entrée.

Nous, on paye pas, on est invité par la Cité des Agissements, d'ailleurs, presque personne ne paye vraiment là-dedans, la plus part des visiteurs sont des gosses privés de vacances. C'est leur parents qui payent à des collectivités, de dix euros à douze euros par personne. Le prix élevé de la visite, c'est « pour maîtriser l’affluence car l’événement se tient dans un lieu privé » précise le directeur général du Stade. Il s'appelle Philippe Colin, collin comme la matière des poissons panés surgelés. Les portes s'ouvrent et c'est l'invasion maîtrisée. Des centaines de petits culs en slip de bain se précipitent sur la pétanque, le judo, la boxe anglaise, le karaté, la borne PES, le sport de contact, l'accro bungee ( un trampoline et deux élastiques), le tobogan gonflable, le tennis de table, le badminton, l'athlétisme, la voile, le pocket surf et l'escrime.

Il y a de la publicité pour des boissons énergisantes qui se déroulent en bandeaux multicolores un peu partout et le moindre enfant est sous Gatorade, Redbull, Grizzly power drink, Lost, Red Bull diète, Rage, Rockstar, etc. Ils sont intenables ; jouent une balle au ping-pong, donnent un coup d'épée, un coup de pied, un coup de poing, courent un cent mètres, rebondissent deux fois sur l'accro bungee et puis se jettent dans le tobogan qui les lâche dans le pocket surf qu'ils ont vite fait de réduire à une simple vague artificielle où personne ne fait de surf. Il y en a beaucoup et ils passent leur temps à hurler comme des enfants, apparaissant puis s'évanouissant frénétiquement d'une activité à l'autre.

Ambiance insulaire, riquiqui, le tour en vingt minutes, le stade est une île qui est un stade. La métamorphose a nécessité neuf jours de montage et près de trois cents personnes, mais l’arène mythique est prête pour le jour J. Le degré des pentes, pour la fausse route creusée par la pluie, c'est quarante cinq degré de terre marron. La chute c'est glissade sur un papier de verre, le sable en grain bien gros ( deux mille tonnes) et les cailloux pointus. Luxuriante végétation sur le déclin, mer d'huile, forêt de pluie, la chaleur évidente que l'on retrouve en souhaitant le retour d'un hiver gris et uniforme. Décision de l'état Thaïlandais concernant l'aménagement de leur territoire : on fait des réserves et des parcs naturels .Et le reste on le laisse, à l'abandon, aux putes, aux déchets devenus sable, aux cocotiers standard, aux bar écran plat, aux moto moto, au béton, aux P.E.R pour la plomberie des bungalow; on veut voir l'eau comme de l'essence de jet-ski et on gagne beaucoup d'argent avec les touristes. La capitale c'est Bangkok et il y a un embouteillage dans le bassin où on fait de la voile. En vérité, il y a bien des voiles, mais c'est un mec avec un gilet de sauvetage qui tire les bateaux, une sorte d'agent de la circulation en moulax imperméable qui s'arrache ce qui lui reste de cheveux en tirant sur les petits bateaux.

Il y a cinq cent transat, trois cent parasol, et un canœ gonflable. Un cousin germain de Bilabulle, mon ballon. Les retrouvailles sont émouvantes, on s'embrasse, mal s'étreint, se demandent des nouvelles de Zepllin et d'Aérostat, la pompe à air sautille sur place en remuant la gaine de pvc accrochée sur ses reins. Moi, je squatte la Lagune Magique des tout petits. Je prend toute la place, c'est mon territoire, ma zone, je bouge pas de là et les mioches dégagent : je les fais fuir avec une théorie de restriction des naissances. J'explique aux parents que, pour sauver le monde, ils doivent tous devenir homosexuel, que nous sommes beaucoup trop nombreux sur cette planète, et que leurs enfants, là, ils feraient mieux d' exploiter leur jeunesse en commençant tout de suite par la boxe. Ils partent chercher un animateur belge.

Sous l'eau, des petites bulles apparaissent. De champignons dorés jusqu'aux étoiles luisantes, bruissement permanent, je n'imagine pas ce qu'il s'y passe la nuit, dans la lagune magique pleine de pisse. Pointillés jaune et noirs, hachures orange, canines bleues et dents ciselées, rondes boursouflures vertes, épines de pierre, circulent dans les encorbellements, les échangeurs, les blocs — la circulation de la journée est invraisemblable, dythirambique, absolument extraordinaire, les accidents sont brutaux mais le rythme en houle est d'une lenteur monumentale : la vitesse de croissance du bain moussant, l'avancé du tablier du plus grand pont du monde, 0,2 millimètres /sec, la fonte des neiges sur le mont Parouse. Pia pia, cliquetis, au loin une vis sourde passe, speed boat , puis craqueouille, tac tac, fond du paquet de chips, ondes martiennes, claquage de dents infimes, nuage, nuage liquide, géométrie et scintillement ; griffure, mais le sang ne s'écoule qu'à l'air libre.

Je suis une mouche, je suis une mouche, je suis une mouche, je suis une mouche dans la crème, j'ai 96 yeux, bulle boulla, bullulu, boula boula. Je suis circonscrit, embullé, vapes monde, trente secondes quarante, en avançant les pieds au ciel, la tête en bas, tuba, aileron ou quille ; on me retire, pesanteur inversé, un bruit mat, je crève la surface et plop, de l'air. Un hydrogènes et deux oxygènes, je postillonne à la surface de l'eau prise cinquante centimètres en dessous. Rebelote. Met ton chandail, je glisse, je suis pataud grincheux, je suis pachyderme aillé, je plonge, je suis une baleine néon, entre deux immeubles, rouge et jaune, je frôle le sable, observe et prend la pause au milieu des coraux de synthèse. Autour on bavarde, et les petits poissons en plastiques viennent voir. Je laisse échapper des boulles chromées, et remonte, sabre dans son fourreau, suivant la dispersion pulmonaire. Mes bulles s'enfuient vers la surface et je les suis.

La bilabilou, ma balle, mon ballon, fait la planche, tache d'huile de dégazage, descente impossible, mon ballon ultalight trop fin même pour l'eau : 20 microns d'épaisseur, j'insiste. Il s'est mis plat, je le pense dépressif, usé, au bout du sachet. Mais l'eau, plus qu'aucun autre liquide, a la propriété de dissoudre les corps et à peine l'idée de la baignade a-t-elle été émise qu'il se faisait flaque, oubliant toute dignité, tant la perspective d'un bain frais l'emplissait d'un profond et nécéssaire besoin de calme. Il se posa sur l'onde, timide et délicat, simple surépaisseur, cherchant à l'épouser du mieux qu'il pût. Chaque vaguelette devenait sienne, et, souplesse, le balot se laissait tanguer, soulagé de ne plus gonfler qu'au travers des marées. A se remplir les yeux de soleil, à la fois sur et dans l'eau, submergé de gouttes sifflantes, sillons, et finalement, la voilà douce et crapuleuse l'escapade, pensa-t-il, lui, la doublure de mon plafond. Mes descentes hystériques, la vulgaire envie de voir sous l'eau, ça l'ennuyait comme la lionne ses lionceaux. Cette nouvelle pesanteur/portée, lui redéfinnissait les perceptions. Enfin, il était tombé. La flotture devenue sieste, il toucha le sol aqueux, l'embrassant. Ici, il était lourd, c'était nouveau. Quatre degré centigrade, son maximum de densité. Sa structure physique était modifiée, originale, son premier état : un simple sac poubelle qui attend l'air pour se tendre. Le voici, ma bure, indépendant du premier jour, nouveau-né autonome, posé sur l'eau sans plus le besoin de me voir lui imposer sa forme. Ses plis et distances, ne se font que par l'eau tiède et ses vaguelettes.Cette trêve, armistice, nous fit le plus grand bien. Chacun trouvant ses occupations sans plus se soucier de l'autre.

Je jaillit la tête de l'océan, mes cheveux en demi-cercle, humide. Un rayon de soleil éclate sur mon incisive droite, je souri pleine bouche. Je suis en vacances de mes vacances. Dans le lointain je vois le belge animateur. Le billon prolonge la sieste dans les eaux pétrifiantes. La vue du belge change mes perspectives. Les mangroves ont disparu depuis 5 ans. Sous l'eau, la pieuvre orange et bleu — les épines oranges, la peau bleu — se glutte au corail. Elle laisse un halo d'aspirine, elle suce les infinies cavités et tue le corail pour toujours.

Pieuvre venu d'Australie + température de l'eau à 30 degrés, je suis dans une baignoire huileuse, grasse, où il ne restera bientôt que sable, à ravir les amateurs d'une mer bleu fluorescente qui sent le gel douche et l'urine.

Le belge est en short éponge mauve. Son corps marron, oint dont ne sait quel beurre, pose les coudes sur la table, écarte les jambes et figure un assouplissement permanent. Le cheveu méché, blond vénitien, les yeux bleus, il apporte les fonds. En général, sur une île thaïlandaise, les belges finissent sous une pierre, trop gourmand, ou s'enfuient. Celui-là veut importer la plongé industrielle dans la baie du 93. Il lui faut une route neuve, des bouteilles d'air, du gortex, des masques et des moniteurs expérimenté. C'est bon pour tout le monde, ce progrès, ça va faire venir les touristes, on pourra avoir des histoires d'amour et gagné de l'argent.

" Mais il ne faut pas chasser les enfants pour prendre toute la Lagune Magique rien que pour soi. C'est pas bien." me dit-il, " ça se fait pas ".

J'expose à nouveau ma théorie de contrôle des naissances et il me dit : " Vous n'aimez pas les enfants ? " Je lui dit : " j'aime bien les enfants comme j'aime bien les chats, les arbres et les nuages, ce n'est pas le problème. Ils devraient être à la mer, les enfants, mais voilà y a trop d'enfant même pour la mer, et vous leur servez une Lagune Magique à douze euros l'entrée, et moi je trouve que c'est dégueulasse de leur faire ça, de leur proposer ça au lieu de les emmener à la mer ; alors j'ai pensé qu'il leur seraient plus utile de s'entraîner tout de suite à la boxe et j'en ai profité pour kiffer la Lagune Magique, parce que pour moi, la boxe ou le reste, c'est déjà foutu et que si j'étais à leur place, je m'entraînerais sérieusement dès maintenant pour péter la gueule des enfoirés qui me propose des Lagunes Magiques au lieu de la vraie mer. "

" Mais t'es un raciste !? " me dit-le belge, et moi je lui réponds " mon chéri, je ne sais pas si tu sais, mais prolétariat dérive de {proletarius} qui signifie citoyen de la dernière classe de la société romaine, et les prolétarius dans la société romaine, n'étaient considéré comme utile que par les enfants (proles) qu'ils engendraient."
Il s'énerve et me dit : " la Lagune Magique, c'est pour les enfants qu'ont pas de vacances, pas pour toi, connard d'intello, t'as qu'a faire du pocket surf."
Je regarde le belge dans les yeux et lui fait signe, bang bang. Toi, mon vieux, fait le beau, mais ici, c'est moi qui parle : " PAS D'ENFANTS D'ESCLAVAGE".

Il a affronté les pirates birmans, seul avec sa pompa, balladant les riches en eau troubles polynésiennes. Je ne lui fait pas peur. Il n'a pas de forme propre, on peut le considérer comme incompréssible. Sa peau bien douce, couverte de margarine , ses mains lisses, sa coupe — trop de visite chez le coiffeur — lui, le belge, il tient pas la forêt, connais pas les plantes, ni les bêtes, serpents, scolopandres, les bêtes de la jungle.

Le belge est comme le plus léger de tous les gaz : il pèse 14 fois moins que l'air. Le Belge dit "Grisou", fils d'hydrogéne et de carbone, rencontre un corps enflammé : Gwyneth l'autochtone.

Le mineur averti peut quitter la galerie.

Tout le monde se rallie au belge, " t'as rien à foutre là, connard de pédophobe, casse toi avec ton ballon merdique, laisse la Lagune Magique aux enfants". Ils commencent à me frapper avec des parasols, je prend un coup de transat dans les dents, un prof de boxe me sort de l'eau et me dit qu'il va m'apprendre à vivre en collectivité. Je lui dit : " si vous arrêtiez de faire des enfants comme on fabrique des voitures, il n'y aurait pas de problème de collectivité. Faîtes la grève des enfants et je vous assure que vous tiendrez tout le monde par les couilles."

Un agent du gouvernement déguisé en plongeur belge-sportif, speaks in english, croque-mort, fossoyeur de mes coraux. Il emportera tout avec lui, syphon de douche, son corps est composé à 80% de cheveux morts.
Ma flaque se redresse, s'enfle, comme un bouton qui pousse. Aller voir les requins c'est trop facile, ici on peut aussi aller chercher un arbre au bord de la falaise pour le ramener dans son jardin.
Mais le belge souterrain, l'indic', spécialiste des dix kung-fu, est là pour quelque chose.

ON.

Il y a du monde au-dessus, un objectif , et lui-même, le pékinois tapi en peau de wallon, doit faire ce qu'il à faire.

Mais qui, au-dessus ?

Qui ?

L'hydre est furtive et semble bien n'avoir aucune tête parmi ses milles visages.
La baignade sera dorénavant impassible, mécanique, en tee-shirt et short, les gamins laissant une trainée d'huile solaire, et chacun dépouille les morceaux de fonds marin pour les ramener dans son salon, croyant sans doute que les couleurs survivent au dernier étage de la tour Z, à Colombes.
Mets ton berlificôte en route, qui que tu soit , maudis, l'onde me dégrise en fouet catholique.

Grandissant dans une banlieue prétentieuse et surmenée


Grandissant dans une banlieue prétentieuse et surmenée avec un sens surdéveloppé de l’esthétique, j’avais supposé que la conception de fer travaillé a atteint ses centaines maximales d’il y a quelques années. Toutes les conceptions de fer travaillé que j’ai vues autour de moi étaient fatiguées et sondage et prétentieuses. Il y avait les barrières ornementales de fer travaillé, tous conçus pour dire “gardent dehors” et “je sais que vous voulez venir dans” en même temps. Il y avait de nouveau McMansions avec des balustres de fer travaillé absurdement hors d’endroit sur les extérieurs gonflés de plâtre. J’ai eu ai toujours voulu apprendre comment forger le fer, mais il a semblé comme il n’y avait aucune utilisation. Il a seulement servi à vous rappeler comme l’architecture moderne laide et de sondage est.

Je suis si heureux que j’aie pris cette classe smithing en métal dans l’université ! Si je n’avais pas, je n’aurais jamais réalisé la possibilité de conception de fer travaillé. J’ai eu toujours la sorte de ai aimé les bancs de fer travaillé que j’ai vus en parc. Sans fond des maisons surdimensionnées et des fontaines d’eau prétentieuses, ils ont regardé la sorte de gentil et semblée pour harmoniser avec le fond. Ce que je n’ai pas réalisé était que les conceptions de fer travaillé peuvent harmoniser avec beaucoup de différents arrangements si elles sont faites convenablement. C’est juste une question de maîtriser les vieux modèles et de comprendre le nouveau.

Vous voyez, conception de fer travaillé est comme toute autre chose. Elle va voir certain, et elle a certaines forces et certaines faiblesses. Une des grandes forces de la conception de fer travaillé est sa capacité de frapper sans être voyante. Des meubles de fer travaillé, par exemple, peuvent être utilisés pour faire une impression, ou pour se faner dans le fond. Ils sont tous une question de contexte.

La raison que tellement beaucoup le fer travaillé conçoit le regard si visqueux de nos jours, en fait, est parce qu’ils sont faits à la main par des artisans et à la main alors choisis par les personnes qui n’ont aucun goût. Un bon concepteur de fer travaillé peut fournir le treillis parfait pour n’importe quel jardin, un qui harmonisera admirablement avec les vignes comme elles se développent en spirales vers le haut des côtés de lui. De même, un lit de verrière de fer travaillé qui a une conception fondamentalement moderne avec des contacts des flourishes ornementaux autour des coins peut être absolument ahurissant. Le problème est que, avec de vieux métiers l’uns des, les gens tendent toujours à l’exagérer. Personne ne comprend la subtilité en Amérique, et il est douteux que n’importe qui ait jamais fait.

2 mai 2009

La tronche du cochon

Après avoir crier violemment dans votre salon : HASH-HEIN-HAINE-HEIN !?! regardez l'image ci-dessous en plissant les yeux et en agitant frénétiquement les doigts de votre main gauche devant les dits-yeux plissés ; vous verrez alors apparaître la tronche du cochon fauteur de trouble :

10 mars 2009

mio fratello è figlio unico

:??: Nous habitons en pleine ville, à un 7ème étage, dans une résidence, appartement type 3. Nous sommes un vieux couple. Mon mari souhaiterait, à mon grand désespoir, installer un atelier dans la deuxième chambre qui nous sert quand on reçoit. Alors qui dit atelier, dit tout le "cirque" qui va avec. Il découpe plein de papiers sur les livres, garde plein de pubs, des gamelles à conserve, des pots à yaourt vides, les bouteilles de laque et j'en pense car la liste serait trop lon gue. Je suis très maniaque et ne supporte pas son cirque. Il veut faire des peintures et soi-disant des modèles réduits qu'il croit vendre pour se faire du "fric". Alors ce qui était une chambre est un débarras comme dans une cave. Je l'ai renvoyé partiellement avec son "barda". J'ai permis son chevalet à peinture et qu'il peigne "en haut". Il m'accuse et me traite de tous les mots. Il veut tout faire. Alors il a déjà mis plein d'outils dans des placards, dans le bas d'une armoire et sur l'armoire. Je dois lui donner des limites qu'il ne r'especte pas.

Que puis-je faire ? Merci de vos conseils, hommes et femmes. C'est à dire bricoleurs ou pas.

Texte issu de la collection Das Dingbât. de messages de forums de discussions sur le bricolage.

1 mars 2009

Centre Aquatique de Neuilly-sur-Seine

"Les Neuilléens peuvent profiter dès à présent de notre Centre Aquatique, composé de trois bassins intérieurs, d'un bassin extérieur, de plages intérieures et de deux solariums. Vous pourrez également prendre quelques moments de détente dans nos deux saunas et nos deux hammams", annonce fièrement les services municipaux de la ville de Neuilly-sur-Seine. Le centre aquatique est le dernier petit bijou de Neuilly.

Centre Aquatique de Neuilly-sur-Seine
27-31, boulevard d'Inkermann
Tél : 01.41.92.02.20

Le centre dispose d'un parking souterrain de 450 places.

Horaires d'ouverture : (...)

bof










( C'est pas la forme, mal partout, l'intérieur de mon nez est tout sec, pas faim et mon genou droit tremble tout seul quand je suis assis.
Je manque de calcium.
J'ai une sciatique à mon cou qui me fait mal.
Je manque de fer.
Je suis anxieux.
Une douleur intercostale conjuguée à de douloureux chapelets de gaz, peut-être une gastro-entérite ? Un syndrome du grêle court ? Une sprue tropicale ?
Sais pas.
Ressens un étouffant barbouillage général, comme si ma cage thoracique avait rétrécie autour de mes poumons.
J'ai aussi fébrilité au niveau des deux mains.
Je sens faible les deux jambes, avec des douleurs lancinantes sur le bas des reins , peut-être une déficience en lactase ? l'hiver ?? Je penche vraiment vers la droite lorsque je reste longtemps debout avec les yeux fermés.
Besoin d'argent.
Je me coupe tout le temps.
J'ai une croûte.
J'ai des séquelles.
J'ai une douleur morale.
Humeurs variables et tics nerveux, j'ai du mal au crâne comme une pointe qui ne me rend pas solidaire.
Mon oreille siffle de temps en temps. J'ai bouffé un sale truc, des champignons avec une sauce merdique.
Je perd mes cheveux que je laisse pousser sans m'y intéresser.
Je traîne avec des copains dépressifs (CP). On a tous un rhume de hanche ( synovite aigüe transitoire).
J'ai froid.
J'ai un épanchement à cause de ma sciatique au cou et mes CP l'ont remarqué. Ils ont peur et commencent à m'abandonner.
J'ai plus le téléphone.
Je me gratte.
Je suis allongé toute la journée avec une bouillotte derrière la tête.
Ma bouillotte a un pull.
Pas moi.)

28 février 2009

Choses qui tapées dans Google mènent à ce blog

- Femme a lunette aime labite
- bite dans 1 aspirateur
- carrelage serpent
- etourdissement des boeufs
- france routes
- entassements
- pisser dans un preservatif
- cul
- la loi de l'ouvrier de l'autonome
- bite
- tableaux en épluchures de crayons
- iles isolée france
- leroy merlin machine à fendre les buches
- amiante cachée Dalles cartonnées de faux-plafonds
- il fait tiede
- numero 1 bombe lacrymogène france
- ecoliére japonaise enculée dans le bus
- gateaux pieds noires recette toupie
- orange est ce bon pour les reins
- jet brume
- nuages, cheveux
- atrium testudine
- des curly
- voire les culottes blanches des écolières Japonaises
- schema de astragale et dupont de la bagues
- la taille moyenne d'un chinois
- pointerolle moyene age
- comment on appelle les sport dans lequel on saute les balcons et le smurs en france
- defonce d une petite jeune fente de 10 ans
- la mousse qui pousse au pied de l'arbre schémas
- iles de france non de fleuve
- doudoune biscotte a saint germain des près
- le vélo du passer
- tziganes+gabori
- mini moto fille
- pisser a velo
- maintenue au sol l'autre lui arrache sa culotte
- vieux suseur toilette parking

( Merci à Joris Lactose)

19 février 2009

Les trois routes










Les trois routes
Les quatre routes
Les deux routes
Les quatre routes
Les deux routes
Les trois routes
Les six routes
Les trois routes
Les cinq routes
Les deux routes
Les quatre routes
Les deux routes
Les trois routes
Les huit routes
Les neuf routes
Les trois routes
Les six routes
Les quatre routes
Les huit routes
Les trois routes

18 février 2009

Certains l'aime chaud, moi je l'aime cru ( paquerette)


Je suis dans mon RER D , je rentre chez moi tranquillement, et je réfléchit aux choses que l'on peut se mettre dans le cul et autour de la bite pour faire passer le temps dans un train. Une frontière ( autour de la bite). Une bouteille de coca ( dans le cul et autour de la bite). Un tuyau d'aspirateur ( dans le cul et autour de la bite). Un chat ( autour de la bite ). Une bicylette ( pneu autour de la bite, guidon dans le cul). Une citrouille (autour de la bite ). Une baguette de campagne ( dans le cul et autour de la bite ). De la graisse pour chaîne de tronçonneuse ( dans le cul et autour de la bite). Un dictionnaire ( dans le cul et autour de la bite). L'Islande ( autour de la bite). Des playmobiles ( dans le cul). Une usine ( autour de la bite). Une carte bleue ( autour de la bite). Un stylo plume ( autour de la bite). Deux maîtres nageurs ( dans le cul et autour de la bite). Un poisson rouge ( dans le cul). La campagne ( autour de la bite). Un fer à béton ( dans le cul et autour de la bite).

Tout à coup, une grosse dame barbue avec d'immenses lunettes rouges me hurle dans les oreilles : " VOUS ÊTES LA QUESTION DE LA PORNOGRAPHIE ! "

Abasourdi, abattu et atteint , je bredouille vaguement : " mais je rentre chez moi, là, c'est quoi ton problème ? "

L'autonome Italien à mes côtés, demande à sa femme de posé une main froide sur son crâne. Il lui dit : " Ras-le-cul de ces putains de wagons morbides où une connasse décide de surcharger la jauge pour se remplir les poches.". Je reprend courage, sûr de mes soutiens politiques, et je risque une figure malgré les 45 degré ambiants. A chaque fois que je fais ce genre de figure, mon zizi tremble et mes oreilles bourdonnent. C'est une figure d'une telle intensité que je vomi à la fin. C'est un truc très physique, quasi-olympique, où ma talon droit doit toucher une partie de ma tête bizarrement appelée occiput, pendant que mes bras sont tendus raides comme dans la pub Manpower, au moment où l'ouvrier attrape une poutre immense du bout des doigts. La grosse dame aux lunettes rouges se tient bouche-bée et l'autonome italien en profite pour lui taper dessus en chantant un truc à propos d'un casque enflammé. Je tiens ma figure bien fort. La grosse dame hurle . Je tiens. Je visualise une lumière bleue au niveau de la gorge. Voilà ma station qui approche. Je voudrais un final grandiose, mais me sort du cul le vélo, la baguette de campagne, la citrouille, le chat, le tuyau d'aspirateur, la graisse pour chaîne de tronçonneuse, le dictionnaire, bref, tout ce qui constituait ma figure. C'est la débandade. Cette figure exige une grande sécheresse d'exécution et la moiteur du RER me déconcentre. Je rate et vide mes intestins de tout leur bordel devant la grosse dame aux lunettes rouges qui pointe les objets du doigt : " FACILE ! PORNOGRAPHIE ! VOUS ÊTES LA QUESTION DE LA PORNOGRAPHIE !!! " Le train s'arrête, je dois descendre. Je décide de tenter le tout pour le tout. Je me jette, comme un judoka tombe par terre, hors de l'omnibus , en fabriquant une petite théorie où je prouve très simplement qu'on peut voyager avec son cul et que je ne suis pas la question de la pornographie. La gare de Saint-Denis explose, en rejetant la tête en arrière et en essayant de garder les cuisses perpendiculaires au sol. Je vais me coucher avec belinda.

On

On traverse à pied un boulevard qui n'est plus pareil aujourd'hui, le boulevard du Stade de france. On arrive Porte de la Chapelle, sous les ponts de la Porte de la Chapelle, et on sent super fort le poids du béton qui nous passe au-dessus. C'est pas qu'on est écrasés, c'est qu'on comprend le poids. Même, on se sent flottant sous autant de poids. On a l'impression de comprendre la loi d'attraction universelle.

16 janvier 2009

En sortant de cet endroit

En sortant de cet endroit ( tout ce que je peux dire c'est que, vraiment, c’est immonde : papiers gras partout par terre, gobelets en carton pleins de café froid, serviettes en papier, toutes sortes de déchets, on dirait un lendemain de fête avec le brouhaha permanent et une foule de gens qui courent dans tous les sens ou sont pris de convulsions ; c ’est tout à fait morbide) (cit.), il se mit à marcher dans la rue commerçante, en ruminant. Il avait vu les tapisseries de la ville d'Anger mais il ne pensait pas que les dragons existent, ni que les chevaux aient de multiples têtes de chiens. Une personne passa devant lui, en le bousculant , pour acheter son billet de Loto. Il attendit que le pari soit fait , et il commanda à son tour les cigarettes habituelles, sans rancune pour le tricheur.Tu ne sais pas ce qui t'attend , mon pote, tu ne te rends pas compte. Tes ongles poussent si vite qu'ils s'enfoncent dans la paume de ta main. Tes bras se parfondent au reste de ton corps.Tu deviens rond et luisant. Tes couilles se multiplient. Tu ne peux plus bouger. Tu projettes un chapelet de boules bi-colores contre la fine membrane en plastique souple et incassable de ton nouvel anus. Ta tête est transparente. Tu entame un Cycle de Tirage Semi-Automatique et tu supplie une sortie des 7 boules qui n'arrive pas et qui n'arrivera jamais. Tu est un mort-vivant comme moi.

Les quatre euros soixante avait encore une importance pour celui qui trouvais encore important de fumer en passant devant ces magasin de vente par correspondance qui pourtant, et c'est toujours un mystère pour lui, vendent aussi leurs produits dans des magasins avec caissière, rayons labyrinthique et une musique d'ambiance du genre sonnerie de téléphone en panique.
Il prit en pitié ceux qui, bientôt , ne se nourriraient plus que de plumes de doudounes .
Il lui semblait voir marcher des ruines, celui-ci a les cheveux comme des tuiles , et celui-là, il lui pousse un clou en plein milieu du front.

Il improvisa une petite chanson qu'il murmurait en marchant le long de la rue commerçante :

Vous allez tous vous faire amalgame.

Entre deux moulures,
Les volets sans peinture,
Belles queue de cheval,
On verra vos nez,
Vos pieds
Et vos crânes.

Et il rentra chez lui pour fumer.

9 décembre 2008

Le contrat :

Elle peut faire le ménage, mais comme vous êtes un homme,vous n'avez pas le droit de la voir.
Elle viendra à 17h et vous ne serez pas là.
Laissez moi un double de vos clef et je lui transmettrait.

18 novembre 2008

- On dirait qu'ils l'ont embouti droit dans le sol.


- On dirait qu'ils l'ont embouti droit dans le sol.
- Un cube creusé dans le sol?
- Ouais , un cube dans le sol de la dalle.
- ...
- Ouais avec du carrelage tout ce qu'il y a de carrelage, beige et joint noirs.
- En plein air comme ça ?
- Du carrelage de salle de bain, en plein air, pas sur les murs, le carrelage est seulement sur le sol. Toute la dalle en est couverte, y en a partout, partout le même carrelage, dans l'entrée de n'importe quel immeuble, le carrelage beige, dans n'importe quel appart', n'importe quelle rue, toute la ville est couverte de ce carrelage à la con.
- Mais ça tient ?
- Non, c'est complétement défoncé, le carrelage se fait poussé par derrière, des champignons.
- Des bosses?
- Ouais, des bosses, mais craquées, des bosses de carrelages pétées, il y a des fissures grosses comme ça qui traversent des longueurs pas possibles, ça fait des lézardes comme ... c'est les mêmes craquelures que celle de la boue.
- ...
- Sur les murs il y a une bande turquoise qui est peinte. Elle fait le tour du cube en passant d'un mur a l'autre, elle est à un mètre quatre vingt/deux mètres du sol, elle doit faire vingt centimètre de large.
- Mais il fait combien le cube ?
- 4 mètres de profond.
- C'est un putain de trou.
- Le reste de la dalle est énorme, au moins 300 mètres, un grand vide de trois cents mètres, avec un trou au milieu. Dedans, cette ligne bleue turquoise et ce carrelage beige en vrac.
- ...
- Ouais, l'entrée de la piscine. Il doit aussi y avoir des bureaux parce qu'il y a des grandes baies vitrés et on voit des trucs comme des yuccas et des chaises en cuir.
- ....
- Un jour j'ai vu un groupe, des gosses, comme ça, c'était l'hiver, même l'hiver il vont à la piscine les gosses, j'étais tout au bout de la dalle et je vois tout au bout de la dalle le groupe qui disparaît, petit a petit, dans le trou, avec leur bonnet et leur cartable de toute les couleurs, dans la brume, il faisait un froid de canard, de la brume partout, avec les lampadaires encore allumés, il devait être 8h du mat' et je vois un groupe de gosse disparaître dans le cube petit à petit.

Je dirais Cergy ville nouvelle

17 octobre 2008

Le kärcher, il m'hypnotise complètement

Le kärcher, il m'hypnotise complètement . C'est planant comme un exercice de yoga. Absorbé par la tâche, je fais mon nettoyage debout . Je peut tout nettoyer avec ça, c'est très agréable ; je nettoie les vélos des enfants, je nettoie ma voiture, je nettoie le trottoir devant chez moi, juste pour le plaisir je nettoie des choses. Je fixe le jet et je ne pense à rien. J'avance . J'adore voir les tâches disparaître, je fais sauter des petits morceaux de peinture. Je décape tout. Mon kärcher il est jaune avec un long manche noir, comme un fusil de chasse sous-marine, avec une gâchette très sensible. On peut régler la forme du jet : jet ligne fine, pour une forte puissance et une grande précision, jet rond tube pour un nettoyage plus général et enfin jet brume grand faisceau, pour une humidification des surfaces. Tout les mardis à 16h je suis le Grand Brumisateur, j'offre la rosé aux milles feuilles de mes arbres. Je passe d'un jet ligne fine à un jet brume grand faisceau en deux secondes. D'un coup de poignet je peux m'adapter aux obstacles. Lorsque tout ne se passe pas si bien, lorsqu'une tâche de peinture ou une mousse bien accrochée résiste, je m'acharne parfois jusqu'a détruire le support même de l'obstacle. Je creuse la brique fragile ou écarte et arrache les fibres trop molles du pîn, laissant le bois comme brisé sur les trois premiers millimètre de sa surface et la brique creusé et nue et non plus lisse et cuite mais bien poudreuse comme rongée et calcaire.

Généralement, la tâche est encore là. Affaiblie et silencieuse, elle s'offre un petit triomphe au milieu du cratère fraîchement arraché autour d'elle. Elle me défie.

16 octobre 2008

La colline a des yeux










La colline a des yeux
La voiture a des cheveux
Le trottoir a des doigts
Le métro a une bouche

La route a des pieds
La maison a des genoux
Le carrefour a des ongles
Le lampadaire a des dents

Le scooter a des vertèbres
Le caniveau a des seins
La population a des muscles

Le toit a des cuisses
L'eau potable a des glandes
La fenêtre a des couilles

L' arbre a des épaules
La vitre a des phalanges
La porte a des os
Le poteau a une peau
Les balcon a des poils

Le banc a des croutes
L' escalier a des oreilles
Le panneau a des hanches
La table a des fesses

Le bâtiment a une rate.

11 octobre 2008

En face des magasins Tiffanny

En face des magasins Tiffanny et Ikks , au croisement de la rue de Sèvre et de la rue Récamier, en plein Saint-Germain des prés :

Et je travaille aujourd'hui à l'espace electra (edf) où je démonte une écologique exposition de photos de plantes, de racines et d'arbres. A déjeuné d'un hamburger dans une boulangerie gargantuesque d'un hamburger et je fume sa dernière cigarette avant de reprendre sur un banc une jeune fille est jolie alors je l'assieds à coté d'elle pour finir la dernière clope sur le banc. A peine s'est-je assis que la jolie jeune fille quitte le banc pour redevenir vendeuse dans le magasin Ikks et il se me demande :

1/ Où est passée la cigarette de la jolie jeune fille ?

2/ J'ai l'air pervers ou quoi ?

Un couple avec un enfant passe dans le dos de la jeune fille lorsqu'elle quitta le banc, un couple qui est peut-être d'un peuple : Boyash / Domars / Gabori / Kalderash / Kokkalares / Korakai / Lautari / Ursari / Rumunguri / Rotars / Roudars. Ou alors l'exonyme possible de : gitans/ roms / tzigane/ manouche / romanichels / bohémiens / sintis / gens du voyage / joitanne / gipsy / fils du vent / boumian / égyptien / romano / baraquin. Les trois joitannes passent dans le dos de la vendeuse avec leur enfant posé sur les épaules de son père, comme dans une photo d'un magazine à scandale. Et le père pose l'enfant sur le sol et la mère dit quelque chose à l'oreille de l'enfant et la mère et le père laisse l'enfant sur le trottoir. Et puis, dix mètres plus loin, ils s'arrêtent et se retournent pour regarder leur enfant et la mère croise mon regard avec un sourire que l'on estime à 9% humilié, à 22% fier, à 15% honteux et à 54 % d'un reste dont je n'a aucune idée.

L'enfant se dirige vers moi et je sens monter en soi une grande gaieté sauvage, inconnue. L'enfant est tout petit. Je lui donne trois ans . Il doit mesurer 60 centimètres. Il a l'air de chercher quelque chose et passe d'abord derrière le banc sur lequel je suis assis puis vient devant moi et se baisse et sa tête passe sous le banc sur lequel mes deux fesses sont posées et il ramasse quelque chose et c'est la cigarette que la vendeuse de Ikks avait jetée alors qu'il en restait plus de la moitié à fumer et qu'il rapporte, entre son pouce et son index, à sa mère souriante de repartir chemin, fumant la cigarette entamée de la vendeuse du magasin chic, noir et brillant devant lequel je suis assis sur un banc.

Tu n'as pas pu cligner des yeux , c'est impossible, alors il a regardé le môme droit dans les yeux et c'est un être humain de 60 centimètres qui vient sous mon cul chercher la cigarette allumée et qui te fait sortir une joie raide dans la bouche comme si j'en pouvais cracher des sabres.

10 octobre 2008

Un million de milliards


Un million de milliards.

8 octobre 2008

Le blanc diffus du lampadaire

Le blanc diffus du lampadaire vient s'écraser juste devant la cage. Le gardien de but est dans la pénombre, les poteaux ronds et blanc délimitent l'espace où on ne peut que le deviner. Alors on vise les extrêmes du rectangle, lucarne et petit filet. La neige brouille tout. Il n'y a pas vraiment de plaisir, rien ne se passe que des actions habituelles. Le petit marocain , cheveux plus long sur la nuque, tourbillonne en gardant la balle pour lui. Le terrain est quand même immense, et terre battue la nuit.

C'est un match de championnat. Je n'arrive pas me souvenir s'il a une importance pour notre avenir. Je joue comme ça. La tête pleine d'images grandioses et les pieds en sucre. Vers la fin du match j'intercepte un centre de l'adversaire. Je suis devant mon but et je tente un contrôle en aile de pigeon. Le ballon repart de mon talon d'une manière vive et très naturelle. Je l'ai repris exactement au bon moment, mon talon venant contrer sa courbe à l'endroit précis qui lui permettra de repartir en sens inverse avec pour lui toute la force de la courbe précédente. Le ballon de cuir bien dur file dans ma propre lucarne en suivant un contre arc-de-cercle parfait qui prend mon propre gardien à contre-pied.

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