Meuble

20090502

La tronche du cochon

Après avoir crier violemment dans votre salon : HASH-HEIN-HAINE-HEIN !?! regardez l'image ci-dessous en plissant les yeux et en agitant frénétiquement les doigts de votre main gauche devant les dits-yeux plissés ; vous verrez alors apparaître la tronche du cochon fauteur de trouble :

20090310

mio fratello è figlio unico

- :??: Nous habitons en pleine ville, à un 7ème étage, dans une résidence, appartement type 3. Nous sommes un vieux couple. Mon mari souhaiterait, à mon grand désespoir, installer un atelier dans la deuxième chambre qui nous sert quand on reçoit. Alors qui dit atelier, dit tout le "cirque" qui va avec. Il découpe plein de papiers sur les livres, garde plein de pubs, des gamelles à conserve, des pots à yaourt vides, les bouteilles de laque et j'en pense car la liste serait trop lon gue.
Je suis très maniaque et ne supporte pas son cirque. Il veut faire des peintures et soi-disant des modèles réduits qu'il croit vendre pour se faire du "fric".
Alors ce qui était une chambre est un débarras comme dans une cave.
Je l'ai renvoyé partiellement avec son "barda".
J'ai permis son chevalet à peinture et qu'il peigne "en haut".
Il m'accuse et me traite de tous les mots. Il veut tout faire.
Alors il a déjà mis plein d'outils dans des placards, dans le bas d'une armoire et sur l'armoire. Je dois lui donner des limites qu'il ne r'especte pas.
Que puis-je faire ? Merci de vos conseils, hommes et femmes. C'est à dire bricoleurs ou pas.

Saint Pierre saint Paul, vingt-neuvième jour de juin

" Oui ! ce fut un grand jour celui où il mit pied à terre sur l'esplanade, sur le Champ sans ombre et s'avança vers nous affairé et soucieux.
Depuis, il fait partie de notre vie, plus rien ne pourra le détacher de ces matériaux qu'il arrache en grognant à la montagne. L'abbaye lui devra sa peau et sa chair, ses os, ses muscles et ses nerfs.
Paul est d'abord un regard. Lointain, orgueilleux, fermé, fuyant le contact. Puis, il se pose, gentil, doux, compatissant, charitable. Une émotion passe : les paupières se plissent, l'expression devient cruelle, sceptique. Une nouvelle pensée, tout s'ouvre, les sourcils se relèvent, les yeux brillent d'un nouvel éclat : désespéré, stupide, d'une infinie tristesse, des éclairs de colère, de stupéfaction, de franchise .... Il est tout à coup pitoyable. Il fait de la peine. La tête se baisse, le regard fixe, volontaire, attentionné, tombe vers le sol, considère distrait, les pieds qui jouent avec des cailloux. La tête, les mains, font le geste des choses impossibles et désespérées. Le désespoir ? non ! La lutte commence, la voix s'élève, la tête se redresse, le cou se tend en avant. Le regard est là : il va poursuivre, il devient convaincant, résolu, franc. Colère, ennui, étonnement matois, douceur, vice, passent tour à tour. Il semble que le cycle possible des expressions est maintenant bouclé, mais les yeux se ferment, deviennent fentes, les prunelles étincellent, le regard éclate de rire. Dans les mouvements, en apparence désordonnés de la tête, ridée par l'énorme gaieté, l'homme n'a pas pu se retenir. Il s'est brisé en éclats sur sa propre comédie. Le sérieux, la menace, la fausse et la vraie franchise, la peur, la résolution forcenée sont devenus la joie.
Après, il est une bouche. Là, on ne peut pas être trompé. La bouche est spirituelle, elle annonce les dents nombreuses, elle se ferme avec une imperceptible difficulté. Et si, amère, elle se tord en accompagnant le débit rapide, les mâchoires serrées ou les sourd éclats de voix, je la sens toujours à la limite du rire. Cette bouche a beaucoup trop ri pour tenir son sérieux. La comédie est parfaite pour les yeux. Pour la bouche, le rire a déformé les lèvres sans remède. Elle ne suit pas le regard lorsqu'il exprime le dégoût, la colère, la volonté, la conviction, la sincérité désarmante. Les lèvres s'ouvrent, toutes les dents apparaissent, le rire cascade, le bruit est étonnant. La tête se baisse, accompagne le premier éclat. Le torse s'agite sur la rotule des hanches, en avant, en arrière. Les jambe se plient aux jarrets, frappent le sol, accompagnent, comme dans une danse de tout le corps cette mimique ordonnée. Cet homme est né un peu pour réfléchir en bougonnant, beaucoup pour convaincre, enfin pour rire la plupart du temps. Pour le reste une belle tête séduisante, beaucoup de cheveux grisonnants, un mâle visage creusé, toujours hâlé. Le dos voûté de muscles ; la démarche particulière de loup de mer en équilibre sur un pont. Les genoux toujours prêt à encaisser les chocs, les mouvements du tangage et du roulis. Les mains sont fines et les pieds petits.
Maître Paul ! tailleur de pierre depuis l'enfance, nourri des poussières de calcaire. Il paraît courageux mais il a les faiblesses des poètes et des artistes. Il aime le soleil, la bonne chère, la rêverie. Il désire trop séduire pour ne pas vouloir faire de nombreuses expériences, prouver sur le sexe ce qu'il tente sur les hommes avec moins de succès. Les êtres séductibles doivent se passionner pour cette belle bête. Il dut s'attacher rarement. Il préfère l'ambition, l'action, les copains, compagnons de rire. Il lui faut des rieurs ; les gens trop tendus, comme moi, doivent le fatiguer à la longue. Depuis son arrivée, il a une idée fixe, peu raisonnable ; sous divers prétextes il m'a souvent abordé ainsi : " Bonjour Père", un long silence, visage triste, bouche tordue, oeil torve, souffreuteux. " Alors, vous comptez réellement faire quelque chose de cette saloperie ? Depuis huit jours, en travaillant comme des galériens, on a sorti dix stères avec six de déchets. Il restera à peine quatre stères propres. On s'est cassé le tempérament pour rien. Prenez donc de ma pierre ! soyez pas têtu ! elle coûtera rien. Je préfère vous la donner que continuer à me lever le maffre pour rien. Tous vos cailloux, y valent pas pipette. C'est de la pierre à bancaou. Vous pourrez le dire à vos bonhommes, ils ont la patience des bénédictins, ils sont braves comme des anges, mais ils m'agacent avec leurs barbes qui cachent tout; et puis, ils rigolent pas. Ils prennent tout au sérieux; moi je suis pas bavard pourtant, mais un mot de temps en temps, ça fait mal, oui ? C'est vous qui leur défendez de l'ouvrir, eh bien ! vous êtes dur dans votre couvent. Alors, dites, voilà !... Je fous le camp, je vais là-bas, je vous prépare les chargements, et je tire avec mes machines six stères finis par jour, au poil ! Et , à la fin de l'année, vous avez votre camelote bien rangée le long des étagères, et hop en l'air ! c'est du gâteau. Vous pouvez poser avec quatre bonshommes deux stères par jour, le couvent est fini dans deux ans maximum, emballez ! vous pouvez le faire marcher le moulin à prière de la Bonne Mère, et continuer à crever de faim et à pas dormir, à travailler comme des ladres, bon Dieu ! Pour ça, ils sont pas malins les convers; oui, mais ils bossent, vous avez trouvé le filon pour vite les envoyer au paradis, vous eh! vous devez avoir des intérêts dans les morgues. Alors, dîtes ? c'est d'accord ? vous prenez les miolles, les chariots, et vous venez charger autant que vous pouvez en prendre."
Sans respirer il me dit tout cela. Il essaie, tente sa chance sans y croire. Vingt fois sans se décourager il m'a dit à peu près les mêmes mots. Mots qui paraissent confondus dans le grognement coloré de son accent de Provence. Par son débit rapide il veut imposer sa volonté. Maître Paul ? Sa seule passion, il aime sa pierre, et respecte tous ceux qui l'aiment comme lui. Ce sont ses clients, ses victimes, ses amis, ses ennemis, sa vie. Il les hait et les vénère tour à tour. Une défaillance pour ses matériaux le fait souffrir comme une bête blessée. Pour l'intérêt qu'ils y prennent, l'enthousiasme le porte aux nues. Un ami des jours heureux de ma jeunesse l'a envoyé ici, il ne m'a pas volé. Mais je sens qu'il faut le tenir maître Paul, l'entretenir chaque jour, remonter sa mécanique prompte au découragement. Nous avons besoin de lui. Il renifle la pierre, il connaît les bons et les mauvais bancs. Comme il est maître carrier à Fontvieille, les Baux, Estaillade, et Pont du Gard, il déteste notre pierre cassante, presque aussi dure que le marbre de Cassis. Toute pierre marbrière lui rappelle sa jeunesse, les tristes tombeaux de l'atelier de son père. Son bonheur sur la terre a commencé avec le crocodile, longue scie aux dents du même nom, qui attaque les blocs aussi facilement qu'une bille de chêne. Depuis, il s'acharne dans les grottes, monumentales cathédrales qui semblent vouées aux rites des cyclopes. Dans ces cavernes blanches, neigeuses, tous les jours l'homme arrache un bloc, augmente le vide. Vingt toises de haut au plafond plat, monolithe, soutenu par des piles de deux toises de côté. Le mauvais vouloir de maître Paul déteste nos morceaux cassés, exploités sous découvertes, à ciel ouvert et au ras du sol. Notre pierre est au calcaire de Fontvieille ce que le nougat aux amandes est au beurre; cassante, incertaine, pleine de fils, de défauts : bancs douteux, brisés dans un instant de colère divine. Alors que le calcaire de maître Paul a le calme et la stabilité des fonds marins, le seul incident a dessin de coquillage. Inlassable, il poursuit les mâchoires serrées :
" Je préfère faire tirer à droite, à gauche, Fontvieille, les Baux, Estaillade, le Pont du Gard, toujours sur les routes, à cheval ou sur les chariots, livrer, organiser les poseurs, traiter avec eux, leur tirer les prix et patin couffin monter la marchandise à Orange, Avignon, la descendre jusqu'à Aix. Moi, je m'en fous ! Ici je m'empoisonne le tempérament pour rien. Non, Père! allez, soyez raisonnable, vous êtes têtu comme vos miolles ! Obstiné comme un moine ! Enfin, je vous le dis, pour exploiter ici, vous irez vous faire voir ailleurs. Je calte demain, je roule, dans deux jours j'arrive dans le paradis, le vrai paradis de la pierre; ici, c'est même pas le purgatoire, c'est l'enfer ! Vous touchez cette machine-là, vous voyez pas le diable avec ses cornes et sa queue ? Il vous fait pas peur, non ? C'est sûr, il y est ... sentez, reniflez l'odeur, mettez votre tarin là, sentez, c'est du souffre. Non, non et non ! enfin je l'ai dit, vous acceptez, je prends mes cliques et zou ! à Fontvielle ! "
Je l'écoute calmement et réponds :
" Il est terminé ton petit théâtre, mécréant ! C'est toi le diable, tentateur, menaçant, infernal démon de chantage, bon à rien, incapable ! "
Surpris, il cherche à savoir si je parle sérieusement.
"Eh bien, vous alors, vous êtes dur ... incapable ! Incapable ! Je voudrais vous y voir ; si je vous laisse vous sortez pas trois cailloux gros comme ça ! " Puis brusquement menaçant : " Vous vous rendez pas compte que si j'avais apporté mes outils, vous restez planté là comme un toti, sans pouvoir rien arracher ! Tiens, vous aurez l'air malin, avec quoi vous en sortirez de la pierre ? Avé les ongles, ou avé les dents ? Je vous avertis, il faut les avoir bonnes ! même les miennes, je les laisse d'un coup. Vous voyez pas que si vous enfoncez l'outil, sans savoir, sous le bloc, il reste tanqué et c'est pas demain dimanche pour le sortir ! Vous pouvez dire à vos barbus, de s'y mettre à tous et leur donner à bouffer le matin ! ."
Alors, patiemment, je répète ce que je sais devoir le calmer :
" Paul, mon vieux, dans ta petite tête ce que tu demandes est impossible. Tout d'abord ta pierre tu ne la donne pas. Même si tu n'y gagne rien elle coûte. Ensuite avec mes mules, deux milles voyages sont obligatoires. En marchant bien, un voyage par semaine tout au plus, avec les bêtes que nous avons. Tu as compris ? Quinze cents à deux mille semaines au minimum. Dans quarante ans j'ai la pierre, et petit-fils taillera les derniers voussoirs.
- Votre calcul est faux ! Achetez trente miolles, et vous divisez tous vos calculs par quinze.
- Et l'argent ? qui me le donne ? Même avec trente mules, nous en aurions pour des années. Ici, avec une stère par jour qui ne me coûte pas un sou, puisque mes barbus sont là et qu'ils y seraient de toute façon, j'ai ma pierre dans cinq ou six ans. Et dans trois ans, si par bonheur tu arrives à tailler deux stères par jour."
Après un silence, il reprend résigné ce qu'il sait être vrai, il abandonne :
" Vous avez raison, je le savais. Je suis pas fou, mais je râle ; que voulez-vous ? il faut que je râle ... Je reste, allez ! vous en faîtes pas ; je vais les dresser les barbus, je fabriquerai des machines avec Antime, je tremperai les outils, je mettrai l'extraction au point et au poil, la taille aussi, et je vous ferai des joints, pas plus gros que ça.". il a fermé un oeil, l'autre est comme une fente ; sa main, tout près de la bouche sérieuse, fait le geste de tenir le pouce et l'index serrés l'un contre l'autre. " Et puis , vous viendrez me voir là-bas, dans trois ou quatre mois, faire un gueuleton avec moi et mes bonshommes ! Ce que vous auriez dû faire, c'est venir vous installer là-bas, aux Baux, près de chez votre frère, bâtir un monastère comme vous seul savez le faire. Vous êtes dur, mais pour le métier, comme vous, jamais ; quand je vois les bras cassés du pays là-bas, la pierre ils la gaspillent ; tandis que vous, avec votre saleté, je vois ce que vous allez faire, vous avez la pierre dans le sang ! "
J'ai sursauté : maître Paul est malade, ses jours sont comptés, son sang se liquéfie lentement, il le sait. Il connaît sa mort prochaine, en rit : " il paraît que je vais crever dans un an, c'est embêtant, je suis heureux comme un pape !" dit-il.
Cela est vrai, cette force du diable et de Dieu est condamnée à mourir vite. Je souhaite vivre pour faire graver son nom tout en haut de la grotte d'Estaillade et au fond des gouffres de Fontvieille. Son nom d'homme de pierre, de fournisseur, d'églises, de maisons et de palais. Maître d'oeuvre à ses heures, peintre, dessinateur, sensible, faible, féminin même ; amoureux des hommes, flatteur comme une gonzesse, mauvais comme une teigne ! haineux, vindicatif, esprit souterrain, mais le meilleur parmi les meilleurs. Titan astucieux, si son tombeau était fait de pierres extraites grâce à lui, à sa ténacité, à la mécanique qu'il a inventée, mécanicien et carrier sans égal, toutes les pyramides d'Egypte ne combleraient pas les vides qu'il a créés. Il n'aura pas été bon, il n'aura pas été brave, les génies ne le sont pas. Le jour où je le verrai partir de sa démarche élégante de marin, ma peine sera infinie. La pierre aura perdu son homme, comme une femme perd son amant. Je souhaite que la mort qui l'attend soit volée, que la carrière cyclopéenne s'écroule sur lui : mort digne d'un héros. La maladie qui le ronge est injuste. Celui qui ne l'aura pas connu ne peut savoir ce que l'homme recèle. L'homme, le vrai, celui dont les défauts, les vices, le génie et les profondes qualités se fondent dans le bloc de la création des grandes personnalités. A son dernier soupir, soumis ou révolté, alors que sans doute un prêtre lui tiendra la main : la pierre blanche ne tremblera plus, portera son deuil éternel, deuil de pureté, deuil de la vierge qui meurt, deuil de l'action forcenée : la plus pure des qualités humaines. "

Fernand Pouillon, Les pierres sauvages

20090301

Centre Aquatique de Neuilly-sur-Seine

"Les Neuilléens peuvent profiter dès à présent de notre Centre Aquatique, composé de trois bassins intérieurs, d'un bassin extérieur, de plages intérieures et de deux solariums. Vous pourrez également prendre quelques moments de détente dans nos deux saunas et nos deux hammams", annonce fièrement les services municipaux de la ville de Neuilly-sur-Seine. Le centre aquatique est le dernier petit bijou de Neuilly.

Centre Aquatique de Neuilly-sur-Seine
27-31, boulevard d'Inkermann
Tél : 01.41.92.02.20

Le centre dispose d'un parking souterrain de 450 places.

Horaires d'ouverture :

(

( C'est pas la forme, mal partout, l'intérieur de mon nez est tout sec, pas faim et mon genou droit tremble tout seul quand je suis assis.
Je manque de calcium.
J'ai une sciatique à mon cou qui me fait mal.
Je manque de fer.
Je suis anxieux.
Une douleur intercostale conjuguée à de douloureux chapelets de gaz, peut-être une gastro-entérite ? Un syndrome du grêle court ? Une sprue tropicale ?
Sais pas.
Ressens un étouffant barbouillage général, comme si ma cage thoracique avait rétrécie autour de mes poumons.
J'ai aussi fébrilité au niveau des deux mains.
Je sens faible les deux jambes, avec des douleurs lancinantes sur le bas des reins , peut-être une déficience en lactase ? l'hiver ?? Je penche vraiment vers la droite lorsque je reste longtemps debout avec les yeux fermés.
Besoin d'argent.
Je me coupe tout le temps.
J'ai une croûte.
J'ai des séquelles.
J'ai une douleur morale.
Humeurs variables et tics nerveux, j'ai du mal au crâne comme une pointe qui ne me rend pas solidaire.
Mon oreille siffle de temps en temps. J'ai bouffé un sale truc, des champignons avec une sauce merdique.
Je perd mes cheveux que je laisse pousser sans m'y intéresser.
Je traîne avec des copains dépressifs (CP). On a tous un rhume de hanche ( synovite aigüe transitoire).
J'ai froid.
J'ai un épanchement à cause de ma sciatique au cou et mes CP l'ont remarqué. Ils ont peur et commencent à m'abandonner.
J'ai plus le téléphone.
Je me gratte.
Je suis allongé toute la journée avec une bouillotte derrière la tête.
Ma bouillotte a un pull.
Pas moi.)

Aujourd'hui, j'ai visité la basilique de Saint-Denis

Aujourd'hui, j'ai visité la basilique de Saint-Denis.

J'ai , vis-a-vis de l'érosion, trois sentiments :

1/ J'aime qu'elle use les prétentions

2/ J'aime qu'elle ratatine les visages de génocidaire

3/ J'aime qu'elle déglingue les saints de leurs prédictions

" ON VA EN PLACE TOUT LE MONDE, ON VA EN PLACE, ALLEZ ! EN PLACE TOUT LE MONDE, AUJOURD'HUI … "


Faut croire qu'il n'y a que les morts qui nous intéressent.
Mes préférés sont en pierre usée, sans fioritures, ni de mains tordues ou de couronnes dégoulinantes. Je veux des chaussures pointues, une belle robe droite, la coupe au bol et les mains le long du corps.
Les Pépin , les Robert, les Louis : boules à mite, vaste blague.
J'ai deux fois redoublé le CM1, chaque fois c'était pire, alors les rois de France, j'y pense, mais par en-dessous, comme à un concours de crachats.

Sur de grandes plaques en pierre noire, on a inscrit les noms des occupants.
On y découvre la princesse inconnue.
La princesse inconnue c'est ma préférée des rois de France.

Un peu plus loin, Catherine de Medicis se commande son transi, elle le veut ressemblant, avec , sur elle, ses plus beaux atours.
Mais elle est moche La Reine Madame, inbaisable les grosses joues ; et son Roi, dégueulasse Monsieur, même pas je l'embrasse, Lui et Elle, têtes-de-marbre avec encore l'oeil dur du petit commerçant.
Mais, il y a aussi beau le marbre, beau bien fait, même le toutou-lion-symbole, même lui, beau bien fait, belles les voussures et beau les tympans , noirs sont les deux, c'est la crasse du dehors déposée petit à petit partout, la porte est travaillée et les statues-colonnes sont creusées , et, sur le sol, c'est au-delà d'un carrelage, c'est un sol griffonné de chimères.
Mon dieu, l'altitude abrite des brumes en plein hiver, et dehors la pisse gèle et les hauteurs de la nef s'envapent de la chaleur des respirants, c'est beau comme un tropical champignon.

Un inconnu interrompt ma visite :

" -Parlez-vous français ?
- Oui. (un peu surpris)
- J'aimerais vous dire quelque chose (il touche un chapelais en bois).
Voilà : hier je suis arrivé de la Réunion ( c'est un métis) pour voir ma soeur et je suis arrivé… personne chez elle. Ensuite j'ai été voir la gardienne qui m'a dit qu'elle reviendrait demain, alors je suis parti dehors et des jeunes m'ont agressé avec un couteau et un bâton, ils m'ont cassé toutes les dents de devant (montre la seule dent qui lui reste). On m'a emmené à l'hôpital où j'ai passé toute la nuit parce que j'ai pris un coup de bâton derrière l'oreille et ce matin ils m'ont laissé partir parce qu'il n'y a rien de grave. Aujourd'hui, je n'ai plus de papier, pas d'argent, plus rien. Alors je voudrais savoir si vous pourriez m'aider, ma soeur doit arriver demain, en vertu de la foi chrétienne, vous êtes chrétien ?
- Non.
- Je voudrais savoir si pourriez m'aider en me donnant de l'argent.
- Non ( je pense qu'il ment)
- Juste pour un sandwich.
- Non ( je n'aime pas qu'on me prenne pour un con.)"

Il part aussi vite qu'il est arrivé.

Ensuite, je reprend ma visite. Je vois une colonne de crânes noirs. En haut de la colonne il y a un vase. J'apprends que chaque tombeau possède ce genre de vase et que c'est dans là-dedans que l'on dépose le coeur des rois.

20090228

Choses qui tapées dans Google mènent à ce blog

- Femme a lunette aime labite
- bite dans 1 aspirateur
- carrelage serpent
- etourdissement des boeufs
- france routes
- entassements
- pisser dans un preservatif
- cul
- la loi de l'ouvrier de l'autonome
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- tableaux en épluchures de crayons
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- amiante cachée Dalles cartonnées de faux-plafonds
- il fait tiede
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- ecoliére japonaise enculée dans le bus
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- orange est ce bon pour les reins
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- atrium testudine
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- voire les culottes blanches des écolières Japonaises
- schema de astragale et dupont de la bagues
- la taille moyenne d'un chinois
- pointerolle moyene age
- comment on appelle les sport dans lequel on saute les balcons et le smurs en france
- defonce d une petite jeune fente de 10 ans
- la mousse qui pousse au pied de l'arbre schémas
- iles de france non de fleuve
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- le vélo du passer
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- mini moto fille
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- maintenue au sol l'autre lui arrache sa culotte
- vieux suseur toilette parking

( Merci à Joris Lacoste)

20090219

Les trois routes

Les trois routes
Les quatre routes
Les deux routes
Les quatre routes
Les deux routes
Les trois routes
Les six routes
Les trois routes
Les cinq routes
Les deux routes
Les quatre routes
Les deux routes
Les trois routes
Les huit routes
Les neuf routes
Les trois routes
Les six routes
Les quatre routes
Les huit routes
Les trois routes

20090218

Certains l'aime chaud, moi je l'aime cru ( paquerette)

Je suis dans mon RER D , je rentre chez moi tranquillement, et je réfléchit aux choses que l'on peut se mettre dans le cul et autour de la bite pour faire passer le temps dans un train. Une frontière ( autour de la bite). Une bouteille de coca ( dans le cul et autour de la bite). Un tuyau d'aspirateur ( dans le cul et autour de la bite). Un chat ( autour de la bite ). Une bicylette ( pneu autour de la bite, guidon dans le cul). Une citrouille (autour de la bite ). Une baguette de campagne ( dans le cul et autour de la bite ). De la graisse pour chaîne de tronçonneuse ( dans le cul et autour de la bite). Un dictionnaire ( dans le cul et autour de la bite). L'Islande ( autour de la bite). Des playmobiles ( dans le cul). Une usine ( autour de la bite). Une carte bleue ( autour de la bite). Un stylo plume ( autour de la bite). Deux maîtres nageurs ( dans le cul et autour de la bite). Un poisson rouge ( dans le cul). La campagne ( autour de la bite). Un fer à béton ( dans le cul et autour de la bite).
Tout à coup, une grosse dame barbue avec d'immenses lunettes rouges me hurle dans les oreilles : " VOUS ÊTES LA QUESTION DE LA PORNOGRAPHIE ! "
Abasourdi, abattu et atteint , je bredouille vaguement : " mais je rentre chez moi, là, c'est quoi ton problème ? "
L'autonome Italien à mes côtés, demande à sa femme de posé une main froide sur son crâne. Il lui dit : " Ras-le-cul de ces putains de wagons morbides où une connasse décide de surcharger la jauge pour se remplir les poches.". Je reprend courage, sûr de mes soutiens politiques, et je risque une figure malgré les 45 degré ambiants. A chaque fois que je fais ce genre de figure, mon zizi tremble et mes oreilles bourdonnent. C'est une figure d'une telle intensité que je vomi à la fin. C'est un truc très physique, quasi-olympique, où ma talon droit doit toucher une partie de ma tête bizarrement appelée occiput, pendant que mes bras sont tendus raides comme dans la pub Manpower, au moment où l'ouvrier attrape une poutre immense du bout des doigts. La grosse dame aux lunettes rouges se tient bouche-bée et l'autonome italien en profite pour lui taper dessus en chantant un truc à propos d'un casque enflammé. Je tiens ma figure bien fort. La grosse dame hurle . Je tiens. Je visualise une lumière bleue au niveau de la gorge. Voilà ma station qui approche. Je voudrais un final grandiose, mais me sort du cul le vélo, la baguette de campagne, la citrouille, le chat, le tuyau d'aspirateur, la graisse pour chaîne de tronçonneuse, le dictionnaire, bref, tout ce qui constituait ma figure. C'est la débandade. Cette figure exige une grande sécheresse d'exécution et la moiteur du RER me déconcentre. Je rate et vide mes intestins de tout leur bordel devant la grosse dame aux lunettes rouges qui pointe les objets du doigt : " FACILE ! PORNOGRAPHIE ! VOUS ÊTES LA QUESTION DE LA PORNOGRAPHIE !!! " Le train s'arrête, je dois descendre. Je décide de tenter le tout pour le tout. Je me jette, comme un judoka tombe par terre, hors de l'omnibus , en fabriquant une petite théorie où je prouve très simplement qu'on peut voyager avec son cul et que je ne suis pas la question de la pornographie. La gare de Saint-Denis explose, en rejetant la tête en arrière et en essayant de garder les cuisses perpendiculaires au sol. Je vais me coucher.

On

On traverse à pied un boulevard qui n'est plus pareil aujourd'hui, le boulevard du Stade de france. On arrive Porte de la Chapelle, sous les ponts de la Porte de la Chapelle, et on sent super fort le poids du béton qui nous passe au-dessus. C'est pas qu'on est écrasés, c'est qu'on comprend le poids.
Même, on se sent flottant sous autant de poids.
On a l'impression de comprendre la loi d'attraction universelle.

20090116

En sortant de cet endroit

En sortant de cet endroit ( tout ce que je peux dire c'est que, vraiment, c’est immonde : papiers gras partout par terre, gobelets en carton pleins de café froid, serviettes en papier, toutes sortes de déchets, on dirait un lendemain de fête avec le brouhaha permanent et une foule de gens qui courent dans tous les sens ou sont pris de convulsions ; c ’est tout à fait morbide) (cit.), il se mit à marcher dans la rue commerçante, en ruminant.
Il avait vu les tapisseries de la ville d'Anger mais il ne pensait pas que les dragons existent, ni que les chevaux aient de multiples têtes de chiens.
Une personne passa devant lui, en le bousculant , pour acheter son billet de Loto. Il attendit que le pari soit fait , et il commanda à son tour les cigarettes habituelles, sans rancune pour le tricheur.Tu ne sais pas ce qui t'attend , mon pote, tu ne te rends pas compte. Tes ongles poussent si vite qu'ils s'enfoncent dans la paume de ta main. Tes bras se parfondent au reste de ton corps.Tu deviens rond et luisant. Tes couilles se multiplient. Tu ne peux plus bouger. Tu projettes un chapelet de boules bi-colores contre la fine membrane en plastique souple et incassable de ton nouvel anus. Ta tête est transparente. Tu entame un Cycle de Tirage Semi-Automatique et tu supplie une sortie des 7 boules qui n'arrive pas et qui n'arrivera jamais. Tu est un mort-vivant comme moi.
Les quatre euros soixante avait encore une importance pour celui qui trouvais encore important de fumer en passant devant ces magasin de vente par correspondance qui pourtant, et c'est toujours un mystère pour lui, vendent aussi leurs produits dans des magasins avec caissière, rayons labyrinthique et une musique d'ambiance du genre sonnerie de téléphone en panique.
Il prit en pitié ceux qui, bientôt , ne se nourriraient plus que de plumes de doudounes .
Il lui semblait voir marcher des ruines, celui-ci a les cheveux comme des tuiles , et celui-là, il lui pousse un clou en plein milieu du front.
Il improvisa une petite chanson qu'il murmurait en marchant le long de la rue commerçante :
Vous allez tous vous faire amalgame.
Entre deux moulures,
Les volets sans peinture,
Belles queue de cheval,
On verra vos nez,
Vos pieds
Et vos crânes.

Et il rentra chez lui pour fumer.

20081209

Le contrat :

Elle peut faire le ménage, mais comme vous êtes un homme,vous n'avez pas le droit de la voir.
Elle viendra à 17h et vous ne serez pas là.
Laissez moi un double de vos clef et je lui transmettrait.

20081118

- On dirait qu'ils l'ont embouti droit dans le sol.

- On dirait qu'ils l'ont embouti droit dans le sol.
- Un cube creusé dans le sol?
- Ouais , un cube dans le sol de la dalle.
- ...
- Ouais avec du carrelage tout ce qu'il y a de carrelage, beige et joint noirs.
- En plein air comme ça ?
- Du carrelage de salle de bain, en plein air, pas sur les murs, le carrelage est seulement sur le sol. Toute la dalle en est couverte, y en a partout, partout le même carrelage, dans l'entrée de n'importe quel immeuble, le carrelage beige, dans n'importe quel appart', n'importe quelle rue, toute la ville est couverte de ce carrelage à la con.
- Mais ça tient ?
- Non, c'est complétement défoncé, le carrelage se fait poussé par derrière, des champignons.
- Des bosses?
- Ouais, des bosses, mais craquées, des bosses de carrelages pétées, il y a des fissures grosses comme ça qui traversent des longueurs pas possibles, ça fait des lézardes comme ... c'est les mêmes craquelures que celle de la boue.
- ...
- Sur les murs il y a une bande turquoise qui est peinte. Elle fait le tour du cube en passant d'un mur a l'autre, elle est à un mètre quatre vingt/deux mètres du sol, elle doit faire vingt centimètre de large.
- Mais il fait combien le cube ?
- 4 mètres de profond.
- C'est un putain de trou.
- Le reste de la dalle est énorme, au moins 300 mètres, un grand vide de trois cents mètres, avec un trou au milieu. Dedans, cette ligne bleue turquoise et ce carrelage beige en vrac.
- ...
- Ouais, l'entrée de la piscine. Il doit aussi y avoir des bureaux parce qu'il y a des grandes baies vitrés et on voit des trucs comme des yuccas et des chaises en cuir.
- ....
- Un jour j'ai vu un groupe, des gosses, comme ça, c'était l'hiver, même l'hiver il vont à la piscine les gosses, j'étais tout au bout de la dalle et je vois tout au bout de la dalle le groupe qui disparaît, petit a petit, dans le trou, avec leur bonnet et leur cartable de toute les couleurs, dans la brume, il faisait un froid de canard, de la brume partout, avec les lampadaires encore allumés, il devait être 8h du mat' et je vois un groupe de gosse disparaître dans le cube petit à petit.
Je dirais Cergy.

20081017

Le kärcher, il m'hypnotise complètement

Le kärcher, il m'hypnotise complètement . C'est planant comme un exercice de yoga. Absorbé par la tâche, je fais mon nettoyage debout . Je peut tout nettoyer avec ça, c'est très agréable ; je nettoie les vélos des enfants, je nettoie ma voiture, je nettoie le trottoir devant chez moi, juste pour le plaisir je nettoie des choses.
Je fixe le jet et je ne pense à rien.
J'avance .
J'adore voir les tâches disparaître, je fais sauter des petits morceaux de peinture. Je décape tout. Mon kärcher il est jaune avec un long manche noir, comme un fusil de chasse sous-marine, avec une gâchette très sensible.
On peut régler la forme du jet : jet ligne fine, pour une forte puissance et une grande précision, jet rond tube pour un nettoyage plus général et enfin jet brume grand faisceau, pour une humidification des surfaces.
Tout les mardis à 16h je suis le Grand Brumisateur, j'offre la rosé aux milles feuilles de mes arbres.
Je passe d'un jet ligne fine à un jet brume grand faisceau en deux secondes. D'un coup de poignet je peux m'adapter aux obstacles.
Lorsque tout ne se passe pas si bien, lorsqu'une tâche de peinture ou une mousse bien accrochée résiste, je m'acharne parfois jusqu'a détruire le support même de l'obstacle. Je creuse la brique fragile ou écarte et arrache les fibres trop molles du pîn, laissant le bois comme brisé sur les trois premiers millimètre de sa surface et la brique creusé et nue et non plus lisse et cuite mais bien poudreuse comme rongée et calcaire.
Généralement, la tâche est encore là.
Affaiblie et silencieuse, elle s'offre un petit triomphe au milieu du cratère fraîchement arraché autour d'elle.
Elle me défie.

20081016

La colline a des yeux

La colline a des yeux
La voiture a des cheveux
Le trottoir a des doigts
Le métro a une bouche

La route a des pieds
La maison a des genoux
Le carrefour a des ongles
Le lampadaire a des dents

Le scooter a des vertèbres
Le caniveau a des seins
La population a des muscles

Le toit a des cuisses
L'eau potable a des glandes
La fenêtre a des couilles

L' arbre a des épaules
La vitre a des phalanges
La porte a des os
Le poteau a une peau
Les balcon a des poils

Le banc a des croutes
L' escalier a des oreilles
Le panneau a des hanches
La table a des fesses

Le bâtiment a une rate.

20081011

En face des magasins Tiffanny

En face des magasins Tiffanny et Ikks , au croisement de la rue de Sèvre et de la rue Récamier, en plein Saint-Germain des prés :

Et je travaille aujourd'hui à l'espace electra (edf) où je démonte une écologique exposition de photos de plantes, de racines et d'arbres. A déjeuné d'un hamburger dans une boulangerie gargantuesque d'un hamburger et je fume sa dernière cigarette avant de reprendre sur un banc une jeune fille est jolie alors je l'assieds à coté d'elle pour finir la dernière clope sur le banc. A peine s'est-je assis que la jolie jeune fille quitte le banc pour redevenir vendeuse dans le magasin Ikks et il se me demande :

1/ Où est passée la cigarette de la jolie jeune fille ?

2/ J'ai l'air pervers ou quoi ?

Un couple avec un enfant passe dans le dos de la jeune fille lorsqu'elle quitta le banc, un couple qui est peut-être d'un peuple :
Boyash / Domars / Gabori / Kalderash / Kokkalares / Korakai / Lautari / Ursari / Rumunguri / Rotars / Roudars.
Ou alors l'exonyme possible : gitans/ roms / tzigane/ manouche / romanichels / bohémiens / sintis / gens du voyage / joitanne / gipsy / fils du vent / boumian / égyptien / romano / baraquin.
Les trois joitannes passent dans le dos de la vendeuse avec leur enfant posé sur les épaules de son père, comme dans une photo d'un magazine à scandale.
Et le père pose l'enfant sur le sol et la mère dit quelque chose à l'oreille de l'enfant et la mère et le père laisse l'enfant sur le trottoir.
Et puis, dix mètres plus loin, ils s'arrêtent et se retournent pour regarder leur enfant et la mère croise mon regard avec un sourire que l'on estime à 9% humilié, à 22% fier, à 15% honteux et à 54 % d'un reste dont je n'a aucune idée.
L'enfant se dirige vers moi et je sens monter en soi une grande gaieté sauvage, inconnue.
L'enfant est tout petit.
Je lui donne trois ans .
Il doit mesurer 60 centimètres.
Il a l'air de chercher quelque chose et passe d'abord derrière le banc sur lequel je suis assis puis vient devant moi et se baisse et sa tête passe sous le banc sur lequel mes deux fesses sont posées et il ramasse quelque chose et c'est la cigarette que la vendeuse de Ikks avait jetée alors qu'il en restait plus de la moitié à fumer et qu'il rapporte, entre son pouce et son index, à sa mère souriante de repartir chemin, fumant la cigarette entamée de la vendeuse du magasin chic, noir et brillant devant lequel je suis assis sur un banc.
Tu n'as pas pu cligner des yeux , c'est impossible, alors il a regardé le môme droit dans les yeux et c'est un être humain de 60 centimètres qui vient sous mon cul chercher la cigarette allumée et qui te fait sortir une joie raide dans la bouche comme si j'en pouvais cracher des sabres.

20081010

Un million de milliards

Un million de milliards.

20081008

Le blanc diffus du lampadaire

Le blanc diffus du lampadaire vient s'écraser juste devant la cage. Le gardien de but est dans la pénombre, les poteaux ronds et blanc délimitent l'espace où on ne peut que le deviner. Alors on vise les extrêmes du rectangle, lucarne et petit filet.
La neige brouille tout. Il n'y a pas vraiment de plaisir, rien ne se passe que des actions habituelles. Le petit marocain , cheveux plus long sur la nuque, tourbillonne en gardant la balle pour lui. Le terrain est quand même immense, et terre battue la nuit.
C'est un match de championnat. Je n'arrive pas me souvenir s'il a une importance pour notre avenir. Je joue comme ça. La tête pleine d'images grandioses et les pieds en sucre. Vers la fin du match j'intercepte un centre de l'adversaire. Je suis devant mon but et je tente un contrôle en aile de pigeon. Le ballon repart de mon talon d'une manière vive et très naturelle. Je l'ai repris exactement au bon moment, mon talon venant contrer sa courbe à l'endroit précis qui lui permettra de repartir en sens inverse avec pour lui toute la force de la courbe précédente. Le ballon de cuir bien dur file dans ma propre lucarne en suivant un contre arc-de-cercle parfait qui prend mon propre gardien à contre-pied.
But contre mon camp.

20081002

Assis sur le vélo je passe

Assis sur le vélo je passe par une zone pavée qui secoue ma vessie et transforme cette petite promenade en supplice chinois. J'attends de passer le périph' pour prendre le canal dont les touristes se foutent, le canal de Saint-Denis.
Je fini par trouver un coin et je pisse en plein soleil sur une porte de hangar. Sur la porte et un peu sur le mur et beaucoup sur le sol où je découvre un préservatif neuf, sur lequel je pisse, et un préservatif usagé à moitié enfoui dans la terre dont seul l'anneau de latex plus épais que le reste ( comment ça s'appelle ce truc ? une ceinture finale ? une bague de terminaison ? ) dont seul le collet de maintient dépasse et je lui pisse dessus pareil comme à l'autre. Il y a aussi un bout de machin en plastique noir avec des incrustations de cuivre dorées, comme des dominos d'électricien mais pas vraiment, et la terre est comme de la mousse noire, et elle fait des petites bulles quand je pisse dessus en plein soleil.

20080928

14 ans et quinze cicatrices

14 ans et quinze cicatrices, 9 centimes part en vacances. La ville lui offre de suivre un festival de musique dans une ville portuaire. Il part avec ses voisins de pallier, ou proche du B9, ou de Jules Michelet, ou avec des mecs de la Caravelle. Sur le port en bande, il et eux bastonnent un daron. Dans le mini-bus c'est toi qui prend une gauche.

20080920

Description des entassements avant l'arrivée du gaz :

Description des entassements avant l'arrivée du gaz :
- Coudes percent un ventre qui se pose sur un visage dont les mains appuient sur deux crânes dont les genoux le long d'une cuisse rentrent dans le sac qui rentre dans les reins au-dessus des fesses contre des fesses contre un coude qui écrase l'estomac assis sur l'aisselle qui enjambe l'épaule dont les mains agrippent la barre d'inox.
- Le menton cherche de l'air sous l'avant-bras qui pousse le dos dont les bottes sont sur baskets sur talons sur semelle sur coque sur lacets sur bulle d'air.
Le parfum disparaît, sueur au plafond. Petite soeur pleure, moustache éternue.
A la sonnerie une retardataire panique et tire son cabas miteux violemment hors du wagon. Elle arrache un morceau de peau sur le tibia de la petite soeur de Noir
numéro 1.
Noir numéro 1 réagit vite mais trop tard : son coup de pied effleure le cabas miteux de la retardataire qui disparaît dans la foule.
Petite soeur est effrayée au milieu du tas compact.
En lançant son coup de pied, Noir numéro 1 s'est appuyé sur le sac de Cheveux Rouge Peau Blanche .
Le trousseau de clef est toujours dans la main de Noir Numéro 1 lorsqu'il sort en ville.
Le trousseau de clef dans la main de Noir Numéro 1 a perforé le sac et la bombe lacrymogène de Cheveux rouge Peau Blanche.
Le gaz se répand et c'est panique sur la ligne 13.

20080916

C'est pas vrai.

C'est pas vrai.

20080909

Ce carrelage n'inspire aucune confiance.

Ce carrelage n'inspire aucune confiance. Il est trop grand, impossible. Avec ces plaques excessives, on se demande quel type de chimère put oeuvrer à recouvrir ce hall immense : marteau-pitbull, genouillère-serpent , disque diamant-cheval, laser-troll, vis-coléoptère, certainement une diablerie.

20080901

Sec et l'éclairage

Sec et l'éclairage blanc dans les yeux, j'aperçois :
- poissons impassibles, épinards de marbre, poireaux-bâtons.
Je rentre dans la période algide de mes courses, j'évite :
- pizzas-discoboles et pavé de petit pois.
La chemise à fleurs, les tongs, le short, je suis un dinosaure saisi par des framboises gourdes.
Mon fluo des lèvres, mon bandeau rose, mes bottes à Lune ?
Je rentre dans la période piste noire de mes courses, je reçois :
- la vache trapèze et le mouton polygone.
Glace sèche en stick ou en plaquette, fumerolles de volcan froid jusqu'au genoux, je traverse un marécage blanc, le rayon surgelé du Casino de Villeneuve-la-Garenne.

Au loin deux nouveaux venus :
- " Tu sais bien que c'est n'importe quoi.
- Mais je te jure, ils ont dit : en septembre : plus de neige au pôle nord."

20080817

Ox étourdit les bœufs

Ox étourdit les bœufs avec des coups de massue. On appelle parfois la massue merlin. Grand, trente ans, barbu, les sourcils épais, avec un gilet de cuir, un pantalon de velours noir et un chapeau à bord large.
S'il gifle les chevaux ils s'évanouissent ; on appelle cela la claque américaine. C'est le maître garçon.
C'est un corps sec, longiligne, musculeux, que celui d'Ox, le maître garçon Ox.
Lorsque les cadences deviennent impossibles, il est forcé de donner plusieurs coups de merlin pour abattre la bête. Il dit que c'est pas du boulot propre.
Ox connaît les Incisions. Il sait faire mourir une bête dans la dignité. Il aime ce moment où la bête est paralysé par un coup de merlin parfaitement donné, où elle vacille, les yeux vides, et où, d'un coup de cette petite lame, il tranche le cordon nerveux et laisse la bête mourir lentement .
Il pense qu'il lui donne le temps de revoir sa vie et de dire adieu.
Et mille grillades, mille saucisses, mille samedis, mille juillets, mille jardins dans la mille villes .

20080812

Le tunnel est un long tube de carrelage, recouvert

Le tunnel est un long tube de carrelage, recouvert régulièrement d'affiches qui
proclament : " DÉNOMÉ, ASSIED TOI EN HAUTEUR ". Sur ces affiches, plusieurs personnes de couleurs noire, en costume, pointent leurs index vers nous et nous invite à prier et chanter dans un hangar voisin.
Elle est à dix mètres de l'entrée, assise par terre, et le tunnel agit comme un porte voix ; elle va, pendant toute la traversé, gémir en Arabe, laissant les 9 centimes s'entrechoquer dans sa main. Elle est tambourin, cymbalettes et chant, le tout d'une seule main et d'une seule voix, + un turban et un grand âge et une peau dure, mate, stries.
Au bout du tunnel il y a la lumière fût.
Dans le tunnel il y a la lumière des néons : une longue bande de caissons lumineux serpente sur le plafond comme un serpent pas souple, un serpent récalcitrant , un serpent cassant de caissons lumineux. La face du tunnel est un rond de lumière et il y a des moustiques - qui seront toujours plus inquiétants que les moustiques de jardin - des moustiques de tunnels.
A côté du tunnel il y a un trottoir.
On peut emprunter soit le tunnel, soit le trottoir. Le trottoir est sous le pont sombre et le tunnel, la nuit, est un rond mille, il attire les humains flèches, les corps dards, les javelots promeneurs et les retours à la maison piqueur-suceur.
Je dirais cette galerie lumineuse au bord de la route, creusée dans la culée du pont de chemin de fer, juste après la gare de saint-denis, en direction du fleuve jaune ; cette galerie que l'on emprunte chaque jour en suivant des yeux la bande de néons qui traverse toute la longueur de son plafond, comme une longue et maladroite clef-de-voûte lumineuse ; ce tunnel dont l'entrée se dit : PI TON.

Encore une fois tu tapais comme un bourrin sur l'infini des différentes couches

Encore une fois tu tapais comme un bourrin sur l'infini des différentes couches, une bête sauvage armée d'une pointerolle. Les premiers micromètres sont la pellicule cadette et l'épaisseur aînée, tu ne l'atteindra qu'au prix de milliers de frappes brutes. Entre ces deux couches, des centaines de puînés, des bâtards par milliers ; on découvre des peintures au plomb, on découvre des vielles plaques de polystyrène, on découvre les anciens passages, chaque couches recouvre l'autre, et te voilà lancé à tout puissance par ton coude en ressort bandé, encore une fois use de ta pleine forme, use de ta puissance de cheval, cherche la racine. On t'as dit : " faut tout descendre" , tu as dit : " je le descend" . Par terre, bientôt, la surface verticale mise en morceaux.
Façade.

20080807

Il y a des décorations absurdes reproduisant, en miniature,

Il y a des décorations absurdes reproduisant, en miniature, les éléments
d’une ville :

- Mini-Maisons avec un toit en pente à 45°.
- Éléments Romano-Grecoïdes répandus sur la terre comme après le bombardement d’un coliseum.
- Lignes de mini-platanes.
- Lampadaires de maquette qui éclairent le parcours à la hauteur des pieds.
- Petits animaux en terre cuite, chèvre, chevreuil, lapin, cochonnet, mini-vaches, dans les zones désertes.
- Grande bâtisse, de 1,5 mètre de large sur trois de long, qui doit représenter une mairie, ou le château du maître.
- Deux faux lacs, dits « de la Guiche », et un torrent plein de micro-chutes d’eau.
- Une mini-tour
- Des sirènes étouffées
- Des petits personnages en carton se lèvent quand on passe comme pour un exercice de tir, mais ils semblent être des civils
- Un chien aboie.
- Des choses roulent, volent, suivent des rails, pédalent, glissent et s’arrêtent, devant de petits panneaux de couleurs mixtes.


Dans un souci de réalisme qui m’échappe, on a laissé une zone entière en chantier :

* Les gaines électriques bondissent en arc de cercle, les parpaings débordent de leur palettes, les tuiles montent et descendent grâce à un ascenceur à double fourche que l'on télécommande, le béton est en petits cube.
* Des morceaux de bois exotique, de la terre cuite et moulée en fins plateaux qui s’assemblent pour couvrir et empêcher l’eau de rentrer par le toit, du pin des landes traité classe 2 .
* Du PVC , des mousses isolantes et des laines barbares, des vis, des boulons et des clous.

* De l’inox et de l’aluminium embouti.
* De l’asphalte et des morceaux de fontes.
* Des gouttières en zinc et des morceaux d’émail.
* Des anneaux de cuivre et des joints en caoutchouc séchés.
* De la filasse et des morceaux de circuit électronique, de la sciure, une gamelle pleine de laitance de béton et des gravillons de calcaire blanc décoratif.
* Un Yuca, des bouts de plastiques noirs,blancs, jaune, rouge, bleu, vert, orange.
* Un fusible.
* une ampoule incandescente et une ampoule halogène.
* Des résines étranges, vinyle-amiante, des tapis de sol expansés relief, ou du simple Linoléum faux-bois.
* De la moquette imprimé d'un motif de siège du RER A.
* Des produits de traitements du bois, vernis et insecticide.

20080716

ça

ça n'est rien - c'est gris -

Sous la planche bleue, il y a les montants

Sous la planche bleue, il y a les montants qui servent à soutenir les tiroirs. Ce sont des montants marrons, et maintenant ils dégoulinent comme le reste. La fondue. Nous sentons la tranche du panneaux de bois peint en vert rentrer dans nos reins. Nous sommes allongés , le dos sur la planche verte collée sur le sol , seuls nos jambes dépassent de ce bureau, nous sommes comme un groupe de garagistes sous un bus. C'est un long bureau.
Le toit de la pièce a été arraché par les charpentiers. Ils ont décidé que - va - le boulot doit avancer - alors ils ont enlevé brutalement le toit sans préavis. On s'est tous cachés sous le bureau parce qu'il pleut ; on a tous peur de l'orage ; on sait tous que la pièce dégouline, on s'aperçoit tous qu'elle était recouverte d'une peinture à l'eau bon marché. On se retrouve sur le dos dans une flaque multicolore avec le chant de la planche verte qui s'enfonce dans nos reins. Je suis en tee-shirt, mais les autres ont réussi à mettre des blousons, des parkas, des doudounes, des impers, des K-way, des trench-coats, des vestes. Je les trouve lâches au début, puis je me rend compte de la stupidité de mon héroïsme. On est blottis les uns contre les autres et il pleut et la pluie dégouline sur les murs et les meubles peints, et la peinture des meubles dégouline, et les couleurs ne se mélangent pas mais cohabitent en de longues stries baroques, exactement comme lorsque de l'essence se dilue dans l'eau. Personne ne sait où s'enfuir, personne n'a vraiment de chez soi ici, et toutes les liaisons sont coupées depuis ce matin. Nous sommes seuls, dans ce pavillon de banlieue en pleine réfection et l'on se blottis les uns contre les autres sous un bureau multicolore dont la peinture se dissout en volutes exactement comme les stries d'un cailloux rare révèle son passé.

20080707

Nous sommes un samedi quelconque,

Nous sommes un samedi quelconque, il est midi. Dans un jogging immaculé, les tresses couchées sur la tête, il teste le distributeur automatique de la poste jaune. Il doit avoir 14 ans. D'aucuns disent : " ça fait au moins une semaine que t'es là ", il se retourne rapide et retourne rapide à ses essais. Il insère cette fois une carte magnétique blanche, appuie sur quelques boutons, énonce à voix basse l'intitulé : reprenez votre carte, appuie sur de nouveaux boutons, se gratte un peu la tête.
La poche de son jogging est pleine d'un paquet de cartes maintenues par un large élastique.
Il essaye trois autres cartes, puis s'en va ,et nous laisse un distributeur momentanément indisponible sans avoir obtenu le moindre billet. Le même d'aucun dit : " sale petit voleur, t'as cassé le distributeur, t'es un voleur, t'avais au moins cinquante cartes dans la poche". Il prend son téléphone pour appeler la police. Le jogging et les tresses couchées sont déjà sur le pont , elles se retournent furtivement et disparaissent dans le galbe de pierre et d'asphalte.

20080701

Depuis deux jours, en rentrant chez moi

Depuis deux jours, en rentrant chez moi avant de prendre ma douche, je jette sur le sol le tee shirt avec lequel je travaille,. Là où j'habite, il y a des bêtes, des insectes. Ils ne se préoccupent de moi qu'à la nuit tombée , pour me sucer le sang ou venir à mon oreille me faire entendre leurs bruits, sinon ils folâtrent entre eux et entre les rayons de soleil dans le fond du jardin sombre, le bocage. J'ai découvert en grattant bien, des nids épais, denses, insensibles à l'éponge et durs au papier de verre.
Je dirais le moment où tu sens l'araignée sous ton tee-shirt, contre ta peau, et sec, tu l'envoies de ton ventre mourir sur le sol , tu l'assassines puis regrettes : tu es dans le rayon outils du Leroy-Merlin de Villeneuve la Garrenne et tu regrettes de la voir morte sur ce carrelage interminable, c'est comme deux réalités qui se superposent mal.

20080628

Une petite fille sur une mini moto qui n'avance pas vite.

Une petite fille sur une mini moto qui n'avance pas vite.
Sur un morceau d'ancien parking.
Sur un morceau de bitume avec des trous pour ficher les poteaux de l'ancien marché.
Sur une langue morte entre l'immeuble et la maternelle.
Sur un ruban noir trop large pour être une ruelle et trop court pour être une rue.
Le long d'un muret gris où l'on a écrit à la bombe " représente A86."
Le long des bouches d'aération des caves.
Le long du grillage d'un terrain vide.
Elle tape dans un sens et revient dans l'autre sens, elle fait de la mini moto comme un moustique.
Je dirais le temps été.

20080625

- Je crois que j'ai fait une connerie.

- Je crois que j'ai fait une connerie.
- Combien tu l'as payé ?
- Mille Quatre.
- Mais t'as de la thune en ce moment, tu bosses ?
- Ouais, ouais, mais bon, c' que j'aime pas c'est d'être immatriculé, ce truc là, administratif, j'ai pas l'habitude, j'aime pas ça.
- Mais c'est quoi ? c'est un 50 ?
- Ouais mais avec une carrosserie de 125, je monte a 60, j'ai l'impression d'avoir fait un bond technologique de quarante ans, t'entend pas le bruit du moteur, ça n'a rien à voir avec ma (...)

-T'es sûr que c'est par là ?
On les voyait s'engager dans ce couloir buissoné, une route extraordinairement étroite comparée à l' immensité vers laquelle ils étaient guidés, conduits, envoyés, perdus. Je peux voir les détails du bord de la route, je peux voir la commissure caillouteuse entre la rambarde de béton et la route, les pousses jaunes sur la bande d'arrêt d'urgence, je vois que les traits blancs sont amoindris, presque effacés, je n'ai jamais vu ça aussi doucement, je n'ai jamais vu ça d'aussi près.
Ils sortirent de l'étroit chemin buissoné et le conducteur roulait à l'extrême droite, avec une prudence absurde, une prudence de hérisson.
- Qu'est ce qu'on fait ?
- Je sais pas, on n'est pas du tout à la bonne échelle.
- ça craint là, on va se retrouver sur ...
- Avance, bordel " la route est rainurée, le soleil partout, les pare-brises et les rétroviseurs comme des multiples du soleil, du jour partout, fusées de phares multiples, soleil partout ; le ressac, une houle, de grosse vagues scintillantes et puissantes, des scintillements partout, comme de petits soleils partout, les vagues nous dépassent trop vite, les reflets partout, la grosse vague derrière, elle arrive de loin, c'est une grosse vague berline brillante, j'ai jamais vu ça d'aussi près.
- Ils nous font des appels de phares.
- Qui ?
- Ceux-là ... celui-là qui vient de passé, ils nous a fait des appels de phares.
Ils arrivèrent sur une route plus large, avec possible échappatoire ou possible arrestation, un pont leur faisait face, une route montante, un long et rond virage à droite, un grande voie droite en face d'eux, un plus court canal vers la gauche, un pont piéton qui double le premier pont ; et les deux grandes autofilantes sur la gauche, derrière les rambardes elle est juste là, à côté de nous, je peut la voir comme si j'étais debout sur la rive, je vois défiler toits et galeries, j'entend les sifflements, on lui tourne autour tourne autour tourne autourne tour.
- Gêne moi pas avec ton bras.
- C'est bon, on n'est pas encore dessus.
- Gêne moi pas, faut que je vois dans le rétro
- Mais je fais rien là . Va à gauche, à gauche, là
- Faut que je me concentre, ça craint là, faut pas qu'on prenne...
- à gauche, là-bas, c'est les panneaux verts, faut suivre les panneaux verts, les bleus c'est...
- Faut pas déconner là, faut que je me concentre.
Les autres passaient. Accélération et oeillade. Passaient. Accélération et oeillade. Passaient.
- C'est vraiment un sacré putain de merdier, je sais pas comment on sort de cette saloperie.
- Enlève ton bras.
- C'est bon on est pas encore dessus, t'inquiète.
- Mais faut pas déconner là, comment on sort de ce machin ?
- Le truc c'est qu'on est embarqué là, je sais pas comment on va retrouver l'autre côté. Il fait encore plus chaud, ici, c'est comme le bord d'un fleuve, la végétation, mais encore plus chaud, le bord chaud d'un fleuve dangereux.
- C'est ce que je te disait : c'est notre Mississippi, ça.
- Attend, faut que je me concentre, là, faut pas déconner, ça craint putain, c'est hyper dangereux .
Il avait une façon de dire dangereux en détachant chaque syllabe - dan-jeu-reux - et l'autre parlait plus fort et plus rapidement, mais tous les deux avait l'impression de s'entretenir avec des mots ralentis, dilatés. Une conversation normale dans un milieu rapide devient une conversation lente, une messe basse, un culte crapuleux.
Le scooter n'avait pas la puissance pour tirer deux personnes, le scooter était à la moitié de sa puissance. Le scooter n'a rien à faire sur le fleuve.
Ils étaient saisis par les multiples directions qu'offre la banlieue sud. Impossible de retrouver leur chemin au milieu d'une fluidité qui exige un apprentissage, une initiation ; ils était partis en promenade dans ces endroits où personne ne se promène, où tout le monde connaît le chemin.
- Putain mais c'est infernal, ce noeud, c'est impossible de savoir où on est, putain c'est l'autoroute là, on va sur l'autoroute.
- Mais non, c'est après les panneaux verts, prend la gauche là, prend la gauche je te dit.
- Ton bras , faut qu'je voit dans le rétro, quelle putain de merde.
Un camion derrière, je le sens dans mon dos, le camion derrière mon dos.
- Oh putain c'est trop flippant
- L'enculé de camion, quoi ? L'enculé de son klaxonne, celui-là, y voit pas qu'on est perdu ?
- Arrête, faut que 'me concentre
- L'enculé t'as senti le souffle, c'est comme si ...
- Je fais quoi , là ?
- Je sais pas moi.
- Enlève ton bras, centre ville ?
- non, c'est centre ville par l'autoroute, y a le dessin de...
- Alors je fais quoi, là ?!
- C'est centre commercial, c'est ça, prend centre commercial.
- Là, t'es sûr ?
- Vas-y centre commercial. Prend le tunnel, centre commercial
- Baisse toi.
Ils coupèrent la bande blanche, à l'endroit du grand virage qui emmène vers Nantes, la route était devenu vide et ils coupèrent la bande blanche continue pour s'échapper par l'entrée du parking du centre commercial.
Je dirais fugue majeure dans un échangeur proche de l'aéroport militaire.

20080624

A vélo par le canal en rentrant

A vélo par le canal en rentrant, j'ai reçu dans mon visage une chauve-souris. J'avais déjà roulé avec quelques chiroptères à mes côtés, sous le pont rouge de néons. Mais là, je l'ai pris dans le visage, subrepticement, la chauve-souris dans la gueule.
Chers amis je tiens à vous annoncer que les vampires sont de douces personnes.
Le choc n'a pas eu lieu.
La chauve-souris est douce et j'ai senti comme une caresse bienveillante sur mon visage. C'est une pipistrelle au pelage soyeux qui m'a percuté délicatement.
Je dirais un bel animal volant sous le pont éclairé de néons rouges du canal de Saint-Denis .

20080619

Un chinois d'âge moyen est assis en face de moi

Un chinois d'âge moyen est assis en face de moi ; lui coté fenêtre moi côté couloir.
Il a des manières qui rappelle les danses de séduction d'un oiseau paradisier . Il porte les cheveux longs, un pantalon beige moulant et des chaussures en cuir exotique. Il porte aussi un pull bleu en grosse maille de laine, sur lequel est grossièrement dessiné son visage. On dirait un chef egocentrique de la mafia de Macao déguisé en comptable russe. Il se gratte comme les italiens disent avec leurs mains va fa enculo ; le dos de la main vient frotter très rapidement le cou et ressort du menton avec les doigt bien écartés. Les coups sont secs et récurrents, parfois il se tape violemment sur les avant-bras .
Sur ses genoux une surface courbe en bakélite, un carré convexe de 0,30 mètres sur 0, 30 mètres . Il fait rouler le point blanc d'un disque de grès sur le carré en bakélite. Un peu comme s'il essayait de jouer à la toupie avec ce disque de la taille d'une grosse médaille.
Il rit à chaque secousse du wagon, comme s'il comprenait quelque chose. Un moment il me regarde et dit : " tu vois ça ne change rien, rien du tout " puis " C'est partout pareil, tu peux aller où tu veux, c'est égal , le point blanc, il faut bien regardé le point blanc ".
Je ne connais pas cette personne.
Je dirais un ticket seul chemin.

20080615

La vue est dégagée sur ce champ, ils construisent.

La vue est dégagée sur ce champ, ils construisent. Il y a déjà une Anémone, trois Magnolia, huit Capucine, et treize Aubépine, une seule Magnolia extension mais quatre Azalée et deux Camélia.
Tu possède une vue panoramique sur les doubles garages, mais le rictus arrive, le rictus serré, les postillons à chaque coup comme le dernier, les yeux rouges, la gorge folle, la vue panoramique est bouchée : plus d'astragales, de baguettes, de bandes, d'échines, de filets, de listels roses et de quart de rond bleus, plus de joli porches, d'enduits granités, ribés, tramés , la fasce no more, le terrasson is dead, gamatte over; la vue est bouchée, le rictus c'est la rage obligatoire et nécessaire ; au loin d'autres comme toi, tu sais le rictus sur leurs bouches, la tête d'un massacre ; fort ; aussi fort que t'es con.
On va couvrir ce champs de patates à coup de bouche tordues et de mains explosives et tu es un enfonceur comme un autre, une brute.
Je dirais assis sur le chevron, les deux pieds sur la panne, tu jette un oeil autour de toi avant de frapper cette pointe-pute avec ton marteau.
Charpente.

20080610

Il y a une tour. Elle n'est pas isolée

Il y a une tour. Elle n'est pas isolée, mais au bord d'une avenue, juste avant le parc, après le carrefour sur la gauche. C'est une tour de 12 étages. Elle repose sur des pieds en V. Sous la tour il y a un équipement, un loisir.

Parmi les différents types d'atrium il y a le testudine : il était formé d’un grand toit ressemblant à la carapace d’une tortue, d’où son nom ; le jour passait en dessous.

Mais le toit ne ressemble plus à la carapace d'une tortue. Le toit c'est la tour de 336 fenêtres .
Ici, oui, le jour passe en dessous, mais c'est plutôt un plafond, le ventre de la tour qui couvre le loisir, l'équipement.
Sous la tour c'est comme un atrium croisé d'un théâtre antique . Il y a du verre cassé partout et des mégots de joints sur les bancs qui sont aussi des marches. Trois mètres sous le niveau de l'avenue, à la place de caves ou d'un parking, ils ont mis un loisir et un sport.

Je dirais la table de ping-pong en béton sous la tour Delta.

20080609

Ces nuages sont denses avec cheveux,

Ces nuages sont denses avec cheveux, miettes de pain, tabac, grains de sable, bagatelles grises de terre séchée. Sombres au centre, ils ne se déplacent pas, ils sont là, s'agglomèrent chaque jour à d'autres miettes de pain, tabac, grain de sable, bagatelle grise de terre séchée. Au travers de leurs fibres, on devine un jardin clos par un mur jaune. Entre le mur jaune et leurs fibres il y a dans le jardin clos toutes ces plantes sauvages qui ne vivent qu'une quinzaine de jour, qui poussent hors de terre comme paniquées et lâchent leurs feuilles piquées d'un duvet nivéen et urticant ; un gazon clairsemé et un chemin, un arbre mourant et une poubelle en métal.
On ne voit pas le ciel, c'est un jardin encaissé en banlieue parisienne. Ces nuages sont comme une mousse, c'est la vérité. Comme une mousse de matières mortes qui ne trouve le réconfort que dans la réunion. Pour siéger, ils leurs faut un interstice, une plaquette, ce sont des nuages qui ont peur du vent. Parfois je les chasse au printemps, mais j'oublie souvent, et ils coagulent dans mon dos.
Je dirais entre les lames du store de la porte fenêtre.

Je voudrais fendre l'air mais je le traverse.

Je voudrais fendre l'air mais je le traverse. Je voudrais vraiment le fendre et lui faire mal. J'ai l'idée de broyé le nez d'un visage. Je rêve : moi ta tête de docteur je l'éclate sur le caillou et quand je rêve ça, je rêve rage.
Le bon compromis, le calmant :
un pavé à la banque ,
une barre à la voiture,
une masse à la borne.
Le bon compromis, le calmant :
dans l'air par percussion de cuisse ,
dans l'entrée par collision de coude ,
dans l'eau par choc de claques.
Le bon compromis, le calmant :
la main dans la vitre,
la chaise dans la fenêtre,
la chambre dans le plafond.
Je dirais alcool maison sur chemin retour mauvais.

20080605

On y voit multiples multiprises et raccords de petites plaques de bois

On y voit multiples multiprises et raccords de petites plaques de bois, la pédale qui actionne le tapis roulant, beaucoup d'empreintes grises dans les tiroirs où quelques dossiers en plastique mous et bleus foncés sont posés, des réserves de rouleaux comme du papier toilette miniature, la peinture mat, blanche, épaisse, presque jetée, étalée pour la dixième fois. Le carrelage est recouvert de crasse et marqué d'empreintes de chaussures ; des restes de factures jetés en boule, épluchures de crayons, un filet orange d'une matière synthétique mais sans les oignons. Pas un centime. J'essaye, bien sûr, de voir sa culotte, mais il fait sombre et elle n'écarte pas souvent les jambes, lève plutôt son pied pour le rabattre sur la pédale qui actionne le tapis roulant. Il y a son sac enfoncé dans un coin par terre. Un vilain courant d'air froid est installé sur les vingt premiers centimètres du sol. Je remarque qu'elle n'est pas complètement épilée et porte des chaussettes de sport avec les mocassins officiels du magasin, comme une écolière japonaise. Je remarque aussi toutes les rondelles et les soudures, les assemblages que l'on nous cache ; les plaques d'aluminium non ébarbées, coupante de filaments, les têtes de vis foirées ; les morceaux de scotch noirs collés ça et là sans que l'on ne puisse savoir précisément pourquoi, seuls restent les coins de feuilles blanches entre la paroi mal peinte et les morceaux de scotch noirs collés ça et là, qui nous indiquent les possibles vestiges d'annonces de variation des prix . Pour les gens debout elle n'est que poitrine mais je peux vous assurer qu'elle possède des jambes. Il y a aussi une poubelle en plastique qui reprend les motifs d'une poubelle en rotin. Au-dessus de ma tête un bleep régulier vient sanctionner chaque article. Ses jambes piquent mes joues dont la barbe pique ses jambes. Je ne vois pas son visage.
Je dirais sous la caisse devant les jambes de la caissière.

20080602

Je suis dans la rumeur.

Je suis dans la rumeur. Sous-terre bien sûr. J'appartiens aux gens des ponts et des tunnels, banlieusards, zonards, excentrés ; les moments qui me révèlent le plus clairement cette appartenance sont ceux où j'accumule les infrastructures prévues à mon intention.
J'avance dans ce tunnel orange ; comme un moustique ou un enfant , je suis les lumières et les couleurs qui m'indiquent la direction.
Les groupes se posent là, comme si on avait peur de sortir.
L'air sous ma jupe débride mes oreilles, bizarrement.
J'entends le sac de chips vide qui s'accroche à mon pied, et j'entends la bulle d'air percée de la semelle de mon voisin, j'entends aussi le cliquetis de ses clefs comme j'entends l'ongle de cette femme glissé contre la rampe d'escalier. Je suis percuté de rires éparses et de grognements et de crissements, et les rails de l'étage libre, la surface, vibrent en sourdine au travers de ce faux-plafond.
Je suis pris de vertige car je sens chaque son trop proche, trop net, comme derrière moi, comme suivi par un taquin, un gnome sur mon épaule, gnome ange et gnome diable, qui me murmurent, me bruitent, chacun sur son épaule respective, me soufflent un potin, un glissement de ticket dans la fente-machine, un craquètement de caténaires, fléchissant les minuscules poils de mon conduit auditif comme le vent plie l'herbe haute par rafales sèches et mon pied de ne plus savoir s'aplatir sur le sol, les mains un instant crispées, les doigts tendus vers le sol, je me retiens à l'air chaud et fétide, puis tout disparaît, s'embrouille à nouveau et je retrouve la mixture ronflante du tunnel.
Je dirais un simple aller-retour.

20080531

Des Curly qui partent en couille

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Je dirais dans mon caddie du casino de villeneuve-la-garrenne

20080529

Je recherche une pièce

Je recherche une pièce, un centime, qui était dans le fond de la poche revolver du jean de mes dix-huit ans.
J'ai déjà retrouvé le jean et je veux remettre la pièce dans la poche.
J'ai retrouvé le jean chez Guérisol, je l'ai tout de suite reconnu. Je mets un jean par an.
J'ai décidé d'essayer de retrouver cette piécette rouge, ce centime, du jour où j'ai eu trente ans. On peut la reconnaître : je l'avais entaillée en croyant réaliser un rituel qui me protégerait du dégoût.
Je suis là car j'ai rendez-vous.
Je dirais le cabinet des médailles.

20080527

Il fait tiède, après l'orage.

Il fait tiède, après l'orage.
Les filles se marrent dès les premières claques, les chevaliers rossent exubérant, crient oh ou ho, èh ou hé, parfois crient ha ou éh. La capuche orange prend trois coup de pied dans la tête, les seize autres dans les bras ; Couraveur Quotidien ( C.Q), on le retrouvera chinant les plus beau pétards, un quart d'heure après la baston, le sourire charmant du bel homme.
Une verte bouteille éclate et on s'attroupe. Autour du tas , déluge de transports : la voiture louée passe et repasse, chacun-son-tour-tu-me-prête-un-tour ; tout le monde coure bras tendus, rôde pouces relevés, flâne pieds déliés, file épaules fléchies , avance savates ciselées, balaye doigts tournés, roule jambes raidies, progresse coudes pointus, arque mollets courbés, clopine talon haut, glisse pied à terre.
Le menton est levé dans toutes les dégaines.
Je dirais : la gare Rer de saint-denis, vers 18h.

20080524

Je me rends compte que je ne pourrais jamais saisir ce qui m'entoure.

Je me rends compte que je ne pourrais jamais saisir ce qui m'entoure. Je me borne à regarder au plus proche : ce qu'il y a sur ma gauche.
Je regarde profond les surfaces. Je vois le grain, l'onde des gouttes séchées . Chaque griffures l'une après l'autre, je regarde de haut en bas, suivant l'arc de cercle de mon cou-compas.
Je suis satellite : je vois bien quelles sont les zones lisses et quelles sont les zones accidentées. Je peux aussi me mettre parallèle, l'oreille contre , et je vois le relief général. Toute cette géographie est distrayante.
Ce qui est moins amusant se trouve au-dessus . Entouré, mis en bobine, un long fil de fer tranchant avance. Je comprend qu'il s'agit d'une séparation. Un grand divorce brillant et lisse.
Je retourne sur ma gauche. Il n'y a pas eu de finitions , les joints sont apparents, des blocs posés les uns après les autres. Il fait chaud et sec, l'herbe est jaune, elle pique les pieds. Je n'ai pas vu le temps passé. J'étais occupé à des activités qui nécessite un short et des tongs et puis je me suis laissé entraîner. Je n'ai pas vu le temps passé. J'ai gardé mon équipement. Les moustiques attaquent. Mes habits ne correspondent plus à la situation. Je suis maintenant complètement sec et il va falloir que je reste avec lui pour finir le travail. On installe ce barbelé et l'on fait quelques reprises sur des fissures . Je dois resté pour finir le travail, on fumera plus tard. Le visage collé aux bulles de laitance, je tire sur la corde pour faire monté le seau.
Je dirais le mur.

20080523

Je suis en direct c'est bien.

Je suis en direct c'est bien. Je le sais, aucune preuve, mais je suis en direct , un
fond.
Je vois des angles arrondis.
Je vois des murs qui s'étirent comme la route defile.
La matière est comme la route,
grise mec.
Pointillée, c'est des grumeaux-cailloux.
C'est de vilaines traces des choses frottées.
Bien sûr c'est perspective : en haut le trou de la fin, trop proche pour paraître rond, est carré.
Les quatre murs avancent ensembles; vertige spécial, sensation oeil recule corps avance.
Je sens le sol descendre, je ne sait pas ce qui (...)
Ensemble , les murs et moi, on s'étire en tout sens, dans une ambiance de sous-la-dalle, on est dans les espaces de circulations aménagés.

20080522

Je suis sur ce carrelage

Je suis sur ce carrelage, sous une voûte complexe de métal qui semble pénétré la terre pour en ressortir au pied de l'arc-en-ciel.
Cet endroit est fait pour accueillir un maximum de monde : groupes giratoires , troupeaux tournoyants , grappes circulaires, coteries rotatives, clans-circuit, assemblages de mille tour/minute, bandes d'orbites, assemblés pivotantes, compagnies de piétinement, essaims de circonférence, familles de volte - tourisme - les gens attendent de flotter en l'air ou reviennent de flotter en l'air.
Je réalise que mon jean est troué, mes chaussures, la semelle baille, je vois bien, je me sens sale, autour de moi tout est propre. Un très beau soleil est autorisé à passer, mais l'air pondéreux de l'extérieur reste à l'extérieur. Une fois dehors, après un long temps passé dans l'air fabriqué, ce sera comme marcher au travers d'une mousse à mémoire viscoélastique très dense : l'air synthétique fait passé l'air réel pour de l'air lourd.
Je les vois se déplacer, et moi-même je me déplace, d'un pas engourdi, la jambe raide, le visage mal gonflé d'avoir mal dormi le cou cassé dans la paume de la main. Les peaux neuves et dorées se remarquent surtout dans ce que l'on voit de leur mue future, de leur retour au blafard et boutonneux. On sent la crème, tout types de crème sortent des visages.
Je dirais l'Aéroport.

20080520

Je suis dans la pièce.

Je suis dans la pièce. Les murs gondolent et portent marques. Au plafond on trouve d´anciennes réglettes fluorescentes, des renforts métalliques, plusieurs demi-cercles en creux, contre-formes d' abat-jour creusées , fentes de câbles dans le vieux plâtre, lézardes. Les murs sont bosselés et chaque détail semble fondre . Du-sol-au-plafond est recouvert d´une pâte blanche. Parfois la peinture baille et les constellations de trous jolis appellent des étagères et des tableaux. Il fait froid, la lumière rend ma peau floue et verte, une mare, beaucoup de points rouges sur les métacarpes, veines vertes. Je sens une pellicule sur mes rétines. On entend un appareil qui souffle et une horloge. Le souffle peut accélérer, devenir vibrant et nerveux , puis retomber vers le ronflement initial. Des bleus très marqués, des écrans, appuient cette impression chiasse lumière jus.
Je baigne - concentration - cligner une fois les yeux - bien sûr - être seul. Sourcils tendus au maximum vers le haut, je garde les mains à 25 centimètres des cuisses. La seule fenêtre descend jusqu'au au sol, c´est une porte et une fenêtre, nous sommes au septième étage. Dehors passe une ligne de métal tressé, au bout un contre-poids en forme de bouée en verre incassable. Un moteur terrible se met parfois en route, hurlant, soute, pour remonter ce qui pend de la ligne.
Appartement .

20080519

C'est assez confortable et bon pour les reins.

C'est assez confortable et bon pour les reins. Le fauteuil sur lequel je suis assis est un fauteuil de yoga, c'est à dire un ballon en plastique transparent dont le bouchon ressemble à une seringue de couleur crème. J'ai les deux mains sur la table, les poignets sur l'arrête du bureau, je penche la tête vers le plateau en bois noir sur lequel est posé une machine plate et blanche. Elle est reliée à un cordon et une lumière discrète s'échappe de leur jonction, exactement à l'endroit du contact, annelet vert, mais parfois, selon l'intensité de leur union, annelet orange.
Autour de moi c'est immense. C'est immense parce que l'on me l'a dit, que j'ai entendu des chiffres, mais vraiment, je n'en sais rien. J'ai pu, à certains moments de grande solitude, me rendre compte lorsque j'allais qu'il n'y avait pas de fin à ce monde, ou d'impasse, que chaque route peut diriger vers une autre, que la fin c'est moi, ma fin, mais que les routes autour de moi continuent, dans un schéma de fougère, ou d'éclair.
Pourtant je sais que cette immensité est plate.
Si je progresse assez longtemps vers une seule direction, je trouverais la fin. Je crois.
C'est impossible de le savoir. Il n'y a personne.

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